‹ L'Endoscopie Directe du Larynx, de la Trachée et des Bronches: Technique, Indications et RésultatsChapitre 61 sur 81 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

(Personnelle)

(Communiquée à la Soc. des sciences médicales de Montpellier par MM. Mouret et Burgues.— Montpellier Médical, janvier 1913.)

Corps étranger de la bronche droite.

François Ped..., 5 ans et demi, de Carcassonne, est amené le 21 mai 1912 à la clinique de laryngologie pour corps étrangers des voies aériennes.

L'accident remonte à une dizaine de jours. L'enfant, io avec un grain de café, l'avait porté à la bouche ; sa mère, voulant le lui faire rejeter brusquement, lur donna un soufflet; il poussa un cri, fit une profonde inspiration

ie nsatbt di une bible “quinté de toux | avec $ cation. Ces symptômes alarmants durèrent peu de tem} si bien qu’une heure environ après l'accident, ’enfan ne ressentait plus qu'une gène qu'il localisait à la base du cou et du côté gauche: il avait de temps en temps quel- < ques quintes de toux, mais il respirait bien et ne eparaissait pas très inquiet. Péce ee nt Se.

Ce mieux ne fut que passager, et le troisième jour après l'accident le petit maladeeut quelques crises de suffocation qui alarmèrent les parents. Les jours suivants, l'état de l'énfant s'aggrava, il avait un peu de fièvre et toussait beaucoup; les parents se rendirent compte alors de la: gravité de la situation, désespérèrent du rejet spontané TS auquel ils avaient cru, et, sur les conseils de leur médecin, allèrent trouver M. le professeur Forgue qui adressa le malade à M. le professeur Mouret pour tenter l'extraction du grain de café par la Pronene scopie. ; M. Mouret vit que le larynx était libre” À l’auscultation

ni dr ie Ad at 4 ZA

il trouva un léger souffle en arrière et à gauche; une radiographie fut faite, son résultat fut négatif. M. Mouret envoya l'enfant à l'hôpital afin de procéder à la bronchoscopie. À son entrée, l'enfant paraissait inquiet, avait de fréquentes quintes de toux, mais sa respiration cependant était assez facile. La température, prise le soir À de son entrée, élait de 38°2 (température rectale). | Le 31 mai, on tente la bronchoscopie supérieure avec le tube à rallonge de Brünings de 8 "5 de diamètre. Le s. pelit malade est couché sur la table d'opérations en décubitus latéral droit et anesthésié au chloroforme. Lorsque l'enfant est complètement endormi, on cocaïnise Jégère- | ment le larynx et l’on introduit le tube-spatule monté sur

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mt) 20 L

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. l'électroscope. La recherche de la glotte est difficile parce que le cou est'court et le larynx situé très bas. Après

plusieurs lâtonnements, le tube butant toujours contre la paroi postérieure du. pharynx et glissant dans l'œsophage, M. Mouret eut l'idée, “pour faciliter f examen, de

faire fléchir le tronc sur les cuisses (V.p. 44, fig. 7). Dans celte attitude, en évitant de trop étendre la tête, l'introducton du tube dans le larynx fut facile; on cocaïnisa la trachée à l’aide du porte-coton de Killian. On introduisit ensuite le tube-rallonge que l'on poussa jusqu'au niveau de la bifurcation. On aperçut alors à l'entrée de la bronche droite une masse noirâtre entourée de mucosités. On voulut se rendre compte avec un stylet de la nature du corps que l’on apercevait; cet attouchement déclancha une crise de toux el le corps élranger disparut dans la

- profondeur. L'enfant asphyxiait, il fallut retirer le lube.

On tenta encore une fois d'aller à la recherche du grain de café, mais l'enfant respirait mal el il fallut remettre la séance à plus lard.

Le lendemain, l’état de l'enfant ne paraissait pas s'être aggravé, la voix était un peu rauque mais la respiration se faisait bien. Le ? juin, la température monta brusquement à 39°, l'enfant loussait beaucoup, la respiration était rapide ; à l'auscullalion on trouva des râles fins et, à la percussion, de la submatité à la base droite. Ces symptômes nous firent penser à un début de bronchopneumonie. Pendant 5 jours, la‘tempéralure oscillaïentre 37°5 le matin et 395 le soir.

Le 8 juin, la fièvre fut moins élevée (T: 37-38). On pensait à une nouvelle invervention, mais on attendait l'autorisation des parents pour pratiquer la trachéotomie et tenter ensuite l'extraction par bronchoscopie inférieure.

Le 13 juin, les parents autorisent l'intervention que lon

Anesthésie chlorofor mique. Trachéotomie basse. Syncope

remonte à + . 30, + ‘loux € ‘ét " ne “ surseoit à \ l'opération. DE élal.de l'enfant s'ag rava . décide, malgré les symptômes pulmonaires, d miser le petit patient ou dé pratiquer la bronchoseopi inférieure. RANCE PEAR

Le 17, l’enfantestcouchésur la table en position d de Fi ee

Le chloroformique g grave qui. nécessila des injections hypo- dermiques d'éther et 10 minutes de respiration artificielle. Enfin le malade revint à lui et on put continuer l examen.

On maintient la plaie trachéale béante et on introduit. un

tube de Killian de 7mm. de diamètre, À ce moment, nou-

velle syncope ; tractions de la langue et la respiration se

rétablit. La trachée est insensibilisée avec la solution de cocaïne au 20°, le tube est enfoncé dans da bronche droite où Fon aperçoit le grain decafé à 3 em. environ de la

bifurcation. Le corps étranger ne peut: pas être saisi avec une pince à griffes, car la pinee dérape sur lui, etsi la à pression exercée élail trop forte elle risquerait de le frag- | menter. On le mobilise avec un crochet et on le ramène à l'entrée de la bronche où il est saisi et extrait avec la pince à griffes de Killian. L'incision trachéale est refermée immédiatement, on suture la trachée avee’un fil de soie, on place un petit drain dans la plaie et on suture la peau. | ÿ

Les suites opératoires furent excellentes ; la tempéra- * ture, qui était à 39° la veille de l'opération, tomba le‘ Ÿ lendemain à 37%. Au bout de quelques jours, la plaie à trachéale était cicatrisée, les symplômes pulmonaires : s'amendèrent peu à peu, et, une dizaine de jours après l'opération, l'enfant quittait la clinique complètement ouéri. $

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