‹ L'énergétique et le mécanisme au point de vue des conditions de la connaissanceChapitre 27 sur 36 · L ÉNEUGÉÏIQUE ET LE MÉCANISME · texte numérisé non relu

L ÉNEUGÉÏIQUE ET LE MÉCANISME

loppement d'idées arbitraires, l'énoncé du possible, mais Texplication de ce qui est. La découverte profonde de Descartes dans la méthode, ce qui fait Toriginalité de cette méthode,, et sa fécondité, c'est qu'il a vu qu'on ne pouvait rien connaître d'une façon purement analytique, et que tout ce qu'on pouvait connaître devait nécessairement être connu synthétiquement, c'està-dire hi Taide de l'intuition, de quelque chose qui li'est pas créé par l'esprit, qui s'impose à lui du dehors. Peu importe, pour le sujet que je traite ici, que ce quelque chose s'impose directement àTesprit, à priori, c'est-à-dire en dehors des sens, ou à posteriori, c'est-à-dire par l'intermédiaire des sens ; ceci est une autre question. 11 faut et il suffit, pour caractériser la méthode moderne, (ju'on pose nécessairement en face de l'esprit quelque chose, et que ce quelque chose résiste à l'esprit, ne soit pas créé par lui comme la généralité abstractivc du concept de la scolastique. 11 faut et il suffit qu'on pose un être, ou des êtres, c'est-à-dire une existence ou des existences particulières, qui ne soient pas des formules, mais qui aient un ensemble de propriétés rigides. Au fond, malgré toute la différence des termes et môme des idées, le fondement du discours de la méthode, et de son opposition à la méthode de la scolastique, est cette idée émise par Berthelotpour caractériser la science positive : « Le monde ne

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saurait être deviné ». Et cette idée cVstIa pensée mèihe de la Renaissance scientifique. Des existences particulières révélées directement à nous, par la faculté de connaissance que Descartos attribue en propre à la raison, et qu'on attribuera ensuite en général à la perception sensibles voilà les prémisses fournies à la déduction mathématique, et qui la rendaient si solide. De pareilles préïnisses vont être fournies, par une extension imwiédiate, àla déduction scientifique, en particulier ^ i^ déduction physique. Et point n'est besoin de ^'hercher longtemps de pareilles prémisses. Elles ^OTïi pour Descartes absolument identiques à ^'elles des mathématiques ; en continuant la ^'<^nstruction élevée par les mathématiciens on arrivera à la physique elle-même. L'étendue, ^'^ilà. quel était l'être, l'objet rationnel, dont l'in- ^^itîon permettait les synthèses qui soutiennent esprit dans le raisonnement mathématique, et ^*^t que ce raisonnement n'est ni une tautologie, ^** Un cercle. Ce sont les propriétés de cet être, **Porçues par l'esprit dans une vision singulière, ^I^i donnent au raisonnement sa vertu didactique. ^^ qu'on ne s'y trompe pas : l'étendue, pour Des- 'artfis, ce n'est pas une qualité générale, une î^ulité qu'on retrouve dans tous les êtres, et

^ant lui-même, pour qui le jugement synthétique a *^^**est une forme vide, un néant, sans l'expérience.

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qu'on en extrait par une propriété mystérieuse cJc l'esprit. Les qualités n'existent que par rapport à un être ; en elles-mêmes, elles ne sauraient prêter îidre à Texistence : ce sont de pures possibilités, de pures contingences, mirage illusoire de notre sensibilité particulière. Connaître une qualité ^^^ ne rien connaître est identique, car une quai i-té ne se connaît que lorsqu'elle est rapportée à Tèt i*^ * dont elle est la surface : c'est un comment dc^ ^^ il faut chercher le pourquoi. L'étendue est pro ^^^" sèment le support de toutes les qualités ; c'^^^^^ une position, une existence, un être réel, viv^*^^» efficace, substantiel. Une qualité est toujoL^*^^ occulte, car l'esprit se borne à la constater s^^- ^^ saisir sa raison d'être, tant qu'il ne connaît paB ^^ qu'elle qualifie. Une qualité séparée de la clic^^' se qualiliée, c'est un mystère aussi incomprél i c^^^^" sible que celui d'une masse pesante se tenant. ^" équilibre dans le vide^ Une qualité ne peutô^^^^ que la propriété d'unêlre, et ce qui fait la conn^^ ^" sauce et la science, c'est l'aperception, l'intuiti ^^" de cet être, raison dernière de ses appareno ^^^ qualitatives.

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