‹ L'énergétique et le mécanisme au point de vue des conditions de la connaissanceChapitre 5 sur 36 · L ENEUGKTUJUK ET LE MECANISME · texte numérisé non relu

L ENEUGKTUJUK ET LE MECANISME

conséquence particulière des principes relatifs à l'énergie. Dans l'autre cas, on considérera, au contraire, que les principes de Ténergie sont une extension des principes de la nnécanique ou une addition nécessaire apportée a ces principes pour continuer avec fruit nos investigations sur la nature ; mais l'ensemble de la physique, les connaissances réelles qu'elle nous donne, ne seront nullement modifiés, selon que l'on adoptera l'un ou l'autre système. 11 n'y aura que la manière d'exposer qui changera. Ainsi, aujourd'hui, nous voyons que parmi les mécanistos, certains considèrent sans cesser d'être mécanistes, que les principes de la mécanique rationnelle ne sont qu'un cas particulier, le plus simple, des principes de la mécanique électro-magnétique. Cela ne veut pas dire ([ue les lois de la mécanique soient fausses, ni môme que le mécanisme soit une mauvaise méthode de reciicrche en physique ; cela peut vouloir dire simplement qu'il faut compléter le mécanisme traditionnel par des représentations mécanistes nouvelles, ajouter aux principes de la mécanique des ])rincipes nouveaux, pour avoir une vue adéquate de la nature. Pour tout dire, puisque les physiciens contemporains se partagent sur la question et ne peuvent se convaincre, la question n'est pas soluble h un point (l(î vue scienti[iqu(\ au moins actuellement, ii. — ^lais ne peut -on pas, ne doit-on pas exami-

LE 1»H()ULÈMK, LA MKTHODK M

lier la question à un autre point de vuo (|uo ce jioint de vuc*scicnlili(|ue exclusif .»

Certes, dans les problèmes soulevés par la science, il faut se garder avec soin d'aller sur les brisées des savanls et dy mêler son incompétence. La dialectique philosophiqiu^ a été trop souvent portée à les résoudre d'ime façon étranj^e et elle n'y a pas gagné grand crédit auprès des savants. Mais tout en reconnaissant (|ue les (pi(\stions générales (de méthode, d'esprit, d'idées directrices), en matière de science, sont encort» du ressort des savants, (jue nul mieux que les praticiens professionnels n'est (|ualiHé pour élaborer la logique positive d(» leur science, etmémc* ])Our en aborder la philosophie, il faut recoiniaitn» que la pratique de la science ne suffit pas à résoudre tous les problèmes logicpu^s et philosophiques qu'elle peut poser. Or, ici natteignons-nous pas un problème à la fois logique» id philosophique? Car il s'agit d'une question de méthode et d'une question d'esprit. Il s'agit dt» chercherce que sera la science physicpie de demain et ([U(*l est l'avenir de la science physicfue.

La question se pose alors de savoir, puiscjue le problème de la rivalité de rénergéli(pu» et du mécanisme peut être porté sur un autre terrain que le terrain scientili(pie, si nous avons une* méthode d'étude. pro[)re à nous permettre une» induction, une hypothèse^ vraiseml)lal)l(\ Co\Xo

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hypollicsc serait utile pour déterminer Tesprit général de la physique contemporaine.

La science est un produit de facteurs psychologiques et sociaux. C'est un système de représentations collectives. Puisque la science a des facteurs psychologiques et sociaux, l'étude de ces facteurs peut permettre de risquer une hypothèse sur leurs effets probables, donc sur le développement de la science. En étudiant la science comme un produit psychologique et social, — et c'est un point de vue qui sera nécessaire à la logique de la science — il y ^'^ peut-ôtre moyen d'atteindre par un biais nouveau, autre que le biais exclusif vcment scientifique, le problème général de la méthode. Et il n'est pas inutile de Taborder par ce biais, car le développement de la science ne peut pas plus se soustraire à ses conditions psy^ chologiques et sociales qu'un chien sautersur son ombre.

Quelles senties conditions sociologiques do la science? Nous n'en savons rien. L'étude positive n'en a à peu près pas été abordée. En tout cas, il n'y a aucun résultat probant dont nous puissions partir. Les indications très vagues de 1 iiistoire des sciences seules seront à retenir, et encore elles ne peuvent être considérées, dans l'état actuel de l'histoire des sciences que comme des indications psychologiques.

L(* problème ici posé iw pcnit donc être traite

que d'une façon hypothétique, et seulement à Taide de données psychologiques. Celles-ci sont loin encore d'avoir toute la précision et la certitude désirables; mais enfin elles existent et sont déjà importantes si l'on se contente d'aperçus très généraux. Il va donc s'agir ici de déterminer, d'après les conditions psychologiques de la connaissance, quelques indications relatives à la forme générale de la physique théorique, à l'énergétique et au mécanisme.

Et peut-êlre aussi, par un choc en retour, l'étude de ce problème pourra-t-elle jeter un jour nouveau sur la psychologie des fonctions supérieures de l'esprit. Les sciences et leur histoire ne sont elles pas les faits qu'ont à considérer, en cette matière, les recherches expérimentales:»

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