‹ L'enfance coupable. --Chapitre 12 sur 24 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Avant d'aller cependant jusqu'à la série des délits et des crimes proprement dits qui se déroulent si souvent de la treizième à la vingtième année, il est utile d'étudier avec soin une chute définitive qui n'est que trop fréquente de nos jours, je veux parler du suicide.

Le suicide prévient, si l'on veut, bien des actes antisociaux, mais pas un acte antisocial lui-même, et dautant plus déplorable qu'il est sans remède. Les liens qui le rattachent au crime proprement dit sont très complexes, et ils sont très variables suivant les individus, suivant aussi la nature des difficultés auxquelles ils se heurtent K Dire qu'il est un affluent du crime ou dire qu'il en est un dérivatif sont deux assertions également fausses, si on entend donner, soit à l'une, soit à l'autre, une jDortée trop générale. Ce qui est évident, c'est qu'il atteste un de ces états malsains sur lesquels des circonstances accidentelles peuvent faire éclore des résolutions en apparence opposées — tuer un autre homme ou se tuer soi-même, par exemple — mais à coup sûr également fâcheuses. Les causes qui le déterminent ne peuvent pas ne pas avoir avec celles dont relèvent les autres formes du

i. Sur ce sujet, voir Le crime, chap. xi.

désordre des rapports ou apparents ou cachés. Les démêler est donc une partie importante de notre tâche. Pour nous y appliquer sans tarder davantage, il y a d'ailleurs, on va le voir, un motif sérieux. Les documents qu'il a été possible de consulter pour cette étude spéciale paraissent assez riches, assez précis, assez suivis pour fournir, sur ce que j'appellerai les avortements de la vie morale, tout un ensemble de renseignements précieux.

On a vu plus haut comment la courbe des suicides de jeunes avait monté dans la seconde moitié du dixneuvième siècle. Aux environs de 1840, la moyenne était de 144. En 1880, elle atteignait 319. De 1880 à 1897, elle avait encore monté, allant de 319 à 615. Elle avait ensuite baissé à 425 en 1900 ; mais presque aussitôt elle a menacé de monter de nouveau; car en 1901, nous la trouvons à 476.

Ainsi le suicide baisse plus lentement que le délit, au moins dans la jeunesse. On peut dire que, pour le moment au moins, la lutte violente engagée de tout temps entre la société régulière et la société irrégulière va plutôt en s'apaisant, peut-être parce que les deux se rapprochent plus et autrement qu'il ne le faudrait et que la première ne résiste point assez à la seconde. INIais il ne semble pas que la source première de l'énergie et du goût de la vie aillent en s'affermissant parmi nous.

Je prendrai mes exemples à Paris et au département de la Seine qui, en réalité, ne font plus qu'un. Paris est un lieu d'élection pour le suicide encore plus que pour le crime. Le département de la Seine donne 15 pour 100 des accusés et 18 pour 100 des suicidés de la France. Je parle là des accusés et des suicidés de tout âge et de tout sexe. INIais il y a des distinctions à

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faire, et qui sont assez intéressantes. Il semble que les mineurs soient un peu moins exposés au crime et plus au suicide dans la Seine que dans le reste des départements. Alors en effet que dans l'ensemble du pays ils donnent 17 pour 100 des accusés ^ et 5,50 pour 100 des suicidés, dans le département de la Seine ils fournissent 13,50 pour 100 des accusés et 6 pour 100 des suicidés. L'écart a tout au moins diminué.

Mais c'est surtout, — je recommande ce fait à l'attention de mes lecteurs et de mes lectrices, — c'est surtout la femme jeune qui, dans Paris, paye au suicide un beaucoup trop large tribut. Parmi les mineurs qui s'y sont vus arrêtés et traduits en justice pendant l'année 1895, les femmes de moins de vingt et un ans ne donnent que 10 pour 100. Or dans le total des suicides parisiens les mineures du sexe féminin figurent dans la proportion de 40 pour 100 -.

Maintenant laissons la statistique proprement dite, posons de côté les gros registres qui nous ont donné ces chiffres abstraits. Prenons ces dossiers où, entre un procès-verbal de commissaire de police et un rapport médico-légal, à côté des témoignages des parents, des amis, des voisins, des concierges, gisent les derniers souvenirs, protestations touchantes, lettres brutales, manifestations vaniteuses, aveux inconscients, cris de désespoir absolument disproportionnés aux malheurs qui les provoquent, plus souvent encore adieux empreints d'un ennui vide de toute idée, qu'est-

4. Je prends ici les mots crime et accusé dans le sens propre.

2. Ceci, encore une fois, dans le département de la Seine. Dans l'ensemble de la France, les femmes donnent : 13 pour 100 des prévenus, 15 pour 100 des accusés, 21 pour 100 des suicidés. Il m'était impossible de consulter les archives du suicide dans les parquets de province. J'ai dû me contenter d'une période parisienne. Mais on voit qu'elle peut nous suffire pour asseoir des iuductions légitimes et intéressantes.

ce que nous allons trouver là d'instructif et de bon à retenir pour qui veut sonder toutes les responsabilités, quelles qu'elles soient?

Dans les suicides d'adultes, on est attiré vers deux courants d'influences qui, semble-t-il, doivent avoir une part prépondérante à la préparation de la catastrophe : d'un côté, les courants intérieurs de sensations, d'idées, de croyances ou de négations personnelles, sensations maladives, imaginations déréglées, désirs irréalisables, croyances illusoires ou négations décourageantes; d'un autre côté, les courants extérieurs de la société, nécessités du travail, luttes commerciales ou industrielles, épreuves de la concurrence, obligations et tyrannies professionnelles, guerres de classes et parfois même angoisses patriotiques avec les responsabilités do Ihomme politique ou du soldat. Les jeunes échappent-ils aux orages qui troublent si souvent ces deux sphères de notre vie? Non, à coup sûr! La jeunesse de nos jours, nous le constatons une fois de plus, est précoce, sinon dans l'essor de son intelligence et de son énergie, du moins dans son initiation aux misères qui nous éprouvent. Le jeune ouvrier, la jeune ouvrière de dix-sept ou dix-huit ans, subissent déjà plus d'un contre-coup de ce qu'il peut y avoir do fâcheux dans l'état social de leur pays. Quant aux troubles intérieurs, qui ne sait qu'ils devancent de plus en plus la vingtième année? Mais enfin il est un milieu qui n'est ni si précisément individuel, ni si largement social et en dehors duquel on ne conçoit guère que se développe normalement ni l'enfant ni l'adolescent; je veux parler ici encore, on le pressent aisément, de la famille. C'est dans la famille que Fenfant prend — ou doit prendre — ses premières idées, ses premières aspirations, ses premiers désirs,

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ses premières vues sur ce qu'il y a pour lui de possible ou d'impossible, sur ce que la vie qui s'entr'ouvre lui donne à craindre ou à espérer. C'est par la famille aussi qu'il puise tout d'abord dans le grand milieu social; c'est par son père et par sa mère qu'il communique ou devrait communiquer avec les multiples influences dont chaque famille est affectée. Qu'on vous parle d'un pauvre enfant de quinze ans qui s'est asphyxié ou empoisonné, quelle est la question que vous vous poserez avant toute autre? Vous vous demanderez tout de suite : qu'ont donc fait pour lui son père et sa mère, et de quelle manière ont-ils veillé sur sa conduite?

A priori déjà, cette distinction est on ne peut plus vraisemblable, et je puis même dire qu'elle s'impose. Mais si je lui donne ici la première place, c'est que je suis encore tout plein, tout obsédé de la lecture des dossiers funèbres. Il ne faut pas s'arrêter trop docilement à la mention officielle de la cause présumée inscrite sur le registre du parquet et destinée à grossir ensuite les colonnes du grand compte de la chancellerie. Beaucoup d'enquêtes, il est vrai, sont faites avec soin, mais ce soin a surtout en vue de découvrir si l'on est en présence d'un suicide volontaire ou bien d'un crime. Quant aux circonstances morales, elles sont le plus souvent complexes. Alors le commissaire de police prend la plus saillante pour l'indiquer en marge de la première feuille de la liasse; c'est là que vous lisez : « suite de reproches, perte d'emploi », mentions qui, séparées de tout le reste, perdent singulièrement de leur signification; ou bien, au contraire, on a mis indistinctement tout en bloc, et on a inscrit : « contrariétés diverses, humeurs noires, dégoût de la vie », ce qui ne nous dit pas grand'chose. Mais ouvrons les

dossiers et lisons-les. Un premier fait nous frappera bientôt ; c'est le nombre considérable des adolescents et des jeunes filles qui se tuent dans une mansarde de domestique à l'un de nos sixièmes ou septièmes étages et plus encore de ceux qui se donnent la mort chez un logeur ou une logeuse, dans la chambre sale et nue d'un garni.

Dans les trois années que j'ai étudiées, je calcule que le tiers à peine des victimes vivaient à peu près régulièrement dans une famille normale et d'apparence intacte. Les deux tiers, bien examinés et bien comptés , sont des enfants naturels , des enfants ayant, à côté de leur père ou de leur mère, un beaupère ou une belle-mère, ou une personne se donnant l'un ou Tautre de ces titres ^ ; des enfants dont le père et la mère sont en instance de divorce, ou bien encore des enfants qui sont partis définitivement de chez eux, les uns soi-disant pour loger à portée de leur travail, les autres pour habiter chez des patrons ou des maîtres, d'autres, enfin, sans se donner même la peine d'alléguer aucun motif et sans qu'on prenne le souci de leur en demander.

Voilà, dis-je, les deux premiers tiers. Quant au troisième tiers, il comprend bien des enfants que j'y laisse parce que je n'ai pas de raisons certaines pour les en tirer; leur situation morale est obscure. Comment leurs parents vivaient-ils entre eux et avec eux? On n'en sait rien. Le père et la mère sont venus reconnaître le corps à la Morgue. On le leur a délivré, avec les derniers souvenirs, s'ils les ont réclamés;

1. Ici aussi je trouve extrcmemeni peu d'enfaiKs orphelins des doux parents. Je rappelle que ces orphelins complets sont ésalenieut peu nombreux dans les rangs des criminels; car forcément un orphelin complot est recueilli i)ar la charité qui veille à son éducation.

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mais un doute vient ù l'esprit, doute trop légitime. Le pauvre suicidé ne faisait-il pas de ces absences périodiques, de ces fugues de deux, trois, quatre semaines, peut-être môme de cinq ou six mois, comme en font un si grand nombre de ces enfants que je visite ensuite dans les cellules de la correction paternelle à la Petite-Roquette? Sans aller jusque-là, il y en a certainement beaucoup qui vivent encore, bien ou mal, avec leurs parents ; mais ils partent de bonne heure de la maison paternelle ou maternelle, sans même avoir vu soit le père, soit la mère, déjà partis euxmêmes dans une autre direction. Ils travaillent et mangent au loin et ils reviennent le soir (quand ils reviennent) pour coucher dans un coin du taudis, n'entrant guère en conversation familiale que pour faire part, à regret, de leur paye du jour ou de la semaine, recevoir ou échanger des reproches ou des coups, assister à une dispute grossière !

Ne nous contentons pourtant pas de ces présomptions. Essayons, avec l'aide même des dossiers, de pénétrer dans quelques-uns de ces intérieurs et de voir comment lïdée fatale y a germé.

Prenons d'abord les petits suicidés de huit, dix, douze, quatorze ans, et en écartant, comme il convient, ceux que leurs parents, sans les consulter, ont fait mourir avec eux. Le motif le plus souvent inscrit sur les procès-verbaux est celui-ci : suite de reproches, crainte de reproches. Mais quand je lis cette mention, je trouve à peu près deux fois sur quatre que le procèsverbal est extrêmement sommaire : on a simplement rempli un imprimé laconique, et on a constaté l'identité. Qu'y avait-il réellement de caché dans les antécédents de ce pauvre enfant de huit ans, orphelin de mère, qui, à la suite de reproches, ditle procès-verbal,

est allé se noyer, gardant dans sa poche une bille de couleur et sa toupie? Ou dans ceux de cet autre enfant de onze ans, fils de père inconnu, que sa mère est venue réclamer en compagnie d'un individu avec qui elle habite, mais dont elle ne porte pas le nom ? Pour lui aussi, on s'est borné à écrire : suite de reproches. On ne saura jamais rien d'autre. Raison de plus pour lire de près les documents là où il en existe.

« Reproches » est vite dit. Quel est l'enfant qui n'ait pas besoin et qui ne se mette pas dans le cas d'en recevoir? Pour' qu'il s'ensuive un suicide, il faut qu'il intervienne d'autres influences. L'influence d'une maladie cérébrale ou d'une faiblesse d'organisation? Oui, quelquefois; mais ceci n'est point allégué aussi souvent que je l'aurais cru, La folie surtout ou une affection mentale qui s'en rapproche m'est apparue comme extrêmement rare dans ces trois années \ La faiblesse d'esprit et la susceptibilité nerveuse sont un peu plus fréquentes. Mais, encore une fois, n'est-ce pas là le cas transitoire de beaucoup d'enfants? Que fait la famille et que fait l'éducation, si elles ne veillent pas avec efficacité aux dangers qui en découlent ?

Voici un enfant de trtnze ans, dont l'enquête dit : « On était content de lui (il travaillait chez un teinturier), il était bon travailleur, et on ne croit pas qu'il lut malheureux avec son père; mais il avait éprouvé, et il ressentait encore un vif chagrin de la mort récente de sa mère. » Les faits de cet ordre

1. Elle esl moins rare au-dessus de seize ans. — Disons ici que, dans les comptes gc^nôraux de la justice criminelle, le nombre des suicides aux(|ucls on donne comme molil' une maladie corcl)rale diminue beaucoup dans ces dernières années. Qu'esl-ce qui diminue réellomenl? Est-ce la folie ou est-ce l'iiahiiutlc (lu'on avait prise de lavoir un peu partout?

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sont rares, et cet enfant mérite assurément une grande pitié. Mais lui a-t-on donné les consolations vraiment efficaces? Avait-il toutes celles qui lui étaient dues?

Un autre enfant, âgé de dix ans, s'est pendu, et on commence par nous dire ceci : « L'enfant n'ayant pas fait ses devoirs hier, sa mère l'avait grondé. Elle était partie à huit heures, le laissant avec son frère, qui, peu après, était sorti à son tour pour se rendre à l'école ; l'enfant défunt avait dit qu'il ne voulait pas y aller. En rentrant à onze heures et demie de Técole, son frère le trouva pendu à l'aide d'une petite corde fixée au plafond par un crochet. » Le fait, ainsi raconté, resterait tout mystérieux, si un autre témoignage ne venait dire (et le commissaire de police n"a point manqué d'en souligner l'expression au crayon rouge) : « Au plafond, à proximité du lit, était fixé un crochet servant à suspendre une lampe ; le père du petit G. s'y était déjà pendu au mois de février dernier. »

A de pareils âges, pour déterminer une résolution fatale, il faut quelquefois peu de chose, une parole, une excitation, une image qui se transforme en idée fixe dans un esprit où aucune autre influence n'a pris pour les enrayer une force suffisante. La résistance a été plus faible encore si l'âme de l'enfant a été déprimée ou par la crainte de n'être pas aimé, ou par la crainte de ne pas l'être autant que les autres. On sait à quel point chez les adultes la jalousie obscurcit tout, trouble tout, exagère tout. Il en est à peu près de même chez les enfants (quoique la cause diffère). Peu de chose suffirait pour calmer le sentiment rongeur ; mais peu de chose suffit aussi pour l'exaspérer et pour en faire sortir une suggestion que

nulle organisation de vie, nulle prévision, nul calcul et nulle conviction ne contrebalancent.

Un enfant de douze ans et demi s'est empoisonné. Les témoignages sont contradictoires. Quelqu'un dit : « Léon était très gentil et il ne se plaignait pas de ses parents. » Un autre affirme, au contraire, qu'il se plaignait d'être malheureux chez eux. Ils ont peutêtre raison l'un et l'autre; car un troisième, qui a vu l'enfant de plus près, dépose : « Le matin, Léon avait l'air très gai; le tantôt, il a pleuré tout l'aprèsmidi, et à nos demandes il a répondu : Vous ne saurez jamais pourquoi je pleure. » Le savait-il bien lui-même? Il a laissé deux cartes remplies au crayon qu'il a adressées à son père. Il lui rapporte une petite scène de famille qui s'est passée — pour un motif très futile — entre lui, sa mère, son frère et sa sœur. Il termine en disant : « Et alors maman m'a attrapé, m'a fichu une volée; moi, en colère, je lui dis que je passerais par le pont d'Austerlitz. Eh bien, non, je m'empoisonne. Je t'embrasse, ton fils Léon. Embrasse toute la famille pour moi, adieu. » Pour une petite àme de douze ans et demi, c'est un peu sec : on se demande si la sensibilité de ce désespéré si précoce avait été bien conduite à toutes les sources des émotions saines, de celles qui, tout à la fois, réconfortent et retiennent. J'en trouverais bien vite un ou deux autres du même âge à propos desquels je ferais la môme réflexion.

Quand j'arrive aux dossiers d'adolescents de treize ans, treize ans et demi, je vois poindre tout de suite la faute personnelle, mêlée aux torts des parents. Ai-je l'intention de me faire le juge de chacune de ces consciences mal éclairées et de les condamner sans rémission? Evidemment non. mais il faut bien faire

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la part de toutes les responsabilités. 11 le faut pour l'honneur même de la nature humaine, il le faut surtout pour avertir que dans le développement moral d'une jeune âme, il n'y a rien à négliger.

Léon, âgé de treize ans, s'est asphyxié; on nous dit tout d'abord que cet enfant, qui vit avec son père et ses frères (la mère n'existe plus], « ne manquait de rien ' ». Il s'était présenté aux épreuves du certificat d'études et avait été refusé. On ne voit pas qu'il ait pu avoir d'autres motifs de se suicider. Pourtant on ajoute : « il n'avait pas été reçu, contrairement à ce qu'il avait dit ». Il s'est donc trouvé face à face ou avec le remords ou avec l'embarras — fort exagéré par lui, assurément — de son mensonge.

René, âgé de treize ans et demi, s'est envoyé dans la tête une balle de revolver. Son père affirme — comme beaucoup d'autres — qu'il ne peut pas s'expliquer à quel motif son fils a obéi. Lui n'était pas de ceux qui abusent des reproches. Les témoignages recueillis dans l'enquête prouvent qu'il gâtait beaucoup son enfant et le « laissait trop faire ce qu'il voulait ». Maintenant, écoutez la suite — c'est un voisin qui parle : « Le sieur X., sachant que je suis divorcé, m'a demandé des renseignements relatifs au divorce. Il est en instance de divorce depuis près de quatre ans. Il m'a demandé si son fils pourrait être donné à la mère. Je lui ai répondu que cela dépendait des renseignements et du jugement... Il m'a dit : Ce n'est pas moi qui voudrais qu'on m'enlevât mon fils! — Le jeune homme était présent pendant cette conversation, et il me dit : Je ne voudrais pas aller chez ma mère, j'aimerais mieux me faire sauter

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