‹ L'enfance coupable. --Chapitre 6 sur 24 · M. P. Bourget, dans l'Étape · texte numérisé non relu

M. P. Bourget, dans l'Étape

2. M. AlbaneL Voyez sa communication au Comité des travaux historiques et scientifiques. Bulletin de 1898.

d'être les auteurs uniques des fautes commises par leurs enfants ».

Sur ces 60 enfants, 40 avaient des parents « bien réputés » ; 14 étaient élevés par des parents « mauvais ». Parmi ces derniers parents, il en était 7 qui étaient signalés comme indignes de conserver la puissance paternelle. Ainsi, sur 60 enfants, 40 avaient des parents en état de les élever convenablement. « Si Ton fait remarquer, ajoute le juge, que ces enfants avaient 178 frères ou sœurs, ou ne peut tirer aucune conclusion certaine permettant d'accuser les parents plutôt que les enfants : pour mon compte, j'ai vu dans mon cabinet un millier d'enfants des deux sexes poursuivis pour toutes sortes de méfaits, et les larmes des parents m'ont paru souvent plus sincères que celles de leurs enfants. »

Ceci est très intéressant et très utile à retenir. Sans doute, les larmes des parents, si sincères qu'elles soient, ne prouvent pas qu'ils aient tout fait pour se les épargner quand il en eût été encore temps. Mais enfin, qu'ils soient rarement la cause unique des égarements qui nous occupent, c'est ce qu'il faut s'empresser de concéder. Considérons même que dans le milieu social, si troublé qu'il soit, certaines intuitions, certaines volontés peuvent démêler le bien à côté du mal, l'aide à côté du péril et qu'il est souvent bien dilUcile de savoir pourquoi ils ont choisi l'un plutôt que l'autre.

Entrons maintenant dans l'étude positive, non plus des impulsions dont une part se dissimule, mais dos faux pas (]ui en résultent. N'allons pas tout de suite aux chutes profondes. Commençons par examiner attentivement les premières déviations.

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