AVANT=-PROPOS III
présente le Christ naissant d’une Vierge-Mère, c’est à démolir cette croyance que s'emploie avant tout une critique qui se dit indépendante, bien qu’elle soit en effet asservie au vieux préjugé du naturalisme. Aussi ferons-nous de la naissance virginale l’objet principal de nos recherches. Les autres questions sont ici secondaires ; elles viendront, comme d’ellesmêmes, se ranger autour de ce point central.
Le lecteur voudra bien se souvenir des difficultés spéciales que l’apologiste rencontre dans l'Evangile de l'Enfance. Il s’agit de faits dont les évangélistes n’ont pas été témoins; peut-être même que les témoignages dont ils dépendent ne prennent pas avec les événements un contact aussi immédiat que le reste de l’histoire évangélique. A cela vient s’ajouter que, par leur nature même, ces faits primitifs n'ont eu qu'un nombre limité de témoins, et qu'ils se sont passés à une époque où l’attention publique n’était pas encore fixée sur Jésus de Nazareth.
Une autre circonstance dont il faut tenir compte, c’est qu'ici, plus encore qu'ailleurs, l’attaque a pour complices l'ignorance et l’insouciance du lecteur. En exploitant son attrait pour les solutions simples et faciles, en faisant appel à sa mentalité d’occidental du vingtième siècle, il est aisé de l’émouvoir par l’objection.