‹ L'enfance de Je?sus-Christ :Chapitre 3 sur 66 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

On lui dit : Comment se faire à l’idée que Jésus soit né d’une vierge? Pour admettre une telle merveille, il faudrait des preuves irréfragables. Or, le fait n’en comporte pas: Etpuis, les premiers témoins ignorent la naïssance virginale ; bien plus, les évangiles nous représentent Jésus comme le fils de Joseph.

Marie toujours vierge ? Mais le Nouveau Testament nous parle en maints endroits des frères du Seigneur !.…

L’apologiste a beau rappeler les mœurs et la langue des anciens Juifs, qui donnaient le nom de frère à un cousin, et tenaient la filiation purement légale pour aussi réelle que la filiation naturelle; il a beau en appeler de la lecture sommaire des textes à une étude plus approfondie, en tenant compte non seulement de ce qu'ils affirment en termes exprès, mais encore de ce qui s’ytrouve supposé; ses expli: cations, pour solides qu’elles soient, ne produisent pas sur beaucoup de lecteurs une impression décisive. A l’objection toute simple l’apologiste donne une réponse complexe et laborieuse ; il distingue, et l’on sait combien peu l'esprit public est préparé à saisir le sens et la portée des distinctions.

Le R. P. Lagrange en faisait hier encore la remarque, précisément à propos du sujet qui nous occupe. « Il est vrai que pour entendre

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- ces choses il faut une appréciation délicate de temps fort éloignés. M. Herzog jugera sans doute que c’est du « bavardage ! ». M. H. Lo- + riaux disait d'un cas analogue : « C’est égal! voilà une religion bien peu à la portée du pauvre monde, si, pour croire à la naissance - virginale, il faut savoir « que le mot de cousin

« n'existe pas dans les langues sémitiques ? ».

Ge n’est point la question. Le pauvre monde, . — comme les savants d’ailleurs, — est guidé dans sa foi par l'autorité de l'Eglise. Mais, de

ceux qui attaquent ses dogmes au nom de la . critique, on peut bien cependant exiger une certaine teinture des langues et des usages - anciens. Autrement, « le pauvre monde » pourrait s’y tromper. Des arguments comme celui de M. Herzog se donnent l’apparence de la - rigueur, d’une allure simple et loyale. Nous - sommes obligés pour y répondre de recourir à des explications, et on répliquera « subtilités », « échappatoires », « bavardage ». On

1 Le mot est de M. G. Herzog. Dans son article sur la conception virginale du Christ, Revue d’Hist. et de Littér. » religieuses, 1907, p. 127, il traite de « pur bavardage » les - explications proposées par les théologiens catholiques au . sujet de Mano, mu, 21, 31.

we 2 L'autorité des Evangiles, par H. Lortaux, p. 53. Il … n'est pas besoin de relever la confusion vraiment forte, que - fait ici M. Loriaux, en parlant de la naissance virginale de Jésus, alors qu'il s’agit des « frères du Seigneur ».

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