CHAPITRE IV
La critique indépendante heurtée par le caractère surnaturel des récits qui concernent les origines de Jésus, a cru tout d’abord quele meilleur moyen d’avoir raison de ces textes génants était d’en nier l’authenticité. Des écrivains, qui, du reste, se targuent bien haut de ne relever que des faits dûment établis, n'hésitent pas à discréditer d'avance l’évangile de l’Enfance ; ils le tiennent pour une addition postérieure, par la raison que saint Matthieu et saint Lucont dû commencer, comme saint Marc, par la prédication de Jean-Baptiste.
Strauss a déjà fait bonne justice de cette con-
4 M. J. Haroxer, Die Jungfrauen-Geburt und das AN. T. dans la Zeitschr. für wissenchaf. Theologie, 1906, p. 26, met franchement, au début de ses recherches sur l’origine de la croyance en la naissance virginale, la négation a priori de l'explication surnaturelle, parce qu’elle suppose un miracle. Cf. Renan, Vie de Jésus, 13° édition, la Préface.
jecture, quand il écrit « qu’elle n’est pas autorisée par la critique! ». Il est vrai que l’exemplaire de saint Matthieu recu par les Ebionites débutait par la prédication de Jean-Baptiste; mais saint Epiphane, de qui nous tenons le renseignement, ajoute qu'ils avaient retranché ce qui précède, à cause du démenti formel qu'y recevait leur sentiment sur la génération humaine du Christ?. Encore fait-il observer que les modérés de la secte, ceux qu'il appelle Nazaréens, se servaient d’un texte très complet; il ignore seulement s'ils ont retenu la généalogie initiale qui descend d'Abraham jusqu’au Christ?. Voici qui est plus significatif. Le même saint Epiphane assure que Cérinthe et Carpocrate s’autorisaient de la généalogie de saint Matthieu pour prétendre que Jésus avait été engendré par Joseph#. De son côté, Eusèbe nous apprend que le judaïsant Symmaque faisait de même*. Nous savons
1 Vie de Jésus, 1, p. 117.
2 & [apoxobures yap rapè 7 Maurbuis yeraoyius, Gpyorer Ty dpyny Touctober, ds porno, déyoyres, dre Eyéero, enctr, à ruis apépous “Hpuôov... » Adv. Hær., xxx, 14; cf. 13.
3 Adv. Hæres, xxix, 9. Saint Epiphane donne cette différence d'attitude comme un exemple de l’inconsistance des Ebionites (xxx, 14).
4 Jbid., xxx, 14.
5 Aist. eccles., VI, 17. Je sais que le sens d’'Eusèbe est équivoque. Rufin, Nicéphore et d'autres encore l'ont com-
aussi par saint Jérôme que l'Evangile selon les Hébreux portait les premiers chapitres de saint Matthieu.
Ces témoignages valent ce qu’ils valent, à cause de l’éloignement des témoins; mais à les prendre, il faut les retenir en leur entier. IL n'existe aucun texte datant du 11° ou ui siècle, qui nous autorise à affirmer qu’à l'origine le premier évangile n'avait pas les deux premiers chapitres actuels; tous les renseignements à ce sujet sont du 1v° siècle, ils parlent de retranchement et non d’addition. Si le Diatessaron de Tatien, qui est une œuvre du n° siècle, a passé la généalogie de saint Matthieu, c’est que cette omission est tout à fait dans la méthode suivie par l’auteur. Son but n’est pas de donner intégralement le texte des quatre évangiles, mais de composer un récit de la vie de Jésus-Christ, tiré textuellement des écrits canoniques. Le Diatessaron n’a pas davantage la généalogie de saint Luc, et je ne sache pas qu’on argue de ce fait
pris comme nous faisons ici; l'éditeur Henri de Valois rejette cette interprétation, mais on peut voir combien ses explications sont embarrassées (Mine, P. G., XX, col. 559).
1 De viris ill., 1, Comment. in Matth., 11, 5, 15, 23; in Isaïam, xt, 1; cf. Zann, Geschichte des Neutest. Kanons, Il, 1891, p. 686, dont les conclusions ne sont pas infirmées par la critique tendancieuse et très insuffisante de E. Hen- NeCKE, Neutest. Apokrÿphen, 1904, pp. 19, 17.
pour soutenir que Tatien l’a ignorée ou éliminée comme non authentique!.
On a fait observer que dans plusieurs manuscrits le dix-huitième verset du premier chapitre de saint Matthieu commence par des lettres onciales, ou encore par des caractères tracés au minium; et même il en est qui portent ici les mots : Zncipit evangelium secundum Matthæum®.Ne serait-ce pas un vestige de l’état primitif des textes, alors que l'Evangile commençait avec les mots : Christi autem generatio... ? — Ce fait a recu une explication plausible. Il est vraisemblable que dans certaines églises, la généalogie ne faisait pas partie de la lecture publique; de sorte qu'au point de vue de l’usage liturgique, le premier évangile commençait avec le récit de la Nativité?.
Au reste, la généalogie serait-elle un prologue ajouté à l’œuvre de l’évangéliste, ce que
! L'exemplaire de la traduction arabe, qui fait partie de la bibliothèque Vaticane, reproduit les deux généalogies à la fin du codex. Of. Crasca, Tatiani Evangeliorum harmonia arabice. Romæ, 1888; dans la préface.
2 Par exemple Y et Z, d'après J. Wordsworth; ces deux manuscrits latins sont d'une époque assez tardive, vn' et vin siècles.
3 À s'en tenir à l'allure du texte, ne dirait-on pas que l'évangile de saint Luc a commencé primitivement par le troisième chapitre? Nous savons pourtant par le prologue, qui figure en tête du premier chapitre, que le troisième évangile a été de tout temps ce qu'il est aujourd'hui.
nous n’admettons pas, l'attitude du premier évangile vis-à-vis de la conception surnaturelle du Christ n'en resterait pas modifiée, puisque c’est dans la section qui vient après à, 18-25), qu'on déclare expressément qu'il est né de l'Esprit-Saint.
Aussi bien, presque tous les critiques accordent aujourd’hui que l’évangile de l'Enfance, tel qu'il figure dans saint Matthieu, forme un tout littéraire parfaitement lié; pour le disjoindre, il faudrait y supprimer des transitions qui ne se laissent pas mettre au compte d’un interpolateur!. Dans ces conditions, c’est à l’homogénéité du contenu que l’on s’en prend; l’unité de ce morceau serait tout extérieure et superficielle. Nous aurions ici la juxtaposition de deux documents d'âge et de sens différents. Pour souder, tant bien que mal, le récit de la naissance virginale à la généalogie qui précède, rédigée du point de vue des Ebionites, il fallait retoucher le document primitif, et l’on n’y a pas manqué. Le dernier verset de la généalogie présente, en effet, dans les anciens manuscrits des variantes significatives; elles donnent à penser que le texte
1 Notamment 1, 18; 1,1 Synopticæ, pp. 4-7.
13, 19; au, 1. Cf. Hawxins, Aoræ
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actuellement recu ne représente pas la rédaction originale.
Le principal ou, à vrai dire, l'unique témoignage sur lequel on pense asseoir cette théorie, est une lecon singulière du manuscrit de la version syriaque des Évangiles trouvée au Sinaï en 18941. À cette époque, des écrivains plus préoccupés de forger des armes contre le dogme de la foi orthodoxe que d’établir un texte critique du Nouveau Testament, annoncèrent au grand public qu'on venait de mettre la main sur un monument capable de révolutionner l’histoire des origines de Jésus?. Et voilà qu'après dix ans de controverse, les adversaires les plus décidés du caractère historique de l’évangile de l'Enfance, sont contraints d’avouer qu’en définitive cette découverte n’a rien changé à la question®.
1 Sur cette découverte on peut consulter les Ætudes religieuses, 15 janvier 1895, t. LXIV, p. 119.
2 A lire le périodique anglais The Academy, du 17 nov. 1894 au 24 juin 1895.
3 « Quand le texte du manuscrit syriaque du Sinaï (Marrx., 1, 16) fut connu pour la première fois, cette déviation du texte canonique causa une grande surprise. Quelques-uns pensèrent alors que nous venions de mettre la maïn sur un texte qui changeait du tout au tout la situation. Et en cela, ils se trompaient... Ce manuscrit n’en contient pas moins la portion 18-20 du texte canonique. Pris dans son ensemble, la version récemment découverte n’ouvre pas une ère nouvelle; elle ne porte que des vestiges de textes plus
Qu’y avait-il donc dans cette version dite du Sinaï? Le seizième verset du premier chapitre de saint Matthieu s’y présente comme il suit : «Joseph, à qui était fiancée la Vierge Marie, engendra Jésus, qui est appelé Christ ». Il est remarquable que Joseph n’est pas appelé ici, comme dans le texte recu, « l'époux de Marie », mais « celui à qui était fiancée la Vierge Marie ». Un peu plus bas, l'ange lui dit : « Elle f’engendrera un fils (21)»; ce que l’évangéliste répète, à son tour, quand il écrit : « Elle [ui engendrera un fils (25) ». C’est plus qu'il n’en faut pour donner à connaître la tendance du traducteur : il s'attache à mettre en relief la virginité de la mère et le titre légal du père. Aux termes de la loi des Juifs, la Vierge Marie, en devenant mère, a donné un fils à son époux légitime.
Soit, dira-t-on, la lecon syriaque est orthodoxe, surtout si l’on tient compte de son contexte; mais ne jette-t-elle pas des doutes sur l'authenticité du texte recu? La question devient plus pressante encore, quand on réfléchit qu’il existe tout un groupe de manuscrits dits occidentaux, tant latins que grecs, dans lesquels se rencontrent pour ce même verset
anciens et ils sont recouverts par le texte canonique ». P. W. ScumEpeL, dans l’Encycl. bibl. (Cheyne), 2961.
des variantes qui oscillent entre la version du Sinaï et le texte recu!.
Toutes ces variantes trahissent une même préoccupation: affirmer toujours plus expres- : sément la maternité virginale. C’est sur Marie que se concentre l'attention, Joseph ne figurant plus ici qu'au second plan. Et même, pour accentuer la prérogative unique de la mère, on accole à son nom l’épithète de Vierge, ce que ne fait pas le texte reçu. Un caractère tendancieux aussi prononcé, le mouvement tour- « menté de la phrase, surtout dans les variantes » du premier type, font assez voir que nous « avons affaire à des altérations intentionnelles, et non à un texte primitif.
Quoi qu'il en soit, une chose est certaine, c'est que la proposition : £t Joseph engendra Jésus, ne se lit nulle part. C’est pourtant ainsi que devrait finir la généalogie, si le lien entre Joseph et Jésus était identique à celui qui rattache Joseph à Jacob.
Il est vrai que M. F.-C. Conybeare pense avoir rencontré cette lecon dans un dialogue grec du v° siècle, qu’il a publié en 1898, sous le titre de Timothée et Aquila?, mais sa prétention se fonde, croyons-nous, sur une interprétation erronée du passage. Nous deman-
1 Voir ci-dessus, pp. xiv et 74.
2 Anecd. Oxon. class., sér. VIII, 1898.
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dons au lecteur la permission d’entrer ici dans quelques détails, la chose en vaut la peine.
Le dialogue en question est une dispute publique, qui est censée avoir eu lieu entre le chrétien Timothée et le juif Aquila, dans la grande église d'Alexandrie, du temps de saint Cyrille. Elle a surtout pour objet la naissance virginale de Jésus-Christ. Le chrétien ayant avancé que Jésus « descend d'Abraham selon la chair », le juif lui demande aussitôt sa généalogie. Timothée répond, avec un brin d’ironie, qu'il est étrange qu'Aquila, qui se flatte de connaître l’Ancien et le Nouveau Testament, ignore la généalogie de Jésus.
C’est alors que le juif, voulant montrer que cette généalogie lui est connue, se réclame immédiatement du verset 16 du premier chapitre de saint Matthieu; il le cite, mais pour s’en prendre à la croyance chrétienne, qu’il trouve contraire aux termes mêmes du texte
évangélique. Voici ses propres paroles, à cet
endroit du dialogue : « Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ: et Joseph engendra Jésus qui est appelé Christ, dont il est maintenant
Ba dues + a et
question; il dit (à savoir : l'Evangéliste) [qu'il l’}a engendré de Marie! ».
M. Conybeare pense que la finale : « Et Joseph engendra Jésus, qui est appelé Christ », fait encore partie de la citation évangélique. A l’en croire, nous aurions ici, en son entier, le texte original de saint Matthieu?. Mais, M. Schmiedel lui a fait très justement observer qu'il est invraisemblable qu'une rédaction primitive ait été si lourdement surchargée, surtout dans une généalogie, dont la formule est stéréotypée. On répète ici deux fois que «Jésus, appelé Christ, a été engendré ». Telle qu’elle est, la phrase du dialogue présente une tautologie ou une antinomie, il faut choisir?.
lToroB éjévases Toy Tocte, Toy Gvdpa Mapias” & %e éyevv0n Tasous 0 Dsyouevos Xpuoros, vai Tomho éyéwnses roy Tasoëy Toy Jeyouevoy Nous ro, repi où vüy à ddyos, pnais éme x r%s Mapius, op. cit., p.76. Nous essayons de reproduire le texte de M. Conybeare avec les différences typographiques de son édition.
2? Op. cit., p. 76 et dans l'Introduction. Plus récemment, M. Conybeare a vulgarisé son sentiment à ce sujet dans Hibbert Journal, 1902, 1, p. 96; il y est revenu dans The Standard, 11 mai 1905.
3 Encycl. bibl. (Cheyne), 2961. Au reste, l’explication que propose, à son tour, M. Schmiede]l, n'est guère plus admissible, L'auteur du dialogue dépendrait d'un texte du premier évangile dans lequel un correcteur, peut-être un simple copiste, aurait réuni les deux leçons : d’abord celle qui a survécu dans le texte reçu, puis la rédaction primitive Lousñs Où &yérrss rèv Insoi. Pure conjecture qui ne repose sur rien; elle est même contredite par le reste du dialogue où le chrétien cite deux fois Matthieu (1, 16) exactement
PC
Quiconque abordera l'étude du passage qu’on nous oppose sans le désir d’y trouver un démenti donné à la croyance orthodoxe, conviendra sans peine que la citation d'Aquila s'arrête après les mots « qui est appelé Christ», à l'endroit où ils figurent pour la première fois!. Ce qui suit est un commentaire que le juif ajoute de son cru. Après avoir rapporté les termes authentiques de l'Evangile, il en conclut : « C’est dire que Joseph a engendré Jésus, celui dont nous parlons; l’évangéliste dit qu’il l’a engendré de Marie? ». Par cette
d’après le texte reçu, sans qu'il tance le juif d’avoir mis en avant une citation inauthentique.
1! Ceux qui ne se sont pas familiarisés avec les habitudes d'esprit et les procédés de M. Conybeare par la lecture de ses ouvrages, peuvent s'en tenir à l'appréciation que portait récemment sur cet écrivain un professeur d'Oxford, et pas le moindre, le Révérend Sanday. J’en cite quelques lignes : « C'est le propre de la méthode de M. Conybeare que l’excentrique et l’anormal seuls sont, à ses yeux, de quelque poids. Il ne dit rien du témoignage qui a fondé la foi de la meilleure portion de l'Eglise; et, d'autre part, aucun fait ne se trouve être trop insignifiant, trop fantastique ou trop éloigné de lui, quand il dépose contre la croyance orthodoxe » (The Standard, 16 mai 1905). Il va sans dire que, pour M. Houtin, M. Conybeare est le critique impartial, qui relève seulement des textes, des faits... Cf. La question biblique au xx° siècle, pp. 241, 242, 245, 247, 249.
2 Nous traduisons xx par c’esl dire, parce que cette particule épexégétique se rencontre fréquemment avec ce sens, aussi bien dans le grec classique que dans le grec biblique; et ici même dans le dialogue Timothée et Aquila, p. 8x, dernière ligne. (Voir aux additions.)
interprétation, il donne le premier rôle à Joseph dans la génération du Christ. Timothée, qui a parfaitement senti Pabus que l’adversaire fait du texte de saint Matthieu, reprend aussitôt : « Tu dois citer exactement (566, comme il faut), et avec ordre (zxi ar ru), comme nous faisons nous-mêmes quand nous alléguons l'Ancien Testament, par exemple :
« Il y a dans la main du Seigneur une coupe « pleine de vin pur, et il l’incline de-cei de-là! ». Si tu tavises de passer quelque chose, nous nous en apercevons; voici ce qui est écrit ». Et le chrétien récite alors, en son entier, la généalogie, telle qu’elle se lit dans notre texte de saint Matthieu, avec cette différence seulement qu'au v. 16, au lieu de « l’époux de Marie » (%ôpx Mpix), 11 dit, en se rapprochant des manuscrits du groupe dit de Ferrar, « celui à qui était fiancée la vierge Marie ».
Après une digression sur les prophéties et les symboles de l'Ancien Testament qui concernent la Vierge-Mère, Timothée récite à nouveau la généalogie du premier évangile ;
et encore ici la teneur du v. 16 est con-,
forme à celle du texte reçu ?.
4 Il semble que par cette citation du psaume LxxIV, 9, allégué littéralement d’après les Septante, Timothée veuille dire qu'il convient de citer un texte en son entier, afin que la droite fasse contrepoids à la gauche.
? Avec une seule différence qui accentue encore plus la .
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En résumé, le juif Aquila pense avoir un point d'appui suflisant dans Matthieu (r, 16) tel qu’il se lit aujourd’hui pour prétendre que Jésus descend de Joseph selon la chair. Le chrétien Timothée lui réplique que, pour tirer une pareille conclusion, il faut isoler ce verset de son contexte. Et c’est précisément ce contexte qui l’autorise à adoucir certaines expressions, à moins qu'il n'ait connu des exemplaires grecs, dans lesquels une exégèse apologétique avait déjà influencé le texte.
Concluons. Toutes les variantes constatées dans saint Matthieu (1, 16) peuvent dériver du texte reçu; et donc rien n'oblige à regarder l’une quelconque d’entre elles comme authentique?. Rédigées qu’elles sont dans un sens orthodoxe, — c’est notre sentiment, — elles ne sauraient représenter Jésus comme le fils de Joseph selon la chair, de quelque façon que l’on explique l’origine et la portée de sa
tendance apologétique de tout le morceau ; à la place des mots « l'époux de Marie », il dit cette fois «qui était fiancé à Marie »; à la place de « qui est appelé Christ », il dit «le Christ fils de Dieu ».
1 J'avais analysé le dialogue entre Timothée et Aquila, quand je me suis aperçu que M. C. Burkitt était déjà arrivé aux mêmes conclusions. Cf. Evangelion da-mepharreshe, 1904, vol. II, p. 265. De son côté, M. J. R. Wilkinson avait, sur-le-champ, réfuté M. Conybeare dans ÆHibbert Journal, 1903, p. 354.
2 Voir ces variantes ci-dessus, pp, xiv et 74.
généalogie!. Dans l’état actuel de la question, : on doit maintenir, au nom d’une critique cor-. recte, que la leçon du texte recu est primitive. D'abord, elle est attestée par la totalité des textes et des versions, à l'exception des quelques témoins que nous venons de eiter et d'interroger*; et c’est à bon droit qu'on la retient dans toutes les éditions critiques du Nouveau Testament. Ensuite, il ne faut pas perdre de vue une règle qui figure dans les.
manuels de critique textuelle. D'une façon générale, et à moins de preuves contraires, on est autorisé à tenir pour plus primitive la lecon sobre, vague, obscure, exempte de préoccupation tendancieuse, de préférence à la leçon plus développée, plus précise, plus claire, plus déterminément favorable à une position doctrinale, surtout quand elle a trait à un sujet qui a soulevé des discussions. N'est-ce pas le cas de Matthieu (1, 16) comparé avec ses variantes ?