‹ L'enfance de Je?sus-Christ :Chapitre 51 sur 66 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

1. Les quatre évangélistes, l’auteur des Actes et saint Paul parlent des « frères du Seigneur ! ». D’après saint Matthieu et saint Marc, ils s'appellent Jacques, Joseph, Siméon, et Jude. La même on fait mention des sœurs de Jésus, qui habitent Nazareth ?.

Les trois premiers évangélistes comptent, au nombre des femmes pieuses qui suivent

4 Marre. xn, 46; xur, 55 ; Marc, ui, 313 vi, 3; Luc, vu, 20; Jean, 12: vu, D: Act.,x, 145 IL Cor., 1x, 5.

2 Marte., xt, 55 ; Marc, vi, 3, dont le témoignage, en ce qui concerne Jacques, est renforcé par celui de saint Paul, Galat., 1,19. Les Grecs ont parfois adouci la forme hébraïque du nom de Joseph en Tuz%, ‘luszros (Marco, vi, 3 ; xv, 40, 47); pour s'en convaincre, il suffit de comparer dans une édition critique, Marru., x, 55 avec xxvur, d6, J, B. Licar- FooT, Epistle to the Galatians (Dissert. W, The Brethren of the Lord), p. 268, doute de l'identité des deux noms (‘luris et ‘luzz<), mais c’est à tort. Cf. DaLman, Grammat. aram., p. 179; ALLEN, Comment. on the Gospel according to S. Matthew (1907), pp. 156, 299.

le Christ et se tiennent au pied de la croix, Marie mère de Jacques, que saint Matthieu et saint Luc disent, plus expressément encore, être la mère de Jacques le Mineur et de Joseph!. D'autre part, saint Jean écrit de cette même Marie qu’elle était la sœur de la mère de Jésus; puis il ajoute pour la caractériser davantage, À ro5 Kiurz « celle de Clopas? ».

Les frères du Seigneur ne croyaient pas en lui pendant sa vie publique?; bien qu'après la Résurrection, on les voie figurer au nom-

{Marrs., xxvu, 56: Marc, xv, 4o; Luc, xxiv, 10. Nous retenons ici l'appellation de Mineur, sans préjuger sa portée ; le texte de saint Marc a +25 ‘loxiCsu +00 puxpsd, ce qui n'emporte pas nécessairement l'idée d'une comparaison avec un autre Jacques. Il peut se faire que ce Jacques ait été appelé le Court à cause de sa petite taille.

? Jean, x1x, 25. L'identité de Marie de Clopas avec celle que l'évangéliste appelle la sœur de la mère de Jésus, — quelle que soit ici la portée du terme 40:91, — ne me semble pas sérieusement contestable. Du reste, elle est très généralement admise. Cf. Ta. Carmes, L'évangile selon S. Jean, 1904, p. 44o; Loisy, Le quatrième évangile, 1903, p. 899 et C. Harris dans Diction. of Christ and the Gospel, 1906, p. 234. On a dit, pour exclure l'hypothèse d'une sœur de la sainte Vierge, au sens rigoureux du mot (hypothèse qui n’est pas nécessaire), que deux sœurs n'auraient pas porté le même nom. Cf. Lucurroor, op. cit., p. 264. La raison n'est pas convaincante. Parmi les enfants d’Hérode le Grand deux ontle nom de Philippe. Chez les Romains, Octavie, la sœur de l'empereur Auguste, avait quatre filles, dont deux s’appelaient Marcella, et deux Antonia.

3 Jean, vu, 5; Marc, ni, 21; Cf, vi, 4.

à raison, ont fait penser aux frères du Seiwneur; ce sont Jacques d’Alphée, Jude de Jacques et Siméon le Cananéen ou Zélote.

Dans saint Matthieu et saint Marc, on lit, à la “place de Jude, Lebbée ou Thaddée?. Enfin, il ne faut pas perdre de vue qu'une des épitres catholiques se donne pour l’œuvre de Jude, frère de Jacques.

2. A ces données des textes canoniques il faut joindre ce qui se lit dans Flavius Josephe et dans Hégésippe.

. Le premier rapporte que, vers l’an 62, « fut mis à mort Jacques, le frère de Jésus, qui est appelé Christ # ». Eusèbe, qui connait le passage de Josèphe, en appelle, pour ce même De. .

fait à deux autres documents : les Recognitiones clementinæ et l'histoire d'Hégésippe.

On voit, par les détails de leur récit, que ces derniers témoins ne dépendent pas unique- «ment de l'historien juif?.

BA Act, 1, 14; Ï Cor., 1x, 5.

D Marre... x, 3, 4 ; Marc, an, 18; Luc, vi, 15, 16; Act., n, 13. - 3 JacQUES, 1, 1.

4 Ant. Jud., XX, 1x, 1. Il va sans dire que l'authenticité et l'intégrité de ce passage a donné lieu aux mêmes contro- Nerses que les deux autres du même auteur, qui concer-

ment le Christ et les origines chrétiennes.

5 Eusëse, HE, Il, 23.

Vers l’an 160, Hégésippe recueillit sur place les traditions palestiniennes au sujet des” frères du Seigneur. Il est vraisemblable qu'il aura conversé avec leurs descendants. Jules” Africain affirme en avoir encore rencontré cinquante ans plus tard'. Or, voici à quoi se. ramènent les renseignements fournis par Hé-* gésippe, d’après Le fragments qu'Eusèbe.

nous a gardés de cet auteur, dans son Histoire ecclésiastique.

Jacques, le frère du Seigneur, surnommé le Juste, prit, avec les Apôtres, le gouvernement de l’église de Jérusalem (1,23). « Après que Jacques le Juste eut été martyrisé pour la même cause que le Seigneur; à son tour, le fils de son oncle paternel, Siméon, le fils de Clopas, fut constitué évêque (de Jérusalem); à l’unanimité on lui donna la préférence, à cause qu’il était un autre cousin du Seigneur?»

1 Eusëse, LE, I, 5.

2 Mere ro puprupñro IéxuGos rèy déxeuos ds ra à xÜpuos ri TG dr doyü, néluw © Èx rod eco Evuens à roù Kun& xaBisrurer èrivaonc:, dy npoëbeyro moévres dre Cusluoy ro xupiou Êsüreper. On a proposé de ce passage une autre traduction. LiGmrroor, op. cit., p. 276 traduit comme suit : ( Après le martyre de Jacques le Juste, pour la même cause que le Seigneur, le fils de son oncle paternel, Siméon, le fils de Clopas, fut ensuite constitué évêque (de Jérusalem), à l’unanimité on le mit en avant comme second (évêque), à cause qu’il était cousin. du Seigneur ». L'importance de ce texte est trop considérable pour que nous ne donnions pas les raisons de notre traduc-

{xv, 22). Ce même Siméon fut crucifié sous Trajan (98-117), âgé de cent vingt ans. Deson grand âge, Eusèbe conclut qu'il avait bien pu voir et entendre le Seigneur; d'autant plus, ajoute-t-il, qu'il est question, dans l'Evangile, d’une Marie (femme) de Cléophas (— Clopas), de laquelle Siméon est né. À cette même

époque, survivaient d’autres parents du Sei-

tion. «) L'adverbe r#lw, mis ici en évidence, ne saurait souligner le fait banal qu’on donna un successeur à Jacques; au contraire il tombe bien sur la circonstance, assez remarquable, que le second évêque de Jérusalem fut, comme le premier, un cousin du Seigneur. b) La construction

ÉTpoiferrs Téyres OyTo. dos huor Tob xUptoU Êeÿrepor invite naturelle-

ment à rapporter deurspo à dsl plutôt qu'à iréexers: ; cet accord apparait comme nécessaire quand on réfléchit que le verbe rps-#u n’est pas un synonyme de rpoïcrut, x0iorqme,

“xls Où xzuprros (établir, constituer, préposer, ordonner),

mais qu'il veut dire donner la préférence à. Or, la raison pour laquelle on préféra Siméon à tout autre, c’est qu'il serait un second cousin du Seigneur sur le siège de Jérusalem. c) En rapportant «755 à pis plutôt qu'à ‘IsxcGc,

“nous ne faisons que suivre le mouvement général de la

phrase ; mais, à la rigueur, Siméon pourrait être le fils de l'oncle paternel de Jacques, tout en restant le cousin du Seigneur, Nous aurons à parler plus bas du sentiment de ceux qui voient dans Marie, mère de Jacques, la sœur tout à la

fois de Clopas, père de Siméon, et de Joseph, père putatif de

Jésus. Que Clopas fut frère de Joseph, c’est ce qui est affirmé par Eusèbe, sur le témoignage même d'Hégésippe

HT /xr; cf. 32).

té

D'où il suit que, sous la plume d’ Hégésippe, et conséquemment d'Eusèbe, le terme 26:56: est ici un équivalent d'éspu:, et que la parenté de Jacques avec le Seigneur ne diffère pas essentiellement de celle de Siméon,

gneur, notamment les petits-fils de Jude, « dit le frère du Seigneur selon la chair » (1, 32; cf. 11 et 20). Déja, sous le règne de Domitien (81-96), on les avait traîinés devant le tribunal impérial, comme étant descendants de David et parents du Chrisl; mais l’empereur avait donné l’ordre de les relâcher, estimant que ces paysans ne faisaient courir aucun danger à son autorité sur la Judée (rx, 20).

Aux textes de Josèphe et d'Hégésippe, des auteurs joignaient volontiers un fragment pré-= sumé de Papias de Hiérapolis?. On reconnait assez généralement aujourd’hui que le docu= ment n’est pas authentiqueÿ.

! Des quatre personnages appelés dans le N. T. « frères, du Seigneur », Joseph est le seul dont la tradition du n° sie“ cle ne dise rien. Peut-être est-il mort de bonne heure? M

2 Cf. le n° 2397 des MSS. de la Bodleian Library d'Ox ford ; reproduit dans Micxe, P. G., V. 1261-1260.

3 L'authenticité acceptée par Mi, The accounts of ou Lord's Brethren in the N. T. indicated, (1843), p. 238, es regardée comme très douteuse par le P. Coruy, Les frère du Seigneur, dans les Etudes religieuses, 1898, t. I, p.15 Quant à M. Vicouroux, Les Livres saints et la crit. rat. IV, 2°p.(1891),p. 497, après J. B. LiGrroor, op. cit., p.273 il y voit l’œuvre d'un grammairien du nom de Papias, qu vivait au xI° siècle,

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