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identifie, en passant, Jacques l’auteur de l’épitre catholique avec le frère du Seigneur. De la sorte, Joseph serait le seul des frères du Seigneur qui n'aurait pas eu l'honneur de compter parmi les Douze.
Il s’en faut pourtant que ce sentiment soit recu de tous. Sur le point de savoir s’il y a eu des apôtres parmi les frères de Jésus, deux écoles sont en présence. Le P. Corluy a fidèlement exposé et discuté les arguments qu'on a fait valoir de part et d'autre. Ces deux écoles, écrit-il, « nous les appellerons : l’une, l’école patristique, l’autre, l’école exégétique. La première appuyée surtout sur l'autorité des Pères, dénie absolument aux cousins de Jésus la qualité d’apôtres; la seconde croit trouver dans les textes de l’Ecriture des éléments suflisants pour pouvoir aflirmer, malgré le sentiment contraire de plusieurs saints Pères, que deux,ou peut-être trois des « frères » de Jésus firent partie du collège apostolique. Chacune des deux écoles compte
font la fête de l'Apôtre Jacques, fils d'Alphée, le g oct. ; celle du frère du Seigneur le 23 du même mois. Il est à remarquer que dans les plus anciens martyrologes romains, on fait mention de Jacques, fils d'Alphée, le 22 juin ; quant à Jacques de Jérusalem, son ordination est commémorée le 28 décembre, et sa mort le 25 mars.
1 Sess. IV, decr. Sacrosancta; Sess. XIV, cap. 1, de Extr. Unct. (DENAINGER, Enchirid., 786).
dans son sein des savants distingués. La première est surtout représentée par les Bollandistes Henschenius, Stiltinck et Van Hecke; dans la seconde se réunissent au célèbre critique Le Nain de Tillemont, les interprètes les plus autorisés : Patrizi, Tolet, Lucas de Bruges, Maldonat, Beelen, Liagre, Adalbert Maier, Drach, Windischmann, Hengstenberg, etc-à ».
Au contraire, la virginité de saint Joseph, soutenue par saint Jérôme, n'a pas tardé à devenir un sentiment commun dans l'Eglise latine; tellement que saint Pierre Damien pouvait écrire, au xi° siècle, « qu’il était l’expression de la foi de l'Eglise?». Saint Thomas rejette positivement comme « fausse » l’exégèse qui fait des frères du Seigneur des enfants de saint Joseph.
Le P. Petau se montre moins catégorique ; à ses yeux, la virginité de saint Joseph est seulement une doctrine plus vraisemblable #.
Après la confirmation de deux siècies donnée par la piété des fidèles à cette pieuse croyance, le sentiment du docte théologien
1 CorLuy, op. cit., p. 145.
2 « Ecclesiæ fides est, ut virgo fuerit et is qui simulatus est pater », Opusc. XVII, 3. Miane, P. L., CXLV, 384.
3 Comment. in epist. ad Galat., cap. 1, lect. v.
4 De Incarnat., XIV, au, 13: t. VII, p. 254.
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paraît timide à l'excès, et, tranchons le mot, insuffisant. Aussi bien, le P. Corluy va plus loin, quand il écrit : «Le sens catholique s’est définitivement prononcé pour l’idée du grand interprète (saint Jérôme). Il serait désormais téméraire de révoquer en doute la perpétuelle virginité de l'époux de Marie ».
1 Op. cit., p. 16.