AVANT-PROPOS IX
de ce qu’on voudrait laisser tomber, au nom de prétendues exigences de l’esprit moderne.
L'autre réponse plus directe, mais moins concluante sur tel ou tel point, consiste dans la justification historique du contenu de nos textes. Les faits qui s’y trouvent consignés présentent assez de garanties pour que leur vérité reste croyable, malgré le caractère merveilleux dont la plupart sont marqués. La continuité des témoignages, le contact qu’ils prennent avec les événements écartent l’hypothèse du mythe proprement dit; mais, nonobstantce jugementsommaire, le récit de l'Enfance soulève des difficultés de détail qu’une exésœèse purement critique ne résoudra pas, à l'entière satisfaction de tous.
D'autre part, accorder la possibilité d’une intervention surnaturelle, ce n’est pas s'engager à admettre la réalité de tous les miracles possibles, mais de ceux-là seulement dont l’existence est dûment attestée. Et sur ce terrain, il se pose, même pour le croyant, plus d’une question, qu’on ne tranche pas en disant que les textes concernant l'Enfance sont inspirés et exempts de toute erreur. Encore faut-il connaître le sens et la portée exacte de ces textes. Par exemple, quelle valeur les évangélistes ont-ils reconnue aux généalogies de Jésus-Christ? L'interprétation traditionnelle
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ne fait pas de réponse ferme à la question. C’est un point, — etil n’est pasle seul, — qui relève des investigations de l’exégèse historique.
Nous avons divisé le sujet comme il suit:
1° Attaque et défense d'ensemble; 2° Histoire du dogme de la naissance virginale de Jésus- Christ; 3° Ses modernes adversaires; 4° Critique détaillée du texte évangélique; 5° Comparaison des Evangiles avec le reste du Nouveau Testament; 6° Crédibilité positive et valeur historique des textes canoniques concernant l'enfance de Jésus.
La présente étude n’est pas une simple reproduction des articles parus dans la Æevue pratique d’'Apologétique (d’octobre 1906 à juillet 1907). En maints endroits, nous avons remanié et complété notre texte primitif.
Pour permettre au lecteur de suivre aisément les discussions dans lesquelles nous aurons à entrer, nous donnons, tout d’abord, la traduction littérale des deux premiers chapitres de saint Matthieu et de saint Luc, faite sur l'édition critique de Eb. Nestle (1906).
L'auteur tient à remercier M. Yves de la Brière et M. Louis Mariès, qui ont bien voulu surveiller l'impression de ce volume.
Ore Place, Hasrines.
8 Septembre 1907.