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service très nombreux et qui, seul, durant neuf jours, pouvait pénétrer dans la chambre hermétiquement close, éclairée par la faible lueur d une bougie placée près du lit l. Outre les femmes de la reine, le premier médecin, le premier chirurgien, le premier apothicaire, les chefs du gobelet, etc., veillaient de même neuf nuits de suite sans se coucher2.

Toutes les reines se soumettaient à la cérémonie des relevailles, mais le plus souvent sans se rendre à l'église. Anne d'Autriche, accouchée le 5 septembre, voulut être relevée le 20. Philippe deCospéan, évèque de Lisieux, vint dire la messe dans sa chambre. « Après l'offertoire, la reine se leva de son drap de pied tendu à la ruelle de son lit, et prenant le Dauphin entre ses bras, elle l'offrit à Dieu comme un bien qu'elle avoit reçu de luy. La messe achevée, la Reine, qui avoit reçu la sainte communion, reprit une seconde fois le Dauphin entre ses bras, et l'ayant présenté è l'évéque, ce prélat Iny mit l'étole sur la tête et récita sur luy l'évangile de saint Jean3. »

1 Dionis, Traité général des accouckemens, p. 320. s Mme Campan, t. I, p. 206.

3 F.-C Mènes trier, Histoire du règne de Louis le Grand par les médailles. 1700. in-folio, p. 6.

Marie-Antoinette, après ses premières couches, vint faire ses relevailles à Notre-Dame de Paris 1 .

Les couches royales coûtaient jadis fort cher au Trésor. La reine profitait de l'occasion pour se commander une foule de riches vêtements qu'elle n'avait point à paver, car tous les frais faits en cette circonstance étaient portés à un compte spécial appelé compte de cjésine.

Depuis Louis XI 2, le fils aîné du roi porta le nom de Dauphin; cependant le fils aîné de Louis XIV fut presque toujours désigné par le titre de Monseigneur . Le frère aîné du Dauphin était dit Monsieur, sans autre qualité. On appelait Enfants de France les fils, filles, petitsfils, petites-filles, neveux et nièces du roi. Les frères et sœurs du Dauphin appelé au trône conservaient leur titre et le transmettaient à leurs enfants. Les autres membres de la famille royale étaient dits seulement PRINCES et princesses du sang. Les Enfants de France étaient ducs de Bourgogne, d'Orléans, de

1 Campan, t. I, p. 207.

2 Voy. J. <lc Pétigny, Notice sur Jacques Brunier, chancelier d'Hutnbert II, Dauphin de Viennois. Dans la Bibliothèque de l'École des chartes, t. I (1839), p. 283.

Normandie, d'Anjou, dAlençon, de Valois, de Touraine , de Bretagne, de Berry, etc. Ainsi que le roi, ils signaient seulement leur prénom, suivi des mots de France.

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