II. Credo
D. Credis in Spiritum sanctum, Ecclesiam catholicam, Sanctorum communionem, remissionem peccatoruin, carnis resurrectionem, vitam aeternam post mortem?
R. Credo.
Ces demandes et ces responces estans ainsi achevées, Mgr le Dauphin récita seul et devant l'assistance le Pater, l'Ave Maria et le Credo '. Mais ce fut avec une telle grâce que, seul, il respondit à ces demandes et qu'il récita ainsi sa créance, qu'il n'y avoit aucun des spectateurs qui, en une action
1 Héroard, médecin du Dauphin, écrivait le même jour tlans son Journal : u A huit heures, levé, vêtu de son habit de satin blanc pour le baptême. A neuf heures trois quarts déjeuné, mené chez le Roi et la Heine... Craint de partir pour le baptême, craignant qu'on lui jetât de l'eau : le Roi lui en avoit donné l'appréhension; on l'assure. A quatre heures, parti de sa chambre avec les cérémonies et ordre donnés par M. de Hhodes, grand maitre des cérémonies. Il arrive sous le poêle où étoient les fonts. A cinq heures et demie, il est baptisé, nommé Louis... M. le cardinal de Gondi baptisa, c'est-à-dire qu'il fit les restes des cérémonies. II l'interrogea, et il répondit à propos, ouvre sa poitrine pour y recevoir l'huile; M. de Monlpensier lui baissa le collet pour y recevoir le chrême sur les épaules; il se prend à sourire disant : « Velà qu'est fraid. » Au sel, il dit : « Il est avalé, je le treuve bon. » Tome I, p. 211.
si chrestienne et si royale, ne larmoia de joye et ne fut saisi d'un profond ravissement d'admiration et d'amour, voyant en un âge si bas et si tendre comme celuy de Mgr le Dauphin une gayeté et une bonté d'esprit si relevé et si asseuré
Un festin suivit la cérémonie. Le roi avait à sa droite le légat et à sa gauche la reine. Les princes de Gondé, de Gonti et de Montpensier servaient le roi ; le duc de Vendôme, le duc de Guise et le prince de Vaudemont servaient la reine2. Un bal termina la journée, et de grandes réjouissances eurent lieu le lendemain. « Le duc de Sully, ayant fait faire un chasteau artificiel plein de fusées, boëstes et autres artifices à feu, le fit assiéger, battre et prendre par des satyres et sauvages en cette belle plaine qui est hors de Fontaine-bleau, du costé du Levant, à la veuë de douze mille personnes 3. »
1 Voy. Cérémonies observées au baptesme de Mgr le prince Dauphin et de mesdames ses sœurs. Ensemble V ordre des princes, princesses rt grands seigneurs, avec leurs noms et qualitez. Plus, les nom s des parrains et marraines, avec leurs cjualitez, et en quelles cérémonies ils marchoient. 1606, in-12.
s Voy. Le triumphe et cérémonies du baptesme de Mgr le Daulphin. S. d., in-12.
3 Voy. De la cérémonie gardée au baptesme du Roy Louis XIII, etc. Dans le P. Anselme, Le palais de l'honneur, p. 235.
Ce grand événement fut célébré, en prose et en vers, dans de nombreux écrits qui nous ont été conservés. La nature s'émut aussi, et des signes évidents de son trouble apparurent dans le ciel la veille et le lendemain de la solennité. Ceux qui seraient curieux de les connaître les trouveront dans un très rare petit livret publié sous ce titre : Les signes merveilleux apparus au ciel devant et un jour après les cérémonies du baptcsme de Mgr le Dauphin, célébrées à Fontaine- Bleau . Avec l'exposition des plus grands astrologues de ce temps et autres prophéties admirables1. L'auteur conclut ainsi : « Ce sera donc ce grand prince Louys XIII, du noble sang de France, qui recevra la couronne impériale d'Allemagne, réparera le dégast que les Turcs ont faict à la Hongrie, et enfin brisera les cornes de ce superbe empire des Otthomans, le fléau des cbrestiens. »
Il faut noter ici que quand le roi ou le Dauphin acceptaient d'être parrains, ils n'assistaient pas toujours à la cérémonie; le plus souvent, ils se faisaient représenter. Toutefois, les exceptions n'étaient pas fort rares. Ainsi,
Paris, 1600. in-12.
en 1757, Louis XV en personne tint sur les fonts le fils de Bontemps, son premier valet de chambre 1 .
Louis XIV fut ondoyé le jour de sa naissance, dans la chambre même où il était né, par Séguier, évêque de Meaux et premier aumônier. Assistèrent à la cérémonie : le roi, son frère, le chancelier de France « et plusieurs autres seigneurs et dames qui accouroient en foule, comme à la veuë d'un miracle "2. »
Le baptême eut lieu seulement le 21 avril 1643. Le petit prince entrait donc dans sa cinquième année. Louis XIII avait désiré que le pape acceptât d'être parrain, et qu'il se fît représenter par Mazarin, qui eût reçu la pourpre à cette occasion. Le souverain Pontife y consentit après quelques hésitations 3, et la cérémonie eut lieu en grande pompe au château de Saint-Germain-en-Laye. Une relation officielle la décrit ainsi :
Ce fut sur les quatre ou cinq heures du soir du raesme jour que se fit cette royale et saincte céré-
' Voy. duc de Luynes, Mémoires, 16 mars 1756, t. XIV, p. 463, et 4 juillet 1757, t. XVI, p. 73. â Voy. ci-dessus p. 124.
3 Richelieu, Mémoires, édit. Micliaud, p. 326
monie, dans la belle chapelle du vieil chasteau de Sainct-Germain en Laye. En cet ordre :
Monseigneur le Dauphin, vestu par dessus son habit ordinaire d'une robhe de taffetas d'argent, marchoit devant la Ueyne, et la marquise douairière de Lansac, sa gouvernante, derrière sou Altesse royale. Après la Keyne, suivoient Chariot le Marguerite de Montmorency, princesse de Coudé; madame Anne de Montafié, comtesse de Soissons; madame Anne de Bourbon, duchesse de Longueville, et les autres princesses et dames de la Cour.
La Reyne et monseigneur le Dauphin estans arrivez en celte royale chapelle, dont le chœur et la nef, le jubé el les galeries et tribunes estans remplis de plusieurs seigneurs et dames quiestoient venus pour voir cette auguste cérémonie, la musique du Roy chanta un motet ravissant.
Pendant lequel la Ueyne, s'estant mise de genoux sur son prie-Dieu, garny de son drap de pied et carreaux de veloux rouge cramoisy à franges d'or, et monseigneur le Dauphin aussi à genoux auprès de sa Majesté et à sa droite; la princesse de Condé se tenant aussi à genoux à sa gauche : monsieur
l'évesque de Meaux sortit de la sacristie, et
après avoir adoré le très-sainct sacrement qui estoil exposé sur l'autel orné de très-riches paremens, il s'approcha du prie-Dieu de la lîevue. Laquelle luy présenta monseigneur le Dauphin, qui fut ensuite eslevé par la marquise de Lansac sur l'appuy ou accoudoir dudit prie-Dieu
Alors la Reyne, tenant par derrière mondit seigneur le Dauphin, qui parut beau comme un ange
et fit voir en toute cette saincte action une modestie et retenue extraordinaire à ceux de son âge, l'évesque de M eaux, ayant salué sa Majesté, la mitre en teste, demanda aux parain et maraine le nom que l'on vouloit donner à ce prince. La princesse de Gondé ayant fait grand compliment à son Éminence, puis une révérence à la Revue, le nomma Louys, suivant l'intention de sa Majesté.
En suite de quoi l'évesque continua l'office selon le rituel romain. Suivant lequel, il exorciza, bénit le sel, et en mit dans la bouche de ce prince, dixneufième Dauphin de Viennois, Louys de France quatorzième 1 du nom, qu'il récent fort pieusement et avec une humilité qui ravit loute l'assistance en admiration. Puis la Reyne luy ayant, ainsi qu'il se pratique en telles cérémonies, découvert la poitrine et les épaules, l'évesque officiant luy appliqua les sainctes huiles des catéchumènes. Et à toutes les trois fois que ce prélat luy dit : « Ludovice, abrenuncias Sathanae, pompis et operibus ejus? » Il répondit luy-mesme autant de fois : « Abrenuncio. » Comme aussi aux trois interrogations qu'il luy fit sur sa créance, selon les termes du mesnie rituel, il répondit hardiment autant de fois : « Credo. » Alors l'évesque luy déclara qu'il estoit introduit dans l'Église, et tant les parain et maraine que ce prélat et tous les assislans récitèrent avec son Altesse royale, à haute voix, le symbole des apostres et l'oraison dominicale. Puis l'évesque, obmettant l'infusion de l'eau (qui avoit
1 II y a dans le texte «< quatrième. «
esté faite à ce prince dès le jour de sa naissance le dimanche cinquième de septembre mil six cens trente-huit, et qui ne se réitère jamais), la Reyne luv découvrant la leste, l'évesque luy eu oignit le sommet avec le sainct cresme. Ce fait, il luy mit sur la teste le cresmeau, récitant aussi les mots du rituel .sur ce suj 't, et luy présenta le cierge allumé, que son Altesse prit elle-mesme à deux mains, et. le tint seule durant le reste de la cérémonie.
A la fin de laquelle l'évesque officiant monta à l'autel, et donna la bénédiction solennelle, que toute l'assistance récent à genoux. Et la musique du Roy chanta encore en suite le Regina cœli, etc.
Puis chacun s'en retourna, merveilleusement satisfait d'avoir assisté à cette sainte et auguste cérémonie, laquelle fut fermée par un remerciement que ce prince vint faire jusque dans la sacristie à l'évesque qui l'avait baptisé '.
J'ai dit un mot déjà de la catastrophe qui terrifia la Cour au début de Tannée 1712. La duchesse de Bourgogne tombe subitement malade, puis meurt le 12 février, à vingt-six ans. Six jours après, son mari, héritier présomptif de la couronne et âgé de trente ans à peine, suit la duchesse dans la tombe. Le 8 mars, leur fils aîné, Louis, duc de Bretagne, est emporté à son tour. Un seul enfant survivait ", celui qui fut Louis XV.
1 Godefroy, t. II, p. 245.
5 Le duc de Bourgogne avait eu, en 1704, un premier
Né à Versailles le 15 février 1710, il fut ondoyé le jour même, par le cardinal de Janson, grand aumônier de France. On le fit duc d'Anjou, et le duc de la Vrillière lui porta le cordon bleu dans son berceau. Atteint, en 1712, de la mystérieuse maladie qui décima sa famille, on s'empressa de le faire baptiser. Ce sacrement lui fut administré dans son lit, le 8 mars, par i'évêque de Metz, premier aumônier du roi. il eut pour parrain Louis- Marie, marquis de Prie, colonel d'un régiment de dragons, et pour marraine Marie-Isabel- Gabriellede La Mothe Houdancourt, duchesse douairière de La Ferté-Saint-Nectaire 1 .
Les premiers enfants que Marie Leszcinska donna à Louis XV furent trois filles, dont deux jumelles. Enfin, le 4 septembre 1721), elle accoucha d'un Dauphin, Louis de France, qui ne régna pas2, mais fut père de trois rois : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Elle eut ensuite un fils 3, qui mourut à trois ans, puis une fille née en 1732. Tous ces enfants
enfant, fait aussi duc de Bretagne, et qui était mort en 1710.
1 Dangeau, Journal, 15 février 1710, t. XIII, p. 102. — Saint-Simon, Mémoires, t. Vil, p. 270. — Anselme, Histoire généalogique) t. 1, p. 181.
2 11 mourut en 1765.
3 Philippe duc d'Anjou.
Furent, selon L'usage, oncloyés au moment de leur naissance. Pour le Dauphin, l'officiant fut le cardinal de Rohan, grand aumônier de France. Le roi assista à La cérémonie. Quand elle Put terminée, il dit au duc de Villeroi, capitaine des gardes du corps : « Duc de V illerov, conduisez le Dauphin dans son appartement; c'est le seul cas où mon capitaine des gardes peut me quitter. » Aussitôt après, le marquis de Breteuil, maître des cérémonies, déposa sur le berceau le cordon et la croix de Tordre du Saint-Esprit que Mme de Ventadour 1 passa au cou de l'enfant2.
En 1737, Louis XV résolut de faire baptiser, le même jour, les quatre aînés de ses enfants. C'étaient :
Marie-jLoui'se-Elisabeth , née le 14 août 1 727 l.
Anne-Henriette, née le 14 août 1727 4.
Le Dauphin Louis.
Marie- Adélaïde, née le 3 mai 1732 5.
1 Gouvernante des enfants de France.
- Mercure de France, n° de septembre 1729, p. 2050.
3 Elle épousa Philippe de Bourbon, hls de Philippe V, roi d'Espagne, et mourut à Versailles le 6 décembre 1751).
4 Morte le 10 février 1752.
* Morte a Triestc en 1800.
En 1737, Louis XV avait encore trois enfants :
La cérémonie eut lieu le 27 avril. Le Dauphin, tout vêtu de blanc, portait « un habit de brocart d'argent avec un point d'Espagne d'argent '. » Le cardinal de Hohan officia.
Les parrains et marraines furent :
Pour le Dauphin, le duc d'Orléans et la duchesse douairière de Bourbon.
Pour madame Louise, le duc de Chartres et la princesse de Conti.
Pour madame Henriette, le duc de Bourbon et mademoiselle de Nantes.
Pour madame Adélaïde, le comte de Gharolais et mademoiselle de Glermont2.
En 1749, Louis XV fut parrain d'un enfant dont était accouchée Mme La Tour, belle-fille du concierge de Fontainebleau ; Marie Leszcinska fut marraine. « C'est là une grâce, écrit le duc de Luynes, que le roi accorde ordi-
FtcfoiVe-Louise-Marie-Thérèse, née le 11 mai 1 733, morte à Trieste le 7 juin 1799.
So/:>/ue-Philippine-Elisabeth-Justine, née le 27 juillet 1734, morte le 3 mai 1782.
N..., née le 16 mai 1736, morte en 1744.
Au moment du baptême, la reine était encore enceinte. Elle accoucha, le 5 juillet, d'une rille qui fut nommée Louise-Marie, et qui mourut au couvent des Carmélites de Saint-Denis le 22 décembre 1787.
1 Duc de Luynes, avril 1737, t. I, p. 22(5
2 Gazette de France, n° du 4 niai 1737, p. 215.
nairement aux concierges de ses maisons royales 1 . »
J'ai raconté dans quelles conditions s'était produite la naissance de Louis XVI 2, qui ne semblait pas alors destiné à devenir Dauphin 3. Au moment de sa naissance, ni le grand aumônier de France, ni le premier aumônier du roi n'étaient présents. Il fut ondoyé par l'abbé deChabannes, aumônier de service, en présence d'un vicaire de l'église Notre-Dame de Versailles 4 . Le lendemain, M. Rouillé, trésorier de l'ordre du Saint-Esprit, apporta « deux colliers de l'ordre, pour que le Roi en choisît un, pour passer au col du nouveau né. C'est la règle à tous les Enfans de France, et c'est lui-même qui lui passe le cordon 5. »
En 1 7 78, Marie-Antoinette eut son premier enfant, Marie-Thérèse-Gharlotte, dite Madame
1 Novembre 1749, t. X, p. 27.
2 Voy. ci-dessus p. 156.
3 II était le cinquième enfant et le troisième des fils du Dauphin Louis, fils de Louis XV.
1 Harbier, Journal, 23 août 1754, t. VI, p. 47.
5 Duc de Luynes, 25 août 1754, t. XII, p. 321. — Le duc ajoute : « Il y a une autre rèjjle cpie je ne savois pas; c'est que, lorsque la Reine perd quelqu'un de ses enfans, c'est le Roi qui doit lui en apprendre la nouvelle. On me contoit hier que la feue Reine Marie-Thérèse dit à quelqu'un qui lui annonçoit la mort d'un de ses enfans : « Gela ne peut pas être vrai, car le Roi ne me l'a pas dit. »
■280 LA VIE PRIVKl. D'AUTREFOIS.
Royale 1 . Le Mercure de France fit alors remarquer que « contre l'ancien usage qui reculoit à quelques années le baptême des Enfans de France, qu'on se contentoit d ondoyer, la princesse fut baptisée le jour même, à deux heures après midi ". » Le cardinal de Rohan, grand aumônier, officia, assisté du curé de Notre-Dame. L'enfant fut tenu sur les fonts, au nom du roi d'Espagne, par le comte de Provence. Celui-ci avait été bien préparé à son rôle, comme le prouva un incident qud les Mémoires secrets ne manquèrent pas d'enregistrer :
Le grand aumônier ayant demandé au prince quel nom il vouloit donner à l'enfant, Monsieur a répondu : « Mais ce n'est pas par où l'on commence ; la première chose est de savoir quels sont les père et mère : c'est ce que prescrit le rituel. » Le prélat a répliqué que cette demande devoit avoir lieu lorsqu'on ne connaissoit pas d'où venoit l'enfant, qu'ici ce rfétoit pas le cas, et que personne n'ignoroit que MaJ îme étoit née de la reine et du roi. Son Altess • royale non contente s'est retournée vers le curé de Notre-Dame, présent à la cérémonie, a voulu avoir son avis, lui a demandé si, lui curé, plus au fait de baptiser que le cardinal, ne
1 Elle épousa, en 1799, son cousin le duc d'Angoulcmc.
2 N° de janvier 1779, p. 108.
trouvoit pas son objection juste. Le cure a répliqué avec beaucoup de respect, qu'elle étoit vraie en général; mais que dans ce cas-ci il ue se seroit pas conduit autrement que le grand aumônier : et les courtisans malins de rire. Toul ce qu'on peut inférer de là, c'est que Monsieur a beaucoup de goût pour les cérémonies de l'Église, est fort instruit de la liturgie, et se pique de connoissances en tout genre
Le Dauphin, né trois ans après2, fut également baptisé le jour même de sa naissance. « On l'adoroit, on le suivoit en foule dans son appartement. Un archevêque voulut qu'on le décorât d'abord du cordon bleu, mais le Roi dit qu'il falloit qu'il fût chrétien premièrement 3. » L'enfant eut pour parrain son grand père François I", empereur d'Autriche, qui fut représenté par le comte de Provence, et pour marraine la princesse de Piémont', représentée par madame Elisabeth, sœur du roi. Aussitôt après la cérémonie, le comte de Vergennes lui apporta le cordon bleu de l'ordre
1 Tome XIII, p. 251.
9 Louifr-Joseph-Xavier-François, né le 22 octobre 1781, mort à Mcudon le 4 juin 1789.
3 Récit du comte de Stedingk, dans Gustave III et la cour de France, t. I, p. 353.
* Marie- Adélaïde - Clotildc-Xavièrc , tille du Dauphin Louis, tils de Louis XV.
du Saint-Esprit, et le marquis de Se'gur, ministre de la guerre, la croix de Saint-Louis 1 .
Tant d'honneur ne l'empêchèrent pas de mourir à huit ans et demi, et l'on est tenté de l'en féliciter quand on pense au sort qui attendait son frère cadet, le duc de Normandie.
Il était né à Versailles le 27 mars 1785, et avait été baptisé le même jour dans la chapelle du château. Le comte de Provence fut son parrain, et madame Élisabeth sa marraine, au nom de la reine des Deux-Siciles, sœur de Marie-Antoinette. Louis XVI et le duc de Chartres étaient présents. L'enfant, qui devait plus tard porter le nom de Louis XVII, reçut aussitôt l'ordre du Saint-Esprit2. On sait qu'il mourut au Temple le 8 juin 1795.
1 Mercure de France, n° de novembre 1781, p. 21.
2 Mercure de France, n° d'avril 1785, p. 82.