MAGASIN PITTORESQUE
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même, car l'enfant n'a jamais connu les nuances qui différencient les écoles. Z/ a peint ce qu’il a vu. Voilà l'école où il est né et où il a vécu sa petite vie. Seulement, vers la fin, comme nous l'avons dit, il s’est appliqué à la recherche du procédé. Toutes ces études (ses tableaux en définitive ne sont que cela) constituent, pour les artistes qui pensent, une leçon des plus profitables, car on peut y voir ce qui ne s'est pas encore produit : la manifestation d’une intelligence dans sa pureté native et n'ayant subi l'influence d’aucun contact extérieur. Une situation semblable ne s'est jamais rencontrée dans la vie des arts, et c’est pourquoi nous y attachons une importance spéciale. Fritz, dans son œuvre, est donc une étude à faire.
Fritz ne sut jamais peindre autre chose que le paysage quil jetait pour ainsi dire en une fois sur son panneau, ainsi que nous l'ont déclaré ceux qui l'ont vu travailler, entre autres Victor Van Hove. Le 31 août dernier (1874), Edouard Richter, le puissant coloriste français, eut accidentellement l’occasion de voir une vingtaine de panneaux de Fritz et il félicita le propriétaire de posséder des esquisses de Théodore Rousseau en si grande quantité. On eut toutes les peines du monde à détromper Richter, et, quand il connut la vérité, l'artiste ne put s'empêcher de verser une larme sur tant d'avenir évanoui. Différentes appréciations semblables se sont produites en présence des œuvres que nous examinons et les noms des plus grands peintres naturalistes ont été tour-à-tour évoqués à ce propos.
Dans la plupart des panneaux on voit une minus-
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cule silhouette noire figurant un enfant assis, marchant, pêchant ou couché. Cette petite marque est de la main du père qui a mis l'ombre de son enfant au sein de l’œuvre mélancolique où survit son génie.
Il nous est impossible de donner à nos lecteurs une idée matérielle des travaux de Fritz, les arts de reproduction étant encore insuffisants à l'interprétation exacte de sa touche et de l'impression que la tonalité donne à ses paysages. C'est surtout sous ce dernier rapport que la reproduction est impuissante. C’est l'accent que possédait Fritz et non la ligne (1).
Nous avons dit que le jeune peintre serait devenu, en supposant que ses progrès se fussent régulièrement et mathématiquement accentués, le plus grand paysagiste du monde... Nous désirons ardemment que cette opinion soit contrôlée. Une exposition publique permettra ce contrôle ; elle révèlera au pays ce Pic de la Mirandole de l’art. Plus malheureux que lui, notre enfant sublime mourut vingt ans plus tôt, non moins digne de la légitime célébrité dont nous demandons aujourd’hui à la patrie la reconnaissance et la consécration.
La notice qui précède a été écrite au mois de septembre 1874. Afin de compléter ce qui se rapporte à l'enfant-artiste, je crois utile de consigner ici, ce qui peut offrir de l'intérêt.
(1) Nous avons modifié cette opinion comme on le verra plus loin. Nous avons aussi, malgré l'insuffisance relative des arts de reproduction essayé de donner par quelques phototypies et eaux-fortes une idée plus ou moins exacte
du talent et de la manière de Fritz. Des explications ont été fournies à ce sujet à la suite de notre Zntroduction.
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Ma notice a été rédigée au moyen de renseignements communiqués par le père, par ceux qui ont connu Fritz et aussi en ayant sous les yeux le tiers environ des tableaux exécutés par lui. Voulant me rendre un compte plus exact encore de tout ce qui concernait l'enfant, son entourage, le milieu dans lequel il a vécu et où il est mort, je me rendis à Bruges et obtins, avec une grâce triste et charmante, de la part des parents, la faveur de vivre pendant quelques jours au sein de cette atmosphère chaude encore de la présence de Fritz.
Ce court séjour fut un attendrissement perpétuel non moins qu'un étonnement grandissant à chaque pas que je faisais dans cette maison qui, par parenthèse, est, du haut en bas, un véritable musée. On comprend ainsi comment la vocation de Fritz se forma aux toutes premières lueurs de son intelligence. Dans aucun des sept à huit cents tableaux qui ornent les murs de cet asile calme et heureux, mais d’où la joie est partie, je n'ai pu trouver le point de départ de l'accent grandiose dont les œuvres de Fritz sont toutes imprégnées. Un tableau, signé Corot, d'une tonalité et d'une fraîcheur remarquables, m'a paru pouvoir expliquer, jusqu’à un certain point, sa manière de procéder dans quelques-uns de ses tableautins, mais c'est absolument tout ce qu'il en rappelle, car ce Corot n’est que lumière et que gaieté et Fritz est toujours mélancolique et austère.
Il y a dans l'atelier du père un beau Ruysdael, posé presque à fleur de terre, près d’un van Goyen : Fritz s'est souvent couché tout de son long devant ces ta-
bleaux; c'est là aussi qu'il mettait son chevalet lorsqu'il lui arrivait de s'en servir. Je ne serais nullement étonné que ce Ruysdael eût exercé sur ses facultés une influence décisive et l’on peut, si l'on veut, retrouver dans ses travaux comme un écho lointain de la note du talent profond du grand maître.
La palette de Fritz est conservée religieusement par la famille; c'est le revers d'un ancien panneau peint, morceau de chêne carré, portant encore les dernières couleurs que l'enfant y avait posées. Cette palette, à peine dégrossie, dit tout : c'est le tableau synthétique de l'œuvre de Fritz.
Ses joujoux, sa toupie, ses billes, ses cartes, tout cela repose dans le coin d'une étagère, et l’on se sent pris d'une étrange émotion en présence des jouets maniés par la main de cet être enfantin qui, entre deux tours de toupie, plaçait un chef-d'œuvre comme si de rien n'était. Parmi ces objets délaissés se trouvent aussi deux morceaux de marbre. Voici ce qu'en faisait l'enfant, à l'âge de 8 ans. Il mettait de sa salive sur l'une de ces plaques, et, avec l’autre, il frottait et obtenait ainsi certaines indications bizarres qu'il regardait longuement et dans lesquelles il trouvait des motifs qu'il essayait d'expliquer aux personnes de son entourage.
En hiver, le givre des fenêtres était pour lui l'objet d’une constante préoccupation. Il paraît certain qu'il a trouvé dans les capricieuses et fugaces solidifications de l’eau plus d’un thème dont il s'est servi.
Je n'ai rien à diminuer de l'appréciation donnée dans ma notice. Loin de là : je dois même dire ici que depuis que j'ai été mis en présence de l'œuvre
entière de Fritz, mon enthousiasme a encore grandi. Je n'avais, en effet, examiné qu'un quart environ de ses travaux, et, par des circonstances de hasard, je n'avais pas eu sous les yeux ce qui méritait, non pas d'être le plus vu, mais ce qui devait être comparé aux œuvres de 1872 et de 1871. Je veux parler du contingent de 1873.
Ce que je dis ici est nécessaire et complète ce que j'ai écrit dans ma notice au sujet de la troisième manière de Fritz. J'ai été trop exclusif en m'exprimant comme je l'ai fait, mais je n'avais alors sous les yeux que quelques panneaux qui m'ont inspiré cette opinion. Aujourd'hui, mieux renseigné, je la modifie en n'affirmant plus que la pratique allait tuer la poésie. J'avais pensé que l'enfant avait l'accent mais ne possédait pas la ligne. Je m'étais trompé et n’en veux pour preuve que cette majestueuse Lisièrede forét à laquelle il travaillait encore la veille de sa mort et qui se trouve reproduite dans ce volume. Ce tableau, un des plus grands de Fritz, a figuré à l'exposition du Cercle artistique de Bruxelles. Ce que j'ai vu à Bruges m'autorise à penser que l'enfant, plus complet encore que je ne l'avais cru, possédait l’accent et la ligne. Aujourd'hui les preuves abondent.
J'ai dit que son œuvre montait à 350 panneautins. Avec les études, esquisses, ébauches, etc., ce chiffre s'élève à près de 600 et pourrait monter plus haut si on tenait compte d'une considérable quantité d'essais dont beaucoup n'ont été découverts que depuis les recherches faites dans tous les coins etirecoins de la maison paternelle. Je dois enfin corriger ce que j'ai
avancé au sujet d'un panneau qui fait penser à Salvator Rosa; ce n'est pas un des rares grands qui soient sortis de sa main. J'en ai trouvé à Bruges de plus grands, une vingtaine environ. Quand j'écrivis ma notice je n'avais vu qu'un panneau de 1870. Depuis, jen ai examiné vingt à trente, tous dans le même sentiment plus ou moins développé.
Je ne quitte qu'à regret ce doux et triste thème, mais avant, je tiens à consigner ici quelques détails qui m'ont été révélés pendant mon séjour à Bruges.
Fritz, mort d'une lésion au cerveau, devait être né avec le germe de son mal; c'est du moins ce qu'on est autorisé à croire. [Il plaçait souvent ses mains sur le haut de sa tête; 1l y plaçait également et comme d'instinct, tout objet qu'on lui donnait.En promenade, il prenait le bras de son père ou celui de sa mère et l'élevait jusqu'au sommet de sa tête. Chez lui, le plus souvent, au lieu de s'asseoir, il se couchait à terre et posait sa tête sur le sol comme pour y chercher de la fraicheur. Un jour quelqu'un lui releva brusquement les cheveux qui tombaient sur son front; il souffrit cruellement de cet acte accompli sans mauvaise intention. On le voit, le siége du mal et de la mort était dans le cerveau et les spécialistes n'auront aucune peine à partir de là pour expliquer le phénomène.
Ce nest pas tout. Fritz était musicien à sa manière. Malheureusement, sous ce rapport, il ne put être observé. On m'a dit dans le voisinage que l'enfant avait une voix divine (sic) et qu'il chantait sur des tons intraduisibles et inexplicables des mélodies qui faisaient sangloter. Il se taisait brusquement dès qu'il se savait
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écouté. Rien dans ce qu’il modulait ne rappelait quoi que ce fût et ceux qui, des jardins voisins, entendaient Fritz chanter, regardaient instinctivemant le ciel comme si le chant venait de là...
Quant à l'intelligence de l'enfant, il convient de garder ici le souvenir de ce qu’elle fut, au risque de me répéter. On verra plus loin qu'afin de diminuer la valeur de Fritz, quelques personnes avaient fait circuler le bruit qu'il était hydrocéphale. On commençait à attaquer l'authenticité de son œuvre, on suspectait en même temps ses ressources intellectuelles; l’incrédulité à l’ordre du jour et l'esprit de dénigrement, qui caractérise malheureusement les Belges, se donnèrent pleine carrière par des violences dont on aura une idée quand on aura lu ce livre et qui expirèrent misérablement aux pieds de la vérité. |
Les réparties de Fritz étaient connues dans le voisinage de Ja maison paternelle. Je les ai recueillies tant que j'ai pu. Je les ai réunies ici à celles qui m'ont été narrées par les gens de la maison. Rien de ce qui intéresse l'enfant de Bruges ne saurait être laissé de côté; certaines des réparties qui vont suivre ont des nuances qui feront peut-être sourire quelques-uns. Tant pis pour eux. Il n’en sera pas de même de ceux dont les froides idées spéculatives et uniquement rationnelles n'ont point raccorni le cœur.
Un jour, pendant le repas, des pauvres vinrent sonner. On les renvoya avec du pain et de la viande, car la maison est connue à Bruges comme très hospitalière pour les malheureux. D'autres pauvres
vinrent sonner immédiatement après. Comme cela tournait à l'exploitation, on leur en fit la remarque et on les remit au lendemain. Fritz se leva soudainement de sa place sans mot dire, se rendit à ja cave, prit un pain et courut le remettre dans la rue aux mendiants évincés, puis vint reprendre sa place à table sans s'expliquer le moins du monde. Comme on allait lui demander compte de cette fugue inusitée, il leva la tête et vit sur le seuil de la fenêtre — c'était en hiver — des petits oiseaux cherchant anxieusement quelque nourriture : «Qui donc a soin de donner à manger aux oiseaux ?» dit-il en s'adressant à sa mère. —« Le bon Dieu, répondit celle-ci. — Fritz réfléchit quelque temps, puis levant les yeux au ciel il s'écria avec une profonde conviction : « Pourquoi alors le bon Dieu ne donne-t-il pas aussi à manger aux pauvres?»
Dès l’âge de six ans il s'occupait, avec une ténacité quelquefois fatigante, du ciel, de Dieu,et, en général, des choses immatérielles dont il entendait parler. Chaque fois qu'il rencontrait un corbillard, il le suivait le plus longtemps possible. Quand on lui en demanda la raison « C'est, dit-il, dans l'espoir d'en voir sortir une âme.» Il avait visité tous les cimetières, celui de la ville et ceux des environs; il allait partout où se faisaient des obsèques ou un enterrement; jamais, jamais 1l n'avait encore vu une âme!
Pendant l'orage, lui seul dans la maison restait calme et racontait des histoires pour distraire ceux que la peur envahissait.
Quelques jours avant sa mort, son père et lui se
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trouvaient au jardin. Le père, sous l'influence d'un noir pressentiment, le serrait plus tendrement que
d'habitude contre lui. — «Papa, vais-je donc mourir?» dit Fritz. — Pourquoi me demandes-tu cela, dit le père ému. — « Parceque vous m'aimez tant
aujourd'hui et que vous me pressez si fort contre VOUS. »
Il ne voulait pas faire de mal aux animaux; « Eux aussi, disait-il, aiment à vivre.»
Un jour des gamins le battent. Il rentre à la maison. On lui fait remarquer qu'il pouvait se défendre et riposter : — « Non, dit-il, j'ai eu peur de leur faire du mal!»
I n'avait pas de chance, disait-il; en effet, tous les petits malheurs de la vie lui arrivaient : chutes, heurts, contusions, faux pas, rien ne lui fut épargné. Si une pierre se détachait du ciel, murmurait-il, elle tomberait sur ma tête. Continuellement souffreteux sans affection grave visible, il n’eut pas une seule bonne nuit dans sa courte vie, si ce n’est la veille de sa mort. En général son sommeil était agité, il rêvait à haute voix, chantait souvent d'une manière angélique et tapait dans ses mains. Quelquefois le pauvre garçon se révoltait contre sa destinée.
Rien ne lui appartenait, tout allait aux pauvres du voisinage, il les aimait à la folie. Quand il revenait de l'école, il se faisait couper une ou plusieurs tartines énormes qu'il allait immédiatement porter dans une famille de pauvres gens, voisine de l'habitation paternelle.
Devant la maison, de l’autre côté du quai, sont les
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magnifiques arbres du séminaire. Ce sont eux qui l'ont si souvent inspiré. Il les appelait ses arbres comme certaine dune à Blankenberghe qu'il appelait sa dune. Ces arbres sont situés sur une plaine où il se rendait chaque fois que le temps le lui permettait et qu'il ne s'occupait point de peinture. C'était le rendez-vous des enfants du voisinage et avec eux il partageait gâteaux, fruits, jouets, billes, etc. Ils connaissaient l'heure de Fritz et à son arrivée c'étaient des cris, des trépignements de joie. Tous se seraient jetés au feu pour lui et on faisait tout ce qu'il désirait. Des fenêtres de la maison les parents regardaient quelquefois leur pauvre enfant, heureux de le voir un peu joyeux. Sa pâle et mélancolique tête avec ses grands yeux dominait tous ses camarades.
Un jour, il avait reçu en cadeau un accordéon. Au bout de quelques jours il avait compris l'instrument et savait le manier avec dextérité, de telle sorte qu'il en tirait d'étranges mélodies. De même qu'il ne chantait devant personne, il ne voulait point jouer de son accordéon même devant ses parents. On l'écoutait à son insu. Jamais l'idée ne lui venait de jouer un air populaire, une valse ou un motif quelconque; non, c'étaient des improvisations sur un rythme lent, d’une inspiration toujours profondément triste et d’une suavité extraordinaire. Plus d'une fois on l’a surpris tout en pleurs et quand on lui demandatt la raison de ces larmes, il répondait qu'il ne savait pas. Puis il allait peindre.
L'existence de l'enfant fut pleine de faits qui ne méritent point, dans des circonstances ordinaires,
d'être cités, mais qui acquièrent une certaine force quand ils sont révélés après la mort de celui qu'ils concernent, jetant ainsi des lueurs souvent inattendues qui éclairent et enseignent. C'est pourquoi les renseignements intimes qui précèdent et dont on pourrait sans peine multiplier le nombre, nous ont paru trouver leur place naturelle dans cette monographie.
Notre notice a été répétée ou résumée par un grand nombre de journaux belges et étrangers. En France, quelques organes quotidiens ont consacré à Fritz des articles spéciaux qu'on trouvera plus loin. La Drefsche Warande, d'Amsterdam, a traduit (sous les initiales J. M. J.),la notice en hollandais et M. Wens, instituteur à Bruges, en a publié une traduction en flamand. En Angleterre, en Irlande et en Ecosse les journaux ont signalé le fait et ont vanté l'exposition du Cercle. Je n'ai pu malheureusement me procurer ces publications.
M. Edouard Garnier, artiste peintre et dessinateur à la manufacture de Sèvres, ayant eu occasion de lire dans les journaux français l'histoire de Fritz, nous écrivit directement. Nous le mîmes en rapport avec M. Van de Kerkhove qui s'empressa d'expédier à Sèvres une vingtaine de panneautins. M. Garnier et les artistes de Sèvres furent émerveillés à la suite de cette révélation. Les lettres écrites à ce propos se trouvent dans la Troisième partie. La manufacture de Sèvres a l'intention de reproduire quelques-uns des paysages de l'enfant sur les produits de ce célèbre établissement.
Dans la séance du mois d'octobre 1874, nous
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avons soumis à la Classe des Beaux-Arts de l'Académie royale de Belgique, vingt panneautins qui ont provoqué un étonnement et une sympathie que la classe n'a cru pouvoir mieux exprimer qu'en demandant une exposition publique de toute l'œuvre. Cette communication a donné lieu à un épisode relaté dans la troisième partie de ce livre.
Le gouvernement à qui nous avons soumis ces mêmes panneaux dans la personne de M. Bellefroid, Directeur général des arts, sciences et lettres, a exprimé le même désir.
Le Cercle artistique et littéraire de Bruxelles, ayant eu connaissance de ce qui se passait, ne pouvait négliger une occasion en si parfaite harmonie avec sa mission. Aussi, son digne président, M. J. de Rongé, vivement préoccupé de cette question, se rendit à Bruges afin de s'assurer par lui-même de la réalité et de l'importance des faits qui lui avaient été signalés au sujet de l’enfant-artiste. Comme nous, il est revenu de ses investigations, convaincu que la Belgique avait perdu un de ses plus grands artistes dans la personne de FRÉDÉRIC VAN DE KERKHOVE et qu'elle avait actuellement un solennel devoir à accomplir : le reconnaître et l'honorer.