CERCLE ARTISTIQUE ET LITTÉRAIRE
EXPOSITION VAN DE KERKHOVE
Nous arrivons tard pour parler d’une exhibition qui a mis tout Bruxelles en émoi. Nous avons été curieux de recueillir au préalable tous les avis.
La question est celle-ci :
Fritz Van de Kerkhove —ce paysagiste prodige, mort à dix ans
Mel —
et onze mois, en laissant 600 tableaux — Fritz Van de Kerkhove a-t-il été, comme on l'appelle, le Pic de la Mirandole de l'art? Fût-il devenu tout au moins, comme on l'assure, le plus grand des paysagistes contemporains?
La foule acclame. La presse, à peu d'exceptions, fait chorus.
Mais l’Académie de Belgique, dit-on, consultée la première, ne s'est pas prononcée et aurait même refusé de prendre l'exposition de l'artiste prodige sous son patronage. La grande majorité des peintres, d’un autre côté, formule des doutes, fait des réserves.
Pour notre part nous avouons que tout considéré, tout lu, tout écouté, nous sommes loin d’être convaincu.
Supposons un moment que le prodige affirmé soit prouvé. Il mériterait l'attention des savants au moins autant que celle des artistes, car il n'aurait pas de précédents. Lulli, Rameau, Mozart ont été des artistes d'une merveilleuse précocité, mais seulement eomme exécutants; on n'a pas conservé un seule composition de leur enfance qui ait une valeur sérieuse. Ainsi des enfants prodiges de la peinture. Quels sont donc les chefs-d'œuvre que Van Dyck, Paul Potter, Canova, Pierre de Cortone, Raphaël ont produits à dix ans, et même à dix-sept? L'œuvre, en tant que création originale, n'est pas un don de l’enfant. Il imite, il refait, il ne fait pas. Et les enfants-prodiges eux mêmes n'échappent pas à cette loi commune.
Mais que faites-vous, me dira-t-on, du Raphaël enfant du Louvre? Tout le monde connaît ce chef-d'œuvre, vulgarisé par la gravure. Un blond adolescent, accoudé à quelque fenêtre, vous regarde en rêvant, la tête appuyée sur sa main droite. Cette tête charmante, et qui reste dans l'imagination comme une vision poétique, rappelle les traits connus de Raphaël, elle est peinte dans sa manière ; elle est donc de lui et c’est lui! Double supposition qui implique, par malheur, une contradiction. Que cette belle tête blonde soit de Raphaël, on peut l'admettre; mais alors elle ne saurait représenter Raphaël à quinze ans, car elle est de sa troisième manière, c'est-à-dire de Raphaël à trente.
Voilà donc a priori, et en l'absence de tout précédent, de graves raisons de n’accueillir les chefs-d'œuvre annoncés que sous bénéfice d'inventaire, si sympathique que soit naturellement l'œuvre d’un enfant mort avant d'être un homme, si honorables que soient les patronages à l'ombre desquels elle se présente.
L'analyse des tableaux, nous devons le dire, n'a fait que renforcer nos doutes.
J'accorde volontiers que l'œuvre du jeune Van de Kerkhove soit, sinon supérieure, du moins remarquable et d’un vif intérêt. La condition sine quä non de la maestria artistique lui manque : L'honorable biographe de l'Enfant-Prodige, M. Siret, en con vient lui-même implicitement, quand il rapporte qu'un peintre distingué, M. Richter, a pris ces paysages pour une série d'esquisses inédites de Théodore Rousseau. D’autres rappellent Corot; d’autres Van Goyen. Somme toute, des aspects connus.
Mais les qualités abondent. On a parlé du profond sentiment de ces petits tableaux, empreints pour la plupart d'une tristesse pénétrante. Mais cette impression résulte pour beaucoup des harmonies grises et des notes sombres où se complaît l'auteur. Une qualité qui frappera davantage les artistes dans ces peintures, c'est le style. La ligne de ces petits paysages, brossés pour la plupart sur des panneaux de boîtes à cigares, est toujours grande; tous les sites sont d’une belle ordonnance, d’un caractère remarquable. La palette du peintre n'est pas personnelle, ai-je dit; non, mais ses harmonies sont toujours fines et distinguées. Quant à son exécution, elle est étonnante de fermeté et d'esprit, ou plutôt d'adresse.
Mais ces éloges ne vont pas sans de graves restrictions. Et ces restrictions, je les trouve dans les déclarations même des admirateurs de l'enfant prodige.
« Il ne paraît pas, dit l’un d'eux, qu'il ait été dessiner et peindre dans la campagne ou qu'il l'ait seulement contemplée en observateur attentif, ainsi que Claude Lorrain, se fiant à sa mémoire pour en tracer ensuite un portrait exact. Il se bornait à copier, en partie d'instinct et en partie d’après des tableaux qu'il avait constamment sous les yeux, des sites empruntés aux gravures qui furent les premiers instruments de son éducation artistique. »
Ainsi la composition des tableaux du jeune Van de Kerkhove est empruntée à des gravures? Que deviennent dès lors les qualités que nous y constations tout à l'heure, le style, la ligne, l'ordonnance ? Rien de tout cela ne serait plus la propriété de l'artisteenfant. Et notons que les gravures fournissent non-seulement l'arrangement, la silhouette, le caractère, mais encore la distribution de la lumière et de l'ombre, c’est-à-dire l'effet, l'expression elle-même.
De même, c'était à des tableaux qu’il empruntait ces harmonies délicates qui charment dans ces petits panneaux.
Voilà, on en conviendra, un double aveu fait pour diminuer
singulièrement la portée du phénomène autour duquel il s'est fait tant de bruit! Ainsi toutes ces qualités de l’artiste-enfant, le style, l'ordonnance, le caractère, l'effet, la gamme du ton même, ces qualités qui sont les meilleures de son œuvre et les plus difficiles que comporte son art, ne sont que des qualités d'emprunt? Mais alors que lui reste-t-il donc!
L'exécution. Véritablement ce n’est plus assez pour traiter l'enfant-peintre d'artiste de génie. D'autant plus qu'ici encore il y a plus d’une réserve à faire.
Cette exécution étonne surtout par cette particularité qu’elle ne ressemble en rien au faire d’un enfant. Les prôneurs euxmêmes en conviennent.
Et d’abord pas l’ombre de naïveté. C’est même tout le contraire. Ces tableautins résument tous les trucs, toutes les ficelles du métier.
Le panneau ne paraît avoir reçu que la préparation sommaire d'une couche de blanc. L'auteur doit-il égayer ses lointains de quelques arbres? La pointe du canif trace deux ou trois égratignures sur les fonds estompés, et voilà des bouleaux dans la brume.
A l’avant-plan les terrains sont faits parfois par le même artifice. C'est le grattoir qui enlève ça et là la couche de blanc préparatoire et laisse voir le ton brun?du panneau.
Les miroitements de l'eau, autres coups de grattoir rapides et spirituels dans des teintes étendues souvent avec le doigt.
Les ciels sont truellés au couteau à palette,procédé qui émaille la peinture et rend le ton plus léger et plus aérien.
Les légères déchiquetures du feuillage sur le ciel — ce désespoir des paysagistes qui ne savent pas les copier sans les alourdir — n’embarrassent pas davantage le jeune Van de Kerkhove. Un bout de chiffon est imbibé dans le ton voulu. Quelques applications légères et rapides de ce tampon sur le ciel, c’est fait.
Mais cette absence absolue de naïveté dans le faire, ces roueries d’exécutant, connues des vieux praticiens, mais si surprenantes chez un artiste de dix ans, ce n’est rien encore. Ce qui est plus singulier chez cet enfant, et surtout chez ce malade — car sa vie, d'après son biographe, n'aurait été qu'un long martyre — c'est l'absence de toute faiblesse. Aucune défaillance; partout cette sûreté d'exécution qu'on ne possède que dans la maturité du talent lorsque l'artiste, sachant enfin son art par cœur, rompu à toutes les difficultés, en arrive à créer comme on fabrique, d'une facon quasi mécanique, par des procédés imman-
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quables. Pas même l'ombre d’une inégalité. Les tableaux de 1870 sont aussi forts que ceux de 1873, et l’auteur y est déjà en pos session de tous ses moyens. Ce peintre-enfant, on ne le voit même pas se développer et grandir.
Comment expliquer de telles anomalies? D'où viennent tant de contradictions entre l’œuvre et l'auteur?
Beaucoup d'artistes croient les expliquer en disant qu'il y a là le travail de deux mains différentes.
L'une, celle de l'enfant, aurait posé des masses, et ébauché vaguement les ciels, les terrains, les fabriques ou les arbres, etc.
L'autre — celle d’un homme — aurait accentué, raffermi, précisé, réalisé.
Ce double travail, ajoute-t on, est parfaitement distinct à la loupe.
On va plus loin. Il y a dans tous ces tableaux deux détails qui n'ont pas d'importance apparente, mais qui n'en prouvent pas moins une rare dextérité.
D'abord la signature, toujours tracée aussi nettement que si elle était écrite et non peinte, — mérite plus rare qu'on ne pense.
Ensuite une petite silhouette noire qui reparaît à l'avant-plan de chaque tableau et qui représente le paysagiste enfant qui en est l’auteur. Cette silhouette, très librement jetée en deux coups de pinceau, est toujours parfaite de mouvement et de tournure. Elle est juste à la place où elle doit être, elle fait juste l'effet qu'elle doit produire; or, on sait quel problème c’est pour les paysagistes que le placement de la moindre figure qui tue le paysage dès qu'elle ne l'anime pas.
Vous demandez, disent les douteurs, qui a pu retoucher ces tableaux? Eh bien! ne cherchez pas davantage. Il est évident que l’auteur de ces figures et de ces signatures était de force à donner à tous ces sites les contours et les accents qui les précisent et les terminent.
Or cet auteur, c'est le père de l’enfant, qui est lui-même peintre de genre.
Faut-il conclure à une supercherie? Non, puisqu'il n'est pas fait marché et spéculation des tableaux exposés. Mais quoi de plus naturel qu’un père se plaisant à corriger et à compléter l'œuvre de son enfant, alors qu’elle existe déjà par elle-même? Il ne s'est pas vanté de ces corrections? Mais combien ne voyonsnous pas tous les jours de maîtres naïfs, oubliant très sincèrement la part qu'ils ont prise aux ouvrages de leurs élèves, et les
prônant, les admirant eux-mêmes comme des œuvres originales ?
Une dernière objection est celle-ci. Si un autre que le jeune Van de Kerkhove a mis la main à ses tableaux, pourquoi ce collaborateur anonyme n'a t-il pas profité de son talent pour luimême? Nous avons déjà répondu. On oublie que ce talent est tout de facture, ne comporte pas d'invention propre, et emprunte jusqu’à ses gammes de coloration. Un tel talent peut suffire à la réputation d'un enfant. Il ne suffirait pas à la fortune d’un homme.
Nous avons cru devoir tout dire. Certes, la critique est pénible devant le tombeau d'un enfant. Mais ce n’est pas le pauvre petit paysagiste disparu qui est ici en cause : ce sont les affirmations extraordinaires que l'on échafaude sur son œuvre et sur son nom. Tout phénomène, jusqu'à ce qu'il soit approuvé, appartient à la discussion. Toutes les questions, en présence de l'anormal et de l'invraisemblable, sont de plein droit.
En tout cas, un fait aussi étrange ne saurait être accepté qu'après une enquête sérieuse. Jusqu'ici cette enquête est à faire. Il ne s’agit pas d’une investigation judiciaire tendante à savoir si Fritz Van de Kerkhove a peint oui ou non. Il s'agit d'une enquête d'artistes pour confronter les tableaux du jeune peintre avec les gravures dont il s'est inspiré, avec les tableaux qu'il a eus sous les yeux, pour faire la part exacte des modèles et du copiste, pour constater enfin si ces copies elles-mêmes sont d’un seul jet et d’une seule main. Cette enquête, les intéréssés euxmêmes devraient être les premiers à l'appeler sur l'enfant artiste, s'ils veulent que cette réputation, née en quelques jours, ne tombe pas aussi vite qu'elle a grandi.
J. ROUSSEAU
AVENIR DES FLANDRES, 23 février 1875.
On écrit de Bruxelles à /a Meuse.
« On continue à se livrer aux discussions les plus vives au sujet de la phénoménale exposition du Cercle artistique et littéraire. Tout le monde reconnaît le mérite des tableaux exposés. Des maîtres éminents ont déclaré, qu'à leur avis, pas un artiste
en Belgique n'était capable de peindre quelques-unes des toiles exhibées. Mais on devient de plus en plus sceptique au sujet de la paternité de ces œuvres prodigieuses qu’un miracle seul a pu faire éclore sous la main d’un enfant. — On m'a montré des tableaux faits et signés par le père de Fritz Van de Kerkhove. Or, il suffit de les regarder pour être immédiatement pénétré de la conviction que leur auteur n’a jamais pu toucher aux petits panneaux qu'on livre aujourd’hui à notre admiration. Mystère, disais-je il y a huit jours. Je ne puis que répéter aujourd’hui le même mot mystère! C'est le cas ou jamais de faire procéder à une enquête,et si elle démontre que le petit Fritz, mort à onze ans, hydrocéphale et sachant à peine lire et écrire, est vraiment l'auteur des merveilles que l'on étale sous nos yeux, il n’y aura plus à en démordre, la ville de Bruges aura produit l’un des phénomènes les plus extraordinaires dont on ait mémoire ici bas, un phénomène à la fois physique, moral et scientifique, et la nation pourra porter le deuil d'un maître qui aurait fécondé son siècle comme Rubens ou Michel-Ange. La question vaut la peine d’être élucidée, et la Classe des beaux-arts de l’Académie me paraît avoir ici un rôle à remplir.»
« En attendant, les journaux français annoncent dès aujourd’hui, que l’œuvre de l'enfant prodige va être exposée à Paris. »
COURRIER DE BRUXELLES, 24 février 1875.
Le monde-artiste belge est en émoi. Il s’agit d’un enfantprodige, mort récemment à l'âge de dix ans et quelques mois, et dont les œuvres sont exposées dans les salons du Cercle artistique et littéraire de Bruxelles. Si ces œuvres sont authentiques, le jeune Frédéric Van de Kerkhove — c’est son nom — égalerait Rousseau et Corot en talent, — et dépasserait de beaucoup Raphaël, Van Dyck et Potter en précocité.
Le public est dans l'enthousiasme, Mais les artistes font des réserves graves. [ls prétendent : 1° que les tableaux sont faits d'après des gravures; 2° qu'on y entrevoit la trace de deux mains, dont l’une n'aurait fait qu'ébaucher, — dont l'autre, très-habile! aurait précisé et réalisé. — Quoi qu'il en soit, et même en ne laissant à l’auteur que le mérite de la tache, ce
paysagiste de dix ans serait encore un harmoniste des plus remarquables.
Beaucoup de voix demandent une enquête. Evidemment l’exhibition ne sera sérieuse que lorsque cette enquête — aussi intéressante pour la science que pour l’art — aura eu lieu.
JOURNAL DES BEAUX-ARTS, 28 février 1875.
LETTRE A M. JEAN ROUSSEAU A PROPOS DE L’'EXPOSITION DES ŒUVRES DE FRÉDÉRIC VAN DE KERKHOVE.
Mon cher Rousseau,
Vous avez été très mal informé quand on vous a dit (Echo du Parlement du 22 février) que l'Académie de Belgique avait refusé de prendre sous son patronage l'exposition des œuvres de Frédéric Van de Kerkhove. Voici ce qui s’est passé : après la communication faite à la classe des Beaux-Arts, à la presque unanimité, sur la proposition d’un de ses membres, il était décidé que l'exposition se ferait par les soins de l’Académie, lorsqu'un de nos collègues fit remarquer que ce genre d’exhibitions n'incombait pas à l'institution et que ce serait poser un précédent peut-être fâcheux par les conséquences qu’il entraînerait. On examina ensuite comment l'exposition pourrait se faire; je m'offris pour la demander au gouvernement et l’on se sépara satisfait de penser que les tableaux qui avaient si vivement frappé la Classe, seraient communiqués au public.
Voilà la vérité dont les procès-verbaux font foi. Vous voyez qu'il y a loin entre cette vérité et la forme de dénigrement attribué à l'Académie.
Je pense comme vous qu’il ne faut accepter les chefs-d'œuvre annoncés que sous bénéfice d'inventaire. Mais cet inventaire a été fait, il se continue tous les jours, pourquoi ne pas vous en occuper vous-même? Toutes les portes vous sont ouvertes, tous les dossiers sont à votre disposition. Vous demandez la lumière, mais elle est là, regardez.
L'analyse des tableaux, dites-vous, renforce vos doutes; vous
ajoutez que la tristesse pénétrante dont la plupart des tableaux est empreinte, résulte pour beaucoup des harmonies grises et des notes sombres où se complaît l'auteur. Je m'étonne qu'un maître comme vous dans l’art de sentir et d'exprimer, formule une opinion si contradictoire avec l'effet produit sur tout le monde par le caractère profondément mélancolique des œuvres de Fritz. Il ne suffit pas d'harmonies grises et de notes sombres pour en arriver là, vaus le savez mieux que nous et pourtant vous l'écrivez.
Fritz n'a vu de sa vie qu'un Ruysdael, un Van Goyen et un Corot. Jamais il ne vit un Diaz, un Rousseau, un Daubigny, un Dupré, un Courbet. Pourquoi ressemble-t-il à ces maîtres? c'est tout simplement parcequ'il a vu la nature comme eux et ce n'est pas manquer d'originalité que de copier la nature comme ils l'ont copiée.
Non, mon cher Rousseau, toutes les compositions de l'enfant ne sont pas faites d'après des impressions ressenties en présence de gravures. C'est la petite quantité, et, dans tous les ouvrages illustrés que j'ai parcourus et que l'enfant feuilletait, je n'ai pas encore rencontré une seule gravure qui rappelât, même de très loin, le motif de n'importe quel de ses tableaux. Comme il n'avait Jamais vu de rochers, on a été en droit de supposer que ceux qu'il a peints sont des souvenirs de gravures. C’est seulement ainsi qu'il faut comprendre que les gravures furent les premiers instruments de son éducation artistique, et vous êtes à côté de la vérité quand vous dites : la composition des tableaux de Fritz est empruntée à des gravures. Cette affirmation générale, puisée je ne sais où, ne repose sur aucune donnée sérieuse et personne ne saurait y croire. Il est parfaitement connu et prouvé, pour ceux qui se sont informés aux sources vraies, que l'enfant a presque toujours reproduit, en leur donnant la ligne que son génie lui inspirait, les paysages des environs de Bruges. Quant aux arbres qui chez lui sont toujours taillés avec une exquise élégance, il les copiait à sa façon d’après le groupe des beaux tilleuls et des frênes du séminaire qui se balancent majestueusement devant la maison paternelle. Vous comprenez, mon cher Rousseau, que ces faits viennent à l'encontre des conséquences absolues et directes qui vous font dire, que les panneautins de l'enfant n'ont ni style, ni expression propre, puisqu'ils sont copiés.
Vous affirmez que les tableaux de 1870 sont aussi forts que ceux de 1873. Vous devez avoir examiné la chose hâtivement,
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