É: COLLINET
J. ROUSSEAU
Un honorable négociant mis en cause dans cette affaire de la façon la plus inconvenante par M. Siret dans le Journal des Beaux-Arts, à adressé à ce Journal une protestation des plus énergiques dont il nous a donné connaisance.
ECHO DU PARLEMENT, 20 mars.
AFFAIRE VAN DE KERKHOVE
La lettre suivante nous est adressée de Louvain :
Monsieur le Rédacteur,
Je reçois votre lettre du 17 de ce mois. Je viens de l’expédier à M. Van de Kerkhove, qui sera sans doute à même d'y répondre.
Je comprends difficilement qu’on puisse tirer un renseignement utile du fait que vous voulez bien me citer. En effet, en supposant ou plutôt en admettant, pour un moment, l'insinuation que les panneautins du Cercle auraient été faits par le père, peut-on croire que celui-ci aurait été assez maladroit pour jeter dans le commerce une arme terrible contre lui? Ensuite, Monsieur le rédacteur, qui donc aurait interdit à M. Van de Kerkhove le droit de faire des paysages, fussent-ils identiques à ceux de son fils? Enfin, écartant toute idée d’apposition ultérieure et méchante d’une fausse signature, je dois faire remarquer que le Jet l’F ont entre eux une bien grande similitude : une petite barre seule les différencie dans l'écriture ordinaire.
Personne au monde, Monsieur le rédacteur, dans cette affaire, ne cherche la lumière plus avidement que moi. Je ne la trouve pas encore dans le renseignement que vous voulez bien me donner.
Ce que j'ai dit dans mon journal est la reproduction exacte d’un passage de lettre due à un magistrat de Bruxelles qui ne me cite ni le nom du grand journal, ni celui de l’auteur des bruits injurieux pour la loyauté de la maison Van de Kerkhove.
Certes, l'opinion publique a le droit de s’éclairer et il me semble que je l'y aide de toutes mes forces; mais je trouve qu'on apporte à l'examen de cette curieuse révélation plus de passion que d'ordre. C’est fâcheux à tous égards, car le public finira par se fatiguer de tant de tapage et de si peu de résultats. Il eût fallu une enquête sérieuse, travaillant sûrement en secret et venant apporter au grand jour un verdict définitif.
Je vous remercie, Monsieur le rédacteur, de l’obligeance que vous avez mise à me communiquer le détail qui fait l'objet de votre lettre et je vous prie d'agréer l'assurance de ma considération la plus distinguée.
AD. SIRET.
18 mars 1875.
Ce matin nous avons reçu la visite de M. J. Van de Kerkhove. Commençons par déclarer qu'il s'est reconnu l'auteur du petit tableau que nous avons entre les mains et qui porte sa signature.
Il nous a montré en même temps une lettre de M. le ministre de l'intérieur qui accepte dans les termes les plus flatteurs la donation qu'il a faite au Musée.
M. Van de Kerkhove n'a pu nous dire si la commission du Musée avait été appelée à donner son avis à ce sujet.
C'est là pourtant le point essentiel.
M. Van de Kerkhove nous a dit en revanche qu'il répondrait in extenso et d'une façon péremptoire aux allégations contenues dans le procès-verbal que nous avons publié.
Il va sans dire que nos colonnes lui sont ouvertes comme à tout ce qui peut contribuer à éclaircir une question qui présente un très-vif intérêt pour les artistes.
LA CHRONIQUE, 20 mars.