‹ L'enfant de BrugesChapitre 57 sur 83 · DE BEAUDIGNÉ DE MANSART · texte numérisé non relu

DE BEAUDIGNÉ DE MANSART

La soussigné fréquentant beaucoup la maison de M. Van de Kerkhove, ainsi que sa sœur, déclare avoir vu peindre le jeune Fritz à presque tous ses tableautins ; mon père peut en témoigner également.

Bruges, le 28 mars 1875.

. Signé : InaicE DE BackER.

Le soussigné A. Du Mon de Menten, vice-consul de Turquie, à Bruges, déclare sur l'honneur, avoir vu peindre, par le jeune Fritz Van de Kerkhove, les petits panneaux exposés au Cercle artistique de Bruxelles.

Il a connu l'enfant dès sa naissance jusqu'à sa mort. L'enfant avait une véritable adoration pour son père, qu'il ne quittait pas plus que son ombre. Sa seule passion était la peinture et, dès son âge le plus tendre, il barbouillait sur tout ce qu'il trouvait et rencontrait, papier, murs, bois, panneaux, etc.

Il s'estime heureux de posséder un des jolis tablautins que le père lui a laissé choisir en souvenir du cher mort qu’il aimait beaucoup.

Signé : ALPHONSE DU Mon DE MENTEN.

Le soussigné déclare sur l'honneur avoir vu travailler et peindre à l'huile sur des petits morceaux de bois, le jeune Fritz Van de Kerkhove, mort à Bruges en 1873.

I déclare en outre que Fritz lui a promis plus d'une fois des petits tableaux ; il fréquentait beaucoup sa maison, et soit dit en passant, barbouillait sur tous les murs et sur toutes les portes, avec des crayons en couleur et de la craie.

Bruges, le 10 février 1875.

(Signé) Le capitaine du port, L. GoBix.

Ma femme qui aimait beaucoup Fritz, comme du reste tout le voisinage l'aimait, peut au besoin confirmer ce qui se trouve ci-dessus.

Le soussigné déclare sur l'honneur que le jeune Fritz Van de Kerkhove s’occupait de peinture à l’huile et peignait sur des petits panneaux. Ostende, 10 février 1875.

Signé : ALpx. Roron.

Armateur et banquier à Ostende, de la maison Duclos et Co,

Le soussigné déclare avec plaisir et sur l'honneur qu’il a vu peindre plusieurs fois le jeune Fritz Van de Kerkhove à des petits tableautins ; il se rappelle l'avoir vu un jour tripoter à ses morceaux de bois {comme on disait dans la maison), couché par terre, ou plutôt sur les planches devant les tableaux qui se trouvent dans l'atelier de son père. Ma femme, madame Gruwé, peut en témoigner aussi au besoin.

Bruges, le 18 février 1875.

À. GRUWÉ, Directeur au dépôt des Invalides à Bruges et ancien commissaire de police en chef à Anvers. *,

Je certifie qu'il est à ma connaissance que le jeune Fritz Van de Kerkhove

s'occupait de peinture à l'huile, Bruges, le 15 mars 1875.

FéLix CALLEWAERT, négociant.

Le soussigné déclare avoir vu peindre dans l'atelier de son père le pauvre Fritz Van de Kerkhove.

VAN MuLLen, distillateur à Bruges.

Le soussigné déclare avec plaisir et sur l'honneur qu'il a vu peindre le jeune Fritz Van de Kerkhove à ses panneautins exposés en ce moment au Cercle artistique de Bruxelles.

Bruges, le 15 mars 1875. Signé : J. ARENTS, brasseur.

La soussignée déclare avec satisfaction, que le jeune Fritz Van de Kerkhove, qu’elle a vu naître et vu mourir, était un charmant enfant, qu’elle regrette encore tous les jours, ne s’est jamais occupé, depuis son enfance, que de dessin et de peinture et qu'il y venait tous les soirs un nommé Vincent pour lui donner quelques notions, et afin de laisser du repos à son père, qu'il obsédait sans cesse pour en obtenir des pinceaux et des bois. Je sais trèsbien qu'il peignait à l'huile avant 1870, et que tous les tableautins de Bruxelles et bien d’autres encore, en grand nombre même, sont tous de lui.

Celui qui dit le contraire, est un menteur éhonté.

Bruges, le 20 mars 1875. NE al 18 à a .

(Traduit du flamand.

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X * Depuis huit ans je fréquente la maison de M. Van de Kerkhove, et, je déclare avec satisfaction et sur ma conscience, que j'ai vu peindre plus de cent fois le fils, que j'aimais tant, avec toutes sortes de couleurs, et notam-

ment en 1870 et avant. Il employait les couleurs à l'huile, chose pour laquelle il était souvent puni, parce qu'il se salissait à ce jeu.

Bruges, le 10 mars 1875.

Signature de PauLIN HaRINCK.

(Traduit du flamand).

Les témoignages des employés ou des gens qui ont travaillé dans la maison, ne sont pas moins explicites. Qu'on en juge :

Le soussigné Domin Wattyne, travaillant pour M. Van de Kerckhove, depuis plus de huit ans, déclare sur sa conscience, qu'il a vu faire des dessins et des barbouillages par le jeune Fritz, sur tous les murs, portes et fenêtres de la maison, depuis son plus jeune âge. Plus tard, il l'a vu peindre à l’aquarelle et à l'huile de très-jolies choses sur bois. Je n’en connaissais pas beaucoup. [1 ne se lassait jamais de nous faire toutes sortes de questions originales, Il était aimé de tout le monde par sa charité,

Bruges, le 11 mars 1875.

Signé : DomiN WATTYNE, magasinier.

(Traduit du flamand).

Je soussigné, Adolphe Van Acker, ex-commis de M. Jean Van de Kerkhove, négociant en grains, déclare sur mon honneur, que le nommé Fritz Van de Kerkhove, fils de M. Jean Van de Kerkhove, artiste-peintre et négociant en grains, était un enfant doué d’une capacité étonnante pour la peinture;

Il s'occupait journellement à peindre sur des planchettes de boîtes à cigares, sur des restes de panneaux que M. Van de Kerkhove, son père, cachait pour faire des croquis ; enfin, il venait jusque dans les bureaux me demander à chaque instant des feuilles de papier pour faire des esquisses de tout ce qui se présentait à son esprit.

Gand, le 15 mars 1875. A. VAN ACKER, sous-officier au 14° régiment de ligne, 3° bataillon, 2° compagnie, Gand.

Le soussigné qui, depuis plus de vingt ans, travaille pour la maison Van de Kerckhove, reconnaît et déclare sur son honneur et conscience, qu'il a vu dessiner et peindre à l’aquarelle, le jeune Fritz depuis l'âge le plus tendre. Il se rappelle de plus qu’il travailla à l'huile avant 1870, et qu'il l'a vu travailler plus tard aux panneautins qui ont été exposés à Bruxelles.

Le père m'en a montré en 1873 dont il était content, en me disant que lui et Madame avaient l'intention de faire un peintre de leur fils, mais que malheureusement le pauvre garçon était maladif. Mon fils, à moi, l’a également vu travailler, Fritz avait un caractère curieux, qui aimait à tout savoir, et qui m'adressait souvent des questions auquelles il m'était impossible de répondre et qui m'étonnaient extrêmement.

Toutes ses connaissances regrettent ce brave garçon, et ceux qui disent que Fritz n’a jamais peint, sont des menteurs,

Bruges, 10 mars 1875. Ne Signé : H, D'Hoocue, tapissier.

(Déclaration faite en flamand.) |

Bruxelles, le 5 mars 1875.

Ma bien chère Louise, (1)

Je n'ai pas voulu vous écrire avant de pouvoir donner des nouvelles de l'expositiôn des œuvres de Fritz. Il est vrai que j'ai tardé un peu longtemps, mais ce n'est pas ma faute.

Dimanche, si je ne me trompe pas, c'était le dernier jour de l'exposition, je suis allée avec la gouvernante qui avait tout lu dans un journal anglais et qui en était folle.

Mais, ma chère Louise, arrivées là pas moyen de voir les tableaux tellement il y avait foule; je dois vous dire que le plus beau monde de Bruxelles se trouvait là; c'était vraiment curieux d'entendre ce qui se disait de tous côtés; n'y aurait-il pas moyen d’avoir un tableau pour moi chère Louise. J'étais comme une insensée ; cela m'a tellement touchée que j'ai dû quitter la salle en pleurant.

Je dois vous dire aussi que toute la famille y a été, excepté madame, et ils ont dit si ce n'était pas qu'ils me croient parce que je leur ai dit que j'ai vu faire les tableaux par lui, ils auraient dit que c'était impossible. Ainsi, chère Louise, vous direz tout ceci à vos chers parents à qui je n’en doute pas cela fera beaucoup de plaisir. Ma chère rappelez à votre papa la promesse qu'il m'a faite ; car j'y tiens beaucoup ; ce sera le seul souvenir que j'aurai de Fritz.

Faites bien mes compliments à vos parents et à ma sœur Marie et veuillez me donner un mot de réponse.

En attendant je reste votre attachée Signé : OcrTavie DE REucx.

Viennent après cela, les déclarations des petits amis de l'enfant, ou des parents de ces amis, en réponse aux affirmations de ceux qui prétendent que, contrairement à ce que M. Siret et moi, avons affirmé, Fritz Van de Kerkhove ne distribuait pas, de son vivant, les panneaux dont on lui conteste aujourd’hui la paternité.

C'est d'abord, le témoignage d'une jeune fille, qui a partagé les jeux du défunt :

La soussignée élevée en quelque sorte avec le jeune Fritz Van de Kerkhove, déclare qu'elle l'a vu peindre dès l’âge le plus tendre, soit à des images, avec des couleurs à l’eau, je l’aidais même, comme amusement; plus tard, et jusqu'à la veille de sa mort, il peignait sur des morceaux de bois et à l'huile, toujours et presque sans relâche. Nous jouions aux cartes quand son père ne voulait pas lui donner des panneaux.

Bruges, le 15 mars 1875. Louise DE BAkKkER.

Ma sœur Idalie peut témoigner également de tout cela, je possède un petit

tableau de Fritz.

Louise a aujourd'hui 15 ans.

(1) Lettre adressée à la sœur de l'enfant mort.

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Suivent quelques attestations complémentaires :

Dans l'intérêt de la vérité nous déclarons que le jeune Fritz Van de Kerkhove, nous a dit plus d’une fois qu'il apprenait à peindre déjà de fort jolies choses.

Bruges, 28 mars 1875. Signé : Louise et Ina LErou.

Notre petite sœur, qui jouait souvent avec Fritz, peut également témoigner, que Fritz lui a dit plus d’une fois, je vais maintenant aller peindre un peu avec mon papa.

Par les présentes, le soussigné déclare, comme aussi sa femme, que le jeune Fritz Van de Kerkhove est mort en 1873, et qu’il est le fils de M. J. Van de Kerkhove, et qu'il a fréquenté sa maison depuis sa plus tendre enfance ; que par son amabilité, il était la joie de son ménage, et qu'il apportait presque toujours des joujoux à ses nombreux enfants. Plus tard, il leur promit des tableautins, puis, la mort vint enlever ce brave enfant. Ses parents ayant été instruits de cette promesse et sachant l'amour que nous portions à leur enfant, nous ont fait cadeau d’une de ses œuvres, comme souvenir.

Bruges, le 8 février 1875.

Signé : L. TEMPELAARE.

(Traduit du flamand).

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