NT
Le soussigné déclare volontiers que Fritz Van de Kerkhove, camarade de classe de mon fils à l'école moyenne de la ville, lui a promis de petits tableaux, comme il en promettait encore à d’autres; qu'après sa mort, mon fils ayant donné connaissance de ce fait aux parents, ceux-ci se sont empressés de lui remettre un petit tableautin que mon enfant conserve avec le plus grand soin en souvenir de son regretté petit ami.
Cette déclaration, je l'ai déjà faite verbalement en présence de M. Bortier et mon fils la signe avec moi.
Coolkerke, le 10 mars 1875.
Signé : J. DecLERCo- Van GHELUWE, G. VAN GHELUWE.
* # x Le soussigné déclare sur l'honneur qu'il est à sa connaissance que le jeune
Fritz Van de Kerkhove, mort à Bruges en 1800 soixante-treize, s'occupait déjà de peinture à l'huile sur petits panneaux en 1800 soixante-dix et s’amusait dès l’âge le plus tendre à colorier des images, gravures, etc. Damme, le 10 Février 1875.
Isibore MINNE, brasseur.
Faut-il publier aussi les pièces émanées d'étrangers, n'ayant Jamais vu peindre l'enfant, et, peut-être, convertis comme moi à la suite d'informations prises sur les lieux ?
Pourquoi pas. Elles auront bien autant d'autorité que les arguments et les déductions de gens qui n'ont jamais examiné la question qu'à distance, et à dire de soi-disant experts. (Suivent les lettres de MM. Crepin et Van den Bussche déjà publiées, pages 173 et 178.
J'ai laissé parler les témoins à décharge, puisqu'il est dit que M. Van de Kerkhove, père, est un accusé et moi un de ses avocats. Mon zèle n'ira pas, cependant, jusqu’à tomber encore dans le lyrisme que me reproche l'Opinion. J'ai voulu que le public appréciât par lui-même quelques-unes des données sur lesquelles j'ai assis ma conviction. Quant au procès, ainsi que je l'ai dit dans mon dernier article, il n'est pas encore terminé et encore moins jugé. Les coups de grâce des incrédules, voire les coups de pieds de l’âne, qui ne manqueront pas, appelleront d’autres témoignages, d’autres attestations ; et à moins de déclarer que tous les amis de l'enfant mort, toutes les personnes qui ont affirmé qu'il a été bien réellement le phénomène artistique, dont la Belgique aurait le droit d’être fière, sont des complices ou des imposteurs, à moins de me produire des contradicteurs plus sérieux ou mieux renseignés — je le répète, encore une fois, je ne récuse la bonne foi de qui que ce soit — je persisterai à défendre une cause que je crois juste et de nature à doter mon
pays d’une gloire de plus.
GUSTAVE LAGYE.
P.S. L'enquête du Willems-Fonds de Bruges a commencé, me dit-on, ses opérations. Une autre enquête s'organise. La Fédération Artistique rendra compte de toutes les deux.
JOURNAL DES BEAUX-ARTS, 15 avril 1875.
Le dernier numéro du Journal des Beaux-Arts a paru le 2 avril. Datée de Bruges, du 5, publiée dans l'Echo du Parlement du 5 et reçue par moi le 6 avril, la lettre suivante m'a été adressée par M. Victor Van Hove : {Voir plus haut, page 271).
Je n'ai absolument rien à changer à ma version, que, du reste, l'auteur de la lettre ne contredit pas. Je la maintiens donc pour exacte en fesant remarquer que, dans la conversation rappelée, je n'ai point attribué à mon correspondant la «ronflante expres- Sion : d'enfant génial. » Il aura mal lu. Il fait également erreur lorsqu'il avance que c’est devant M. Van de Kerkhove qu'il a approuvé tout ce que celui-ci disait de son enfant. C'est à moi,
et à moi seul qu'il a dit ce que j'ai écrit dans mon article. Par discrétion je n’eusse pas interrogé qui que ce fût sur l'enfant devant le père et personne n'eût agi de cette façon. C'est de convenance élémentaire. Ensuite, pour rendre hommage à la vérité, je dois dire que la douleur du père n’avait plus ce cachet navrant que lui prête l’auteur de la lettre. L'enfant était mort depuis treize mois et le chagrin du père était devenu celui d'un homme fort, raisonnable et résigné. Je n’ai absolument rien vu qui aurait obligé mon correspondant à se laisser impressionner de la sorte, surtout dans les moments où M. Van de Kerkhove n'était pas présent.
Je n'ai jamais songé à faire un bruit considérable autour de cette affaire. Ce bruit, on sait d’où il est venu. Mon correspondant voudra bien remarquer qu'en supposant que sa déclaration fût « le coup de grâce » pour M. Van de Kerkhove, il aurait pu, en parlant il y a six mois, épargner à celui-ci « la torture » qu'on lui fait subir avec des raflinements vraiment indignes.
Je m'y perds : j'ai là dans plus de quaragte lettres, tant de citations qui prouvent que du vivant de Fritz, alors qu'il n’y avait aucune douleur à respecter, M. Van Hove appréciait le talent de l'enfant. Fritz « faisait des paysages plus nature que nature », c'était son expression (1). Le 19 septembre dernier, il va chez le père Van de Kerkhove. « J'ai eu ici Victor Van Hove; nous avons encore examiné quelques panneaux de Fritz et lui aussi en est extasié. Tout en l'ayant vu faire ces petits tableaux et tout en voyant qu'il y avait là de l'avenir, il n'y attachaïit pas plus d'importance que nous ; il nous engageait à le laisser faire, a le laisser tripoter (2). »
Dans une lettre, datée du 1° mars, je lis, à propos d’un portrait de Fritz : « Van Hove va faire un médaillon, grandeur » naturelle. Ce sera un véritable objet d'art, je me propose de le
faire fondre en bronze. »
Une autre, toute récente encore, datée du 8 mars, peu de jours avant l’enquête-Rousseau, contient deux passages bien faits pour exercer l'esprit le plus perspicace. « Toujours, toujours, cher » ami; marche! marche! comme dans le Juif errant; mais du » courage, c'est pour notre Fritz. à ; :
» Voici cependant une idée de Van Hove a me parait DRE » et qui doit donner, dit-il, le dernier coup aux incrédules. —
(1) Lettre du 12 septembre 1874.
(2) Lettre du 20 septembre.
» Assommez-les, dit-il, avec les attestations dont vous avez plus » qu'assez. Que M. Siret fasse imprimer une feuille en plus pour » son prochain numéro et les y mette toutes. Si après cela ils » doutent encore, ce sera une insulte à tous les signataires.
« Van Hove m'a encore dit qu’il se fait en ce moment une » enquête dirigée par M. Leclercq (Jacques) de la Chronique. 1] » s'est adressé à lui. J'ai lu la lettre dans laquelle M. Leclercq » lui demande s’il est vrai que Fritz a travaillé avec lui dans son » atelier et même pour lui; il [ui demande en outre comme ami, » de lui dire la vérité, toute la vérité. Van Hove a répondu » qu'étant toujours à Heyst, il lui arrivait de temps en temps » de venir me rendre visite et qu'il avait vu peindre Fritz une » fois sans y faire plus d'attention que les parents eux-mêmes, » que les artistes et tout le monde avait tort d'exagérer cette » affaire, qu'il avait lui-même en sa possession un tableautin » où se retrouvaient toutes les qualités de l'enfant; mais qu'il » n'y avait là rien de miraculeux, etc... M. Leclercq lui demande » aussi des noms. Van Hove répond qu'il ne veut pas se mêler » de cette enquête, que le temps lui manque, etc., etc... »
Je le répète, malgré ma bonne volonté, mon esprit ne parvient pas à voir clair dans cette conduite. Cette amitié, cette appréciation du talent de l'enfant, MÊME PENDANT SA VIE, cette absence complète de doute, de toute allusion faite à n'importe qui sur la soi-disant « folie paternelle » de M. Van de Kerkhove, ces conseils spontanés, est-ce toujours, après dix-huit mois, la même tolérance pour la douleur du père? Et pourquoi, neuf jours plus tard, le 17 mars, date de l'enquête-Rousseau, ces égards cessent-ils tout à coup et se changent-ils en accusations rendues publiques et en déclarations passionnées, imprimées contre M. Van de Kerkhove? — Il y a là un mystère bien plus réel que celui d'un enfant extraordinairement doué sous le rapport de l’art et du sentiment de la nature.
Mon correspondant a fréquenté la maison de M. Van de Kerkhove depuis son retour de Paris, lors de la Commune. Pendant quatre années il a agi et parlé comme on vient de le voir. Soudain, le 17 mars dernier, il renie le passé qui n'a donc été, d’après lui, qu'un rôle, et dans quel but?
Je ne demande pas mieux que d'accepter une explication claire et nette, mais, jusqu'à ce qu'on me la donne, je regarderai la conversation de mon correspondant avec M. Rousseau et sa
lettre du 5 avril dernier, comme le résultat d’un égarement momentané.
C'est le jugement le plus calme, le plus modéré que l'on puisse porter sur celui qui, après tout ce qu'on vient de lire, imprime la déclaration suivante : « Je n'ai jamais vu faire des paysages » par le fils de M. Van de Kerkhove. »
Quant aux 40 à 50 petits paysages que M. Van de Kerkhove a faits «pour ainsi dire » sous les yeux de mon correspondant, cela prouverait-il, s’il en était ainsi, que Fritz n'a point fait ceux qu'on lui attribue? En second lieu, qu'entend celui qui m'adresse cette lettre par ces mots : « pour ainsi dire? » Ces mots ont un sens obscur qu'il faudrait préciser? Est-ce sous les yeux ou n'est-ce pas sous les yeux de mon correspondant que M. Van de Kerkhove aurait fait ces 40 à 50 panneautins ? Je présume, au caractère vacillant de cette déclaration, qu'elle n'a pas su se formuler bien exactement dans la pensée de l’auteur.
Il me sera également permis, je suppose, d'examiner cette nouvelle pièce de conviction arrivée si à point et de faire à ce propos une réflexion rétrospective.
Le 17 mars, jour de l'enquête .Rousseau, la conversation, roulant sur la persécution subie par M. Van Hove pour obtenir de lui une attestation favorable, avait eu lieu. L'enquête est publiée le 18, mais la conversation Van Hove est gardée en réserve jusqu’au 24 ainsi que la démarche Van de Wiele dans les bureaux de l'Echo : pourquoi? « pour laisser à M. Van de Kerkhove le temps de revenir à résipiscence. » Quand on a affaire à un inconnu que l’on a déjà laissé représenter publiquement comme ayant organisé « une farce monstrueuse » et qu'on croit avoir une arme qui doit faire éclater la vérité, on ne saurait s’en servir assez tôt. Le même jugement sévère doit s'appliquer à la lettre de M. Van Hove. Puisque, le 17 mars, il a prononcé des paroles dont la gravité est bien au-dessus de tout ce que contient sa lettre, puisqu'elles accusent M. Van de Kerkhove d'exiger de lui UN FAUX, pourquoi a-t-il gardé l’histoire des 40 à 50 panneautins faits « pour ainsi dire » sous ses yeux jusqu'après l’apparition du dernier numéro du Journal des Beaux-Arts?
Toutes les explications, tous les faux fuyants, toutes les ressources du langage ne tiennent pas contre ce simple fait :
La vérité n’a pas besoin de stratégie.
Oui, J'ai été très-étonné de ne pas voir de déclaration affirmative signée de la main de mon correspondant. Après notre conversation du Salon de Gand, après ses affirmations citées plus haut, après ses quatre années de complicité dans la « folie » de M. Van de Kerkhove, on le serait à moins.
J'ai exprimé mon étonnement à M. Van de Kerkhove qui, dans une lettre datée du 6 mars, me répond ainsi :
«- Ne dites rien, cher ami, de Van Hove; il m'a fait voir des » lettres dans lesquelies on lui dit qu'au Cercle et ailleurs on » prétend que c'est lui qui a fait les tableautins de Fritz! .
» . Ilest venu dîner hier, et on venait de lui écrire, que » c'était, au contraire, Fritz qui aidait Van Hove! et qu'il tra- » vaillait dans son atelier... »
Après cette lettre, je n’ai pas insisté.
Il y a loin de l’affectueuse et délicate condescendance de M. Van de Kerkhove pour le désir de son ami « d'être laissé tranquille » à ces mots dits à M. Rousseau, : « On me persécute » pour que je témoigne que je l'ai vu peindre. »
En terminant, mon correspondant me prévient que c’est tout ce qu’il a à dire à ce sujet et que dorénavant il ne répondra plus un seul mot aux insinuations les plus malveillantes pas plus qu'il n'a répondu à la lettre ordurière (!) dont la gratifié M. Van de Kerkhove.
Je ne me suis permis aucune insinuation malveillante à l'égard de celui qui m'a adressé cette lettre. J'ai rendu un compte exact de ce que je savais par lui. Aujourd’hui encore, si je suis forcé par les documents que je possède, par les faits que je connais et par les déductions logiques que je suis obligé d’en tirer, à me montrer plus sévère, ce n’est point par le sentiment toujours condamnable de la malveillance.
Mais autre chose est d'éviter toute idée préconçue et de ne pas chercher à s'éclairer sur les contradictions inexplicables d’une conduite dont le motif le moins condamnable ne saurait être accepté, par l'esprit le plus indulgent, que comme une légèreté devenue coupable en présence de la gravité de ses conséquences.
Cette légèreté se traduit encore par l'expression « ordurière » attribuée à la lettre de M. Van de Kerkhove.
Reculant devant de nouvelles polémiques, M. Van de Kerkhove se borna à envoyer à l'Echo du Parlement une déclaration de M. le lieutenant-colonel en retraite Letten. {Voir cette déclaration, page 277).
La rédaction de l’Echo trouva que cette déclaration ne faisait que fortifier la lettre de M. Van Hove. Il saute pourtant aux yeux qu'en venant spontanément revoir les panneautins avant leur départ pour Bruxelles, en les admirant de nouveau en pré. sence, non-seulement d’un honorable officier, mais encore du
chef administratif de la province, en les admirant tout haut, sans restriction, sans hésitation, sans la moindre réserve, M. Van Hove sanctionnait leur exposition publique sous le nom de Fritz et donnait par devant des témoins irrécusables, la meil: leure déclaration que l’on pouvait exiger de lui.
Après avoir pris connaissance de la Note de la Rédaction accompagnant, dans l'Echo du Parlement, la communication du colonel Letten, M. Van de Kerkhove fit remettre au journal susdit les pièces suivantes :
Bruges, le 7 avril 1875.
. Monsieur le Rédacteur en chef de l’Echo du Parlement.
Mes détracteurs, continuant à exploiter la lettre de M. Van Hove, je me vois forcé d'y revenir. Décidé à ne plus faire de polémique avec les journaux, je ne renonce cependant pas à rendre à des faits torturés au point de devenir faux, leur signification exacte. Tous vos lecteurs comprendront que je ne puis, maintenant, laisser sans réponse la lettre de M. Van Hove, insérée dans votre n° du 5 courant.
Il est facile de dire : oui, ce que l'on rapporte de ce que je puis avoir dit sur Fritz est vrai; maïs j'avais compassion du père... Qu'on ne vienne plus, pour les besoins de la cause, me parler des douleurs du père. Je n’ai plus à pleurer, j'ai à venger la mémoire de Fritz des attaques sans nom qui s'efforcent de lui enlever sa jeune gloire. M. Van Hove après avoir convenu luimême, qu’il n'avait pas dit la vérité, ne répondra plus, dit-il. C'est facile, il sait qu'il y a trop de personnes qui ont été témoins de son admiration pour les œuvres de Fritz. Avec la compassion pour la douleur du père, on peut ainsi fout arranger, c'est indigne!
Voici, Monsieur, dans toute sa simplicité, le fait, devenu sous la plume de M. Van Hove, une accusation que je repousse avec la plus vive énergie et la plus légitime indignation.
J'ai fait, dit M. Van Hove, « pour ainsi dire, sous ses yeux 40 ou 50 petits paysages, de la même grandeur et ressemblant identiquement aux petits tableaux exposés au Cercle de Bruxelles. A cette époque l'enfant était mort, depuis 7 à 8 mois. »
Voici la vérité. |
M. Van Hove terminait un tableau chez moi, et, afin de lui tenir compagnie, je m'étais installé avec quelques grands panneaux, sur lesquels je faisais en sa présence, des essais genre
Fritz; comme nous disions. Trois copies de paysages, d’après des études d’un ami, ont été faites ainsi, et quelques-unes ébauchées avec le restant de la palette de M. Van Hove. Cela était informe, et ces essais, peut être cinq ou six, ont été transformés depuis en tableaux à figures. M. Van Hove trouvait cela fort amusant et se proposait de faire la même chose.
Voilà l’histoire des panneaux identiques, je l'affirme de nouveau sur l'honneur. Je me rappelle encore, et M. Van Hove s'en est souvenu lui-même, lors de ma dernière visite, que me voyant un jour entre les mains un panneautin de Fritz, plus ou moins abîmé, M. Van Hove lui-même m’a empêché d'y toucher, disant que je le gâterais.
M. Van Hove m'accuse de lui avoir adressé une lettre ordurière. Cet écrit auquel il fait allusion, était un cri d’indignation, destiné à rester entre lui et moi. L'expression ordurière qu'il emploie, m'impose le devoir et me donne le droit de la soumettre au public dont je ne crains pas le jugement.
Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteur en chef, mes civilités
empressces. J. VAN DE KERKHOVE.
Voici cette lettre (1) :
Monsieur..., comment, vous n'êtes pas honteux, de venir chez moi me faire toutes espèces de protestations d'amitié, vous m'offrez de témoigner envers et contre tous, que vous avez vu peindre mon enfant à ses tableautins, ce qui était vrai; vous m'offrez de conduire chez moi les personnes qui seraient allées aux informations chez vous (vous attendiez M. Leclercq de la CAronique) de même que vous m'engagiez à conduire chez vous toutes celles qui viendraient me rendre visite, afin que vous puissiez donner à tout le monde votre témoignage; vous ne demandiez qu’une chose, c'était de ne pas voir figurer votre nom dans les journaux. Même après la visite de M. Rousseau, vous avez dû avouer que vous vous rappeliez, qu’un jour, ayant vu, en présence de M. Dumon, une trentaine de tableautins de Fritz, vous avez dit que cela ressemblait à des esquisses de paysagistes français... Vous avez alors, pour vous sauver de cet aveu, voulu me faire avouer à toute force que j'avais travaillé aux panneautins que vous ne niiez cependant pas ; vous avez même insinué que vous m'en aviez vu faire un exposé à Anvers. Je vous ai prié, de venir voir ce tableau, incrusté dans une armoire chez moi, donc il ne pouvait être exposé à Anvers... Vous avez ajouté que Rousseau était un a... pour avoir fait usage de votre nom et que les 3/4 de son article étaient
(1) Ecrite à M. Van Hove après lecture de sa conversation avec M. Rousseau (Echo du Parlement du 24 mars). Les passages supprimés sont inutiles au fond de la question ; plusieurs contiennent des noms propres. Nous avons le texte complet sous les yeux et nous sommes autorisé à déclarer que, si M. Van Hove le désire, les phrases supprimées seront communiquées au public.
faux. Votre trahison à mon égard est d'autant plus abominable, que vous êtes venu me dire, que, lors des deux premiers articles favorables de la Chronique à Fritz, c'était sur vos renseignements que M. Leclercq les avait publiés. Vous êtes venu plus tard, une lettre en main, (adressée également à M. Leclercq) que vous m'avez lue, toujours en faveur de Fritz; vous avez demandé mon avis ; je vous ai répondu qu'elle était bien, et que je ne demandais que la vérité. Vous avez ajouté que, n’aimant pas à être cité dans les journaux, vous laissiez M. Leclercq libre cependant de la publier. Mais Monsieur, quel nom faut-il donner à des actions et à des turpitudes pareilles? . . . . . Voyons un peu maintenant le mal que je vous ai fait pour être traité de la sorte... Vous disiez que vous aviez dû fuir la Commune... Vous nous faisiez pitié à ma femme et à moi. Nous faisions de notre mieux pour vous consoler, et ma maison était devenue pour vous hospitalière et une maison d'ami... vous avez été recommandé dans la famille. partout fêtes et festins, achats de tableaux et portraits à faire ; nous possédons encore en ce moment 21 tableaux et portraits de vous... et en reconnaissance de tout cela vous me trahissez d’une manière indigne. Signé : J. V. D.K.
J'oubliais de vous dire qu’en admiration du jeune talent de Fritz, vous m'avez offert de faire son médaïllon en cire, afin de faire passer sa gloire avec ses traits à la postérité.
Si je n'ai pas répondu davantage à votre déposition indigne dans l'Echo du Parlement, c'était encore par respect pour votre talent et dans l'espoir que vous auriez protesté.
Une violente indignation, une profonde amertume, la déception et la douleur de l'amitié trahie, voilà ce que respire uniquement cette lettre (1).
Enfin, pour terminer, M. Van de Kerkhove prend, parmi les nombreuses attestations qu'il a reçues, la lettre que voici : elle émane du consul allemand de Roulers, membre de la commission provinciale des monuments.
Copie.
CONSULAT DES DEUTSCHEN REICHES IN ROULERS. Roulers, 20 mars 1875.
Mon cher Mr J. Van de Kerkhove,
Je suis avec grand intérêt la polémique que vous soutenez contre un critique d'art très entendu, très compétent, mais aussi très entier, très entêté dans ses appréciations, j'ai nommé M. Jean Rousseau. Je prévois qu'avec votre caractère, votre loyauté bien
(1) M. Van Hove n'a pas jugé à propos d'y répondre. As
connue, vous vous laisserez entraîner dans une voie qui donnera tous les avantages à votre habile adversaire et contradicteur. En présence de la situation que l’on veut vous créer, il est de mon devoir de venir réagir contre de pareils agissements et de déclarer sur l'honneur, dans l'intérêt de la justice et de la vérité, qu'en vous rendant visite de temps en temps, je ressentais toujours un véritable plaisir mêlé d’étonnement à voir peindre votre jeune fils. Je fis souvent compliment à sa mère, sur le talent si précoce de Fritz, en lui prédisant, en riant, une noble et grande carrière artistique à la Rubens. J'ai eu souvent en mains les petits panneaux sur lesquels l'enfant s'escrimait, avec des bouts de crayon mal taillés, ou bien un petit couteau tout chargé de couleur qu'il appliquait sur ces panneaux de bois. Cette application qui paraissait être faite au hasard, produisait des effets prodigieux; les profondeurs du ciel et la transparence des eaux étaient merveilleuses, les rochers de diverses couleurs, leur structification eussent fait honneur à un géologue émérite.
Je suis donc très étonné du bruit de mauvais aloi que l'on fait à l'entour de ce petit être si extraordinaire, connu comme tel par toutes les personnes qui avaient des relations d'amitié ou d’affaires avec vous. La trace lumineuse que son génie précoce, et hélas! trop éphémère, a laissé et laisse encore sur la terre ne sera pas ternie par ses détracteurs et ses envieux.
Je suis toujours à votre disposition, mon cher ami, pour affirmer devant qui de droit et en présence de vos contradicteurs l'entier contenu de la présente.
En me rappelant au souvenir de votre respectable famille, je
suis bien à vous. 7e Signé : FRiTz RITTER.
IL existe à l'heure qu'il est au moins trente-sept attestations tout aussi concluantes et émanant de personnes tout aussi honorables, Celle-ci a été choisie à cause de la notoriété de son signataire, notoriété qui donne plus d’apaisements au sentiment public. Toutes les autres d’ailleurs, viennent d’être publiées par la Fédération artistique d'Anvers, du 9 avril. (Elles sont reproduites p. 277).
Si nous sommes bien informé, la Rédaction de l'Echo du Parlement s'était engagée, comme la loyauté du reste le demandait d’elle, à insérer ces divers documents dans son n° du samedi 10 avril, le temps manquant pour le faire dans le n° du 9. Or, dans le n° du samedi, au lieu des documents susdits, on trouve l'entre-filet suivant :
« Nous recevons une nouvelle lettre (1) de M. Van de Kerk- » hove, contenant une réponse à M. Van Hove et une foule de » choses désobligeantes pour ce dernier. [Il nous semble que » notre correspondant a largement usé du droit de réponse et » que l’on peut considérer cet incident comme terminé, en lais- » sant à chacun sa liberté d'appréciation.
» Disons toutefois que M. Van de Kerkhove nous envoie une » attestation de M. Fritz Ritter, consul d'Allemagne à Roulers, » qui déclare avoir vu peindre le petit Fritz et lui avoir vu obtenir » des effets prodigieux. »
Il y avait pour l’'Echo du Parlement deux marches à suivre, en présence des pièces capitales qui précèdent. La première, de s'exécuter simplement, et, après avoir imprimé, dans ses colonnes, toutes les plaisanteries de mauvais goût, toutes les injures, toutes les plus perfides insinuations, toutes les plus abominables calomnies contre M. Van de Kerkhove et contre ceux qui ont pris sa cause en mains, de donner place impartialement aux documents contraires. On pouvait toujours en ce cas plaider la bonne foi.
L'autre façon d'agir, celle qu’il a cru devoir adopter, l’expose aux jugements les plus sévères. Nous n'avons pas besoin d'insister sur ce sujet, le public s'en chargera suffisamment. Nous constaterons seulement qu'après la lettre du consul Ritter, l’une des personnalités les plus honorables de notre monde commercial, nous pourrions à notre tour déclarer que le débat est clos et la chose jugée.
Mais nous écrivons moins pour le temps présent que pour l'avenir et la postérité. Nous voulons que rien ne soit passé sous silence, nous voulons que, plus tard, on ne puisse pas, sous prétexte de manque de documents, recommencer ces contestations et cette campagne anti-patriotique. C'est pourquoi il ne nous plaît pas de nous en tenir là, non plus qu'à ceux qui marchent à côté de nous dans cette cause nationale et dans ce combat pour la justice. Ceux qui ont cru à nos paroles seront satisfaits, ceux qui ont douté de bonne foi seront éclairés et ceux qui ont agi par des mobiles que nous ne voulons pas rechercher, subiront la seule vengeance que nous ayions jamais voulu poursuivre contre eux, celle d'être obligés à reconnaître la vérité.
(1) Cette lettre (voir p. 293) réfutait victorieusement les allégations de M. Van Hove. Il est extraordinaire que c’est le moment choisi par l'Echo du Parlement pour remarquer que M. Van de Kerkhove a largement usé du droit de réponse, ce même droit dont l'Echo s’est constitué l’énergique défenseur.… pour lui-même mais non pour les autres. An. S.
208 ee
Il faut vraiment compter un peu trop sur la naïveté publique pour espérer lui faire accepter que M. Van de Kerkhove, se préparant à mystifier le monde, aurait exécuté 40 ou 50 de ses engins «pour ainsi dire sous les yeux » de M. Van Hove, mais avec un mystère assez profond pour que PERSONNE de ceux qui fréquentaient sa maison en ait jamais oui parler. Il y a une prétention qui dépasse encore celle-ci, c'est de croire qu'un seul artiste et même le plus piètre connaisseur admette un seul instant que l’auteur des paysages signés par M. Van de Kerkhove père et que nous venons de voir exposés à Gand à côté des panneauüns de Fritz, puisse être celui qui a conçu et exécuté ces petites perles de sentiment et de délicatesse. Nous le demandons à l'auteur de la remarquable correspondance insérée dans la Flandre libérale du 2 avril courant. C’est faire honte au jugement public. Jamais dissemblances plus cruelles (que M. Van de Kerkhove me le pardonne!) n’ont existé entre des œuvres d'un même genre et je ne saurais assez répéter ce que j'ai dit ailleurs, que, d’après moi, jamais M. Van de Kerkhove n’a su peindre ni une pierre ni un arbre.
A ce propos nous avons vainement cherché le panneautin identique dont, depuis si longtemps, nous réclamons vainement l'exposition publique. M. Hymans nous dit qu’il n'a pas attendu notre demande pour l'envoyer au directeur de la Flandre libérale, celui-ci désirant le voir. Mais ce n'est pas là du tout ce que nous demandions. Ce n’est pas dans le pupître d’un directeur de journal que doit être rentermée cette pièce de conviction; c'est au public qu'elle doit être soumise, en même temps que les panneautins livrés par la famille Van de Wiele pour témoigner contre M. Van de Kerkhove. Nous insistons plus que jamais sur ce point; en effet, si dans notre pays, on n'ose plus guère en parler, on continue à l’exploiter en France où M. Tardieu imprime dans l’Aré (1) ce qui suit :
«Avant la publication de son enquête (2), et pendant qu'il » s'y livrait, le hasard m’a permis de mentionner dans ma pre- » mière correspondance trois panneaux de M. Van de Kerkhove » père, identiques (3) à ceux du fils, et ce n’est pas plus ma faute » que celle de M. Rousseau, si cette coïncidence plaide contre » la légende dont M. Ad. Siret s’est fait naïvement l’apôtre. »
(1) Article dont nous nous sommes occupés page 152. (2) L'enquête Rousseau.
(3) Voir plus loin la lettre de M. Baes.
On le voit, il est plus que temps qu'on en finisse avec cette « légende » des panneautins identiques, et, puisque l'exposition des œuvres de Fritz va s'ouvrir à Liége, nous demandons que les trois panneautins identiques soient envoyés à la Société d'Emulation qui dirigera l’exposition. Si cette fois encore, on élude notre mise en demeure, nous aurons le droit de proclamer haut et ferme que cette identité est une des nombreuses fables inventées pour les besoins de la cause.
Ces lignes étaient écrites, lorsque la Flandre libérale du 9 avril nous apprend qu'après la publication de la lettre de M. Van Hove, « M. le Rédacteur en chef de l’'Echo du Parlement trouve » désormais inutile l'exposition du tableau signé J. Van de » Kerkhove. »
Cette façon inouïe de procéder est pour nous une räison de plus pour exiger la production PUBLIQUE de ce panneautin et des deux autres.
Tâchons maintenant, s’il est possible, de rassembler les divers reproches que l’on nous fait et de les rencontrer en une seule fois. De quoi sommes-nous coupable ?
1. D'avoir trouvé charmants, parfois admirables, des panneautins qu'on nous a soumis et d’avoir appelé enfant génial l'être si jeune qui en était l’auteur.
2. D'avoir été heureux de faire connaître à notre pays, un cas aussi intéressant et une gloire nationale aussi pure et aussi extraordinaire.
3. D'avoir cru à la parole d'un honnête homme, après que, n'en déplaise à l'Echo du Parlement, nous avions eu tous nos apaisements sur l'honorabilité de cet homme.
On n'exigera pas, sans doute, que nous disions où nous avons puisé nos références. Toutefois Bruges ne manque pas d’autorités respectables et respectées, d'hommes considérables que l'on peut consulter et dont la position ou le caractère sont de nature à contenter les plus difficiles. [ls sauront bien dire si ce négociant, ancien conseiller communal, accusé d'organiser sur la tombe de son fils «une farce monstrueuse » « une supercherie méprisable » «une mystification colossale » leur semble mériter, pour son astuce, «cet excès d'honneur » et pour son cœur, «cet excès d’indignité. »
4. D'en être encore, après six mois, à promettre des preuves. Ces preuves ont été fournies quand on les a demandées. Les noms des attestants ont figuré dans nos colonnes dès le début
de la campagne. On les a passés sous silence; M. Van de Kerkhove a envoyé les originaux à un journal qui a souhaité que M. Van de Kerkhove pût fournir des arguments plus solides. Après les preuves matérielles sont venues les preuves morales, parues dans le n° 6 du Journal des Beaux-Arts. Pour unique réponse on a publié la lettre passionnée de M. Van Eove. La Fédération artistique donne in extenso le texte clair, catégorique et péremptoire de trente-sept attestations. { Voir p. 277).
Silence … c'est le mot d'ordre donné.
Et d'ailleurs, la question est déplacée, encore une fois. Je rencontre des chefs-d'œuvre dans leur genre; un homme me dit : ils sont de mon fils, mort avant onze ans. Je ne connais pas cet homme. Je m'enquiers de sa valeur. On me répond que c'est un homme parfaitement estimé et estimable et dont la loyauté ne saurait être mise en doute. J'entre en correspondance avec lui : sa bonhomie fine et intelligente, ses sentiments de famille honnêtes et simples, sa tendre et touchante affection pour son fils, affection toujours exprimée sans emphase, l’accent de vérité parfaite qui ressort de chacune de ses lettres, corrobore tout le bien qu’on m'en a dit, et, dès lors, je ne doute plus de sa parole, comme je ne douterai jamais de celle d'aucun honnête homme notoirement connu comme tel et comme je prétends qu’on ne doute jamais de la mienne. Si mes contradicteurs trouvent cela «étrange » je les plains ; leur vie doit être un enchaînement continuel de défiances, de soupçons, de doutes et de difficultés. Pour moi je suis de l'avis d’un honorable magistrat qui me disait, il y a quelques jours à peine : « Ce n'est pas à M. Van de Kerkove à fournir les preuves de ce qu'il avance, c'est à ses adversaires à prouver que leurs accusations sont fondées et que M. Van de Kerkove est un homme sans honneur et sans parole. »
Or, jusqu’à présent tout ce qui a été si péniblement échafaudé pour nier la lumière, n’a pas même effleuré cette vie consacrée au travail, au devoir et à la famille et n'a, par conséquent, aucun fondement ni aucune valeur. Au contraire : quand on a pu réfléchir à la conduite de certains témoins à charge, aux contradictions, aux déclarations passionnées, aux impossibilités mises en avant, aux thèses et aux hypothèses plus saugrenues les unes que les autres, qui ont été soutenues, on peut résumer le débat en peu de mots :
D'un côté, M. Van de Kerkhove qui, dès le principe, n’a dit qu'une chose : J'affirme que c’est là l'œuvre de mon enfant. De
l’autre, un dédale sans issue, un labyrinthe entrecroisé par les chemins les plus tortueux où bien fin sera qui trouvera le fil conducteur.
Parmi les « preuves » apportées contre les aptitudes de Fritz, il y a celle d’une lettre de nouvel an écrite par celui-ci à son parrain, en 1873, et qu'on avait tracée d’abord au crayon pour que l'enfant n'eût qu'à la repasser à l'encre. Nous n'avons jamais interrogé M. Van de Kerkhove sur ce détail, mais en admettant qu’il soit parfaitement exact, nous devons sourire malgré nous de la puérilité de pareilles rafsons et nous demandons pardon au public d’avoir à y répondre. Tout le monde connaît l'Autographe. Nous y trouvons des lettres signées par les plus grands hommes et qui, si elles avaient été tracées d’abord au crayon, pourraient du moins être déchiffrées. Nous-même, avons dans nos portefeuilles, quelques billets émanant d'excellents artistes contemporains à qui nous n'avons jamais fait un crime d’être éclipsés par nos plus jeunes enfants dans la façon de tracer les caractères.
Le texte des 37 déclarations publiées par la Fédération artistique (voir p. 277) a produit dans le public un effet immense, et la question que l'Écho du Parlement enterre si gaillardement tous les jours se relève plus vivace que jamais. Les pièces publiées par notre confrère doivent confondre des adversaires qui, à une incrédulité que nous avions comprise au début, ont joint une passion sans mesure aucune et leur enlevant toute notion du vrai et du faux. Quelle sera leur conduite maintenant que de toutes parts Jaillissent des clartés jugées inutiles dans le principe?
Nous recevons de M. Edgard Baes, paysagiste à Bruxelles, en date du 5 avril, la lettre suivante, intéressante à plus d’un titre:
A M. le Directeur du Journal des Beaux-Arts.
Monsieur,
Puis-je solliciter de votre obligeance l'envoi d'un ou deux numéros du Journal {relatifs à la question Fritz). Le mien ayant été communiqué hier à quelques artistes réunis en société, ne m'est pas revenu intact : on s’arrache les nouvelles qui ont rapport à cette affaire.
A cette réunion assistait un artiste ayant fait partie de l’enquête, et qui a montré deux panneaux faits par M. Van de Kerkhove père; mais tous les assistants ont été unanimes à déclarer qu'il y avait une énorme différence avec les tableaux de Fritz (de beaucoup préférables).
Je crois donc que l’idée de confronter les deux accusés, puisque l'affaire semble entrer dans une phase judiciaire, doit être prise en considération par les connaisseurs qui s'intéressent à la solution de cette question.
Je dois ajouter que le Monsieur dont je viens de parler, a une réputation d’honorabilité parfaite, mais qu'il déclare ne pas avoir vu l'exposition Fritz, chose que, d’ailleurs, M. Rousseau a insérée dans son rapport.
La publication de votre dernier numéro, Monsieur, établit complétement, selon moi, que l'enfant a peint, a ébauché les panneautins. — Le seul point désormais en litige et qui me paraît avoir une importance minime, c’est de savoir si le père a déterminé sur cette ébauche sèche, les quelques contours qui accentuent les tableaux. A cela je crois que M. Van de Kerkhove a répondu déjà en déclarant qu'il avait retouché certaines éraflures, et posé la silhouette et la signature. Mais s’il en était l’auteur (des contours), je ne vois pas en quoi cela diminueraïit la valeur des panneautins dont le charme et la beauté incontestable ne sont que le fait d’une réunion de tons harmoniques, que bien des peintres ne réussiraient pas à juxtaposer, malgré toutes les recettes publiées dans l'Écho du Parlement. La preuve en est, que plusieurs artistes ont essayé, en silence, et ont gardé modestement leurs Fritz chez eux.— D’autres en ont réussi un, avec l’aide du hasard, et en sont restés là.
Je me souviens d’avoir vu un des Fritz, contourné au bitume, d’une main tremblante (c'est un château gothique), et qui évidemment n'est pas le produit de la pointe caractéristique du père. Dès lors, pourquoi nier les autres dont la partie linéaire se borne, dans les plus beaux, à 3 ou 4 raccords de troncs d’arbres ou de formes de rochers?
J’ajouterai que j'ai ici un neveu, garçon de 7 ans, qui, sans montrer de dispositions extraordinaires, fait parfois des dessins au trait (copiés) qui peuvent rivaliser avec la partie linéamenteuse des panneautins de 1870; en ajoutant un goût plus prononcé, un tempérament plus artistique, enfin du génie, on doit arriver à admettre selon moi la probabilité du travail de Fritz.
Dans tous les cas, Monsieur, je dois vous dire que votre dernière publication a dissipé bien des doutes.
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