‹ L'enfant de BrugesChapitre 61 sur 83 · SE PO · texte numérisé non relu

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cours, justement parce qu’ils doutent de l'authenticité de l'œuvre. En présence de l'attitude que vous avez prise, vous ne pouvez, sans encourir le reproche de partialité et de prévention, vous refuser à vous éclairer sur une question, jusqu'ici imparfaitement examinée. »

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Mais quittons ce sujet, pour en revenir à l'Opinon.

Ce journal, ainsi que l’Echo du Parlement, du reste, nous paraît s'être singulièrement enferré sur la foi d’on dit, dont il n’a pas suffisamment contrôlé la véracité.

Quel que soit le résultat de l'affaire, dans laquelle il s’est si péremptoirement prononcé, il encourra toujours le reproche d’avoir agi avec légèreté, en n'accueillant dans ses colonnes que ce qui était de nature à apporter un certain appui à ses premiers arguments.

Si nous triomphons dans cette cause que nous croyons imperdable, ce ne sera pas sans efforts, et sans nous être entouré de tous les renseignements de nature à éclairer le public.

Si au contraire, la victoire reste à M. Rousseau et à l'Opinion, personne ne pourra nous taxer d'imprévoyance et de manque de sang-froid.

Et, plus à même que qui que ce soit, de rédiger le réquisitoire après nous être chargé de la défense, nous apporterons aux incrédules l’appoint considérable de notre religion surprise et de notre bonne foi abusée.

Jusqu'ici, cependant, nous croyons n'avoir rien à craindre, ayant devant nous le temps qui fait triompher les causes perdues.

En terminant sa réponse, qui n’en est pas une, l'Opinion regrette de ne pas trouver, parmi les témoignages publiés par nous celui du médecin qui a soigné l'enfant.

Il y a longtemps que nous avons entendu parler de ce spécialiste qui se déclare, paraît-il, énergiquement contre l’authenticité de l'œuvre attribuée à son jeune client.

L'enquête qui s'organise, s'adressera, nous l’espérons, au médecin en question. Pour ce qui nous concerne, nous y pousserons de tout notre pouvoir. Mais si, par hasard, la déclaration de l’homme de science, n'était pas d'accord avec des témoignages, moins autorisés, théoriquement parlant, émanant de gens qui nous attesteraient naïivement ce qu'ils ont vu, sans se préoccuper

de Gall et de Lavater, nous nous permettrons d'accorder assez peu de foi à une opinion médicale, basée seulement sur le souvenir. Il s'est trouvé des médecins très consciencieux, pour déclarer que M. Sandon, le Latude du second Empire, était fou à lier, alors que la suite a prouvé qu'il n'en était rien.

Tous les médecins du monde viendraient nous assurer que M. Eugène Gressin Dumoulin, rédacteur en chef de l'Opinion, n'a pu être l’auteur des charmants articles, parfois un peu paradoxaux, que le public anversois lit avec tant de plaisir, nous les traiterions cavalièrement de radoteurs, en présence du fait

acquis.

GUSTAVE LAGYE.

JOURNAL DE BRUXELLES, 17 avril 1875.

Une feuille satirique de Bruxelles consacre deux de ses colonnes à déblatérer contre M. Siret. Elle affirme que l'honorable commissaire d’arrondissement de Saint-Nicolas était désigné par M. le ministre de l’intérieur, par suite d’intrigues, au poste de directeur des Beaux-Arts. Cela est radicalement faux. Il n'a pas été un seul instant question de M. Siret pour ce poste, et M. Siret n'a fait aucune espèce de demande dans ce sens. Voilà la vérité pure et simple.

L'IMPARTIAL, 18 avril 1875.

L'enquête du Willems-Fonds sur l'affaire de Fritz Van de Kerkhove vient de révéler des faits curieux en faveur de ce jeune artiste trop tôt enlevé aux beaux-arts. M. Siret qui le premier a fait connaître la précocité de l’enfant-phénomène s'est vu attaquer par quelques détracteurs qui mettaient en doute l’authenticité de l'œuvre exposé à Bruxelles, Anvers et Gand.

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Aujourd’hui l'opinion publique est satisfaite et nous croyons devoir donner les attestations suivantes, sur cette affaire qui préoccupe vivement le monde artistique. /{Suivent les déclarations connues de M. L. Rousseau, P. Van Dycke, A. Mazeman, Vincent, De Cloedt, F. Callewaert en Van Mullen).

Toutes ces déclarations affirment que le jeune Fritz Van de Kerkhove était bien le peintre dont M. Siret a chantéles louanges. Aujourd'hui la lumière est faite et donne pleinement raison à ceux qui ont révélé la précocité du jeune artiste dont l'avenir était brillant. Nous sommes persuadés que nos lecteurs seront convaincus comme nous de l'authenticité de l'œuvre exposée à Bruxelles, Anvers et Gand.

LE DROIT, 21 avril 1875.

Dans la question Van de Kerkhove les faits parlent aussi hautement, mais comme ils sont dénaturés par le parti-pris et la malveillance, nous les résumerons en toute sincérité, avant qu'il s'en ajoute d’autres, afin d'élucider la situation. En mars et en mai 1873, M. Siret reçoit de J. Van de Kerkhove de Bruges, qui lui est inconnu, des lettres. à propos d’affaires d'art et du concours de gravure à l'eau forte ouvert par le Journal des Beaux- Arts.

Le 13 août 1873, il reçoit une lettre de faire part de la mort de Fréderic Van de Kerkhove.

Le 27 décembre 1873, une lettre de remerciments aux condoléances qu'il avait adressées, où il est parlé des dispositions de l'enfant et de ses « tableautins fort passables. »

Le 27 avril et le 25 juin 1874, des lettres accompagnées de gravures faites d’après quelques-uns des tableautins, et l'annonce de l'envoi de deux de ceux-ci.

« Le 13 juillet, dit M. Siret, reçu les deux petits paysages. Frappé de leur beauté. Ecrit au père mon étonnement. »

A partir de ce jour, de cette impression, des rapports suivis s’établissent entre ces messieurs ; M. Van de Kerkhove renseigne complètement M. Siret sur son fils; par suite le Journal des Beaux-Arts signale en août 1874, la découverte de l'enfant phénoménal. Quelques-uns sont incrédules.

M. Van de Kerkhove n'attachait pas, avant ce fait, plus d’im portance aux tableautins de son fils, que le peintre Van Hove, avec lequel il était lié et qui avait vu souvent peindre Fritz ; mais il n'hésite pas à reconnaître qu'il s’est trompé, que le talent de son fils a été méconnu par lui; et M. Van Hove, entraîné sans doute par son exemple, corrobore au salon de Gand, en septembre 1874, avec M. E. Landoy (Bertram), aussi ami de M. Van de Kerkhove, tout ce que celui-ci avait dit à M. Siret de son fils, dont deux tableautins exposés au salon excitent chez ces quatre messieurs, une admiration qui se trouve en quelque sorte consignée en termes éloquents, dans un article du Journal de Gand, du 13 octobre.

Le 25 septembre 1874, M. Siret soumet à ses collègues de l'Académie une vingtaine de panneautins. Ils sont accueillis avec une vive admiration. Une exposition plus complète a lieu au Cercle artistique de Bruxelles en février suivant, et cette exposition produit un effet aussi extraordinaire. Tout le monde est saisi. La découverte d'un génie rudimentaire, pour nous servir de l'expression de M. Camile Lemonnier dans l'Art universel, est admise généralement.

Cette découverte rend confus M. Van de Kerkhove et les siens; l'extrait suivant d'une lettre écrite par lui, le 28 septembre 1874, à M. Siret, constate ce sentiment :

« .… Nous nous regardons ici, ma femme, ma fille et moi, d'un air ébahi chaque fois que nous recevons une de vos lettres, étonnés de l'importance que prend cette affaire et tone d'avoir fait si peu de cas de tout cela... »

Cette honte que le père avoue franchement, l'ami, M. Van Hove, l’éprouve certainement aussi, mais il ne l'avoue pas; pour se tirer d'embarras, pour sauvegarder son amour-propre, il change de conduite; à quelques incrédules, qui viennent l'interroger, il répond que Fritz était « incapable de rien faire. » Le parrain de Fritz, avec qui le père avait eu des démélés, s'empresse d’accourir dans les bureaux de l'Echo du Parlement pour déclarer que l'enfant «n'avait jamais peint! » Là-dessus, M. Rousseau organise une enquête pour démontrer la supercherie; ne tenant aucuñ compte des attestations en faveur de l'authenticité, qui sont nombreuses, de toutes sortes et des plus concluantes, il s'appuie principalement sur le fait que ce que l’on nomme les premiers peintres de Bruges nient la possibilité de cette authenticité et sur celui que le père Van de Kerkhove a imité la manière de travailler de son fils. Mais son enquête est dressée avec

tant de partialité que le public n’en tient pas compte. C’est alors que M. Van Hove se décide enfin à témoigner ouvertement, dans l'Echo du Parlement, par une lettre à l'adresse de M. Siret, contre l'authenticité des tableautins, et son témoignage paraît écrasant pour les artistes, hélas! trop nombreux, qui considèrent comme une humiliation pour eux qu'un enfant ait pu s'élever à leur hauteur ou les dépasser.

M. Van Hove agit ainsi par honte d'avoir méconnu Fritz et son œuvre. En effet, si son aveu qu'il induisit en erreur M. Siret et le public, pour être agréable à M. Van de Kerkhove, était sincère, il dénoterait chez lui une déloyauté qu'aggraverait encore son arrogance.

Nousterminerons cette narration et cette interprétation loyales des faits par les lignes suivantes, extraites d’une lettre de M. Barthélemy Dumortier à M. Siret, son collègue de l’Académie, lettre insérée dans le dernier numéro du Journal des Beaux- Arts : (voir p. 303).

La Chronique attaque M. Siret dans cette affaire, parce que, dit-elle, M. Siret est un catholique renforcé.

M. Siret ne s'occupe pas de politique.

Mais M. Van de Kerkhove est un libéral renforcé.

Cependant il se trouve soutenu par des catholiques et combattu par des libéraux.

Les attaques de la Chronique attestent que, dans le camp libéral, l'on obéit à l'esprit de coterie, et la lettre de M. Dumortier, que chez les catholiques il y a de la sincérité.

L'explication du revirement de M. Emile Leclercq (Jacques), dans ce journal, n’est pas claire du tout.

Si les deux lettres sur l'authenticité des tableautins écrites par M. Van Hove à M. Emile Leclercq ne signifient rien, pourquoi celui-ci, à leur réception, s'est-il prononcé en faveur de l’authenticité ?

La conduite de M. Leclercq est aussi louche que celle de M. Van Hove : il vire de bord avec celui-ci et place son témoignage équivoque au-dessus des témoignages de gens nombreux, dont la sicérité n'est pas suspectée.

PALL MALL GAZETTE et THE ACADEMY. Ayril 1875.

Dans le courant du mois d'avril la Pall Mall Gazette de Londres et l'Academy ont, d'après le journal français, l'Art, donné une analyse incomplète et inexacte de cette affaire. J'ai adressé à ces deux journaux de brèves explications avec quelques attestations infirmant les dires de l'Art.

Le Pall Mall et l'Academyÿ se sont tus.

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