ENCORE
Nous n’en finirons pas : cette affaire Van de Kerkhove devient un véritable gâchis.
Mon ami Emile Leclercq se trouve obligé de protester contre certaines affirmations publiées dans le Journal des Beaux-Arts.
Parmi les personnages des causes célèbres, le petit Fritz et son entourage occuperont une belle place!
Voici la lettre adressée à M. Siret :
« Monsieur,
» Dans le numéro 7 du journal artistique que vous dirigez, se trouve une lettre que M. Van de Kerkhove vous a adressée sous la date du 8 mars. J'y relève les passages suivants :
« M. Van Hove m'a encore dit qu'il se fait en ce moment une » enquête dirigée par M. Leclercq. Il s’est adressé à lui. J'ai lu » Ja lettre dans laquelle M. Leclercq lui demande s’il est vrai
» que Fritz a travaillé avec lui dans son atelier, et même pour » lui ; il lui demande, en outre, comme ami, de lui dire la vérité, » toute la vérité. Van Hove a répondu qu'étant toujours à » Heyst, il lui arrivait de temps en temps de venir me rendre » visite et qu’il avait vu peindre Fritz une fois, sans y faire plus » d'attention que les parents eux-mêmes, que les artistes avaient » tort d’exagérer cette affaire, qu’il avait lui-même en sa posses- » sion un tableautin où se retrouvaient toutes les qualités de » l'enfant; mais qu'il n’y avait là rien de miraculeux, etc.
» M. Leclercq lui demande aussi des noms. Van Hove répond » qu'il ne veut pas se mêler de cette enquête, que le temps lui » manque, etc., etc... »
« La plupart de ces allégations sont fausses, soit que M. Van Hove les ait réellement produites, soit que les souvenirs de M. Van de Kerkhove lui aient fait défaut.
» 10 Je n'ai jamais eu l'intention de faire une enquête, et je n'ai pas écrit à M. Van Hove que j'allais en diriger une;
» 20 Je n'ai pas demandé si Fritz avait travaillé chez et pour M. Van Hove;
» 30 M. Van Hove ne m'a pas répondu qu'il avait vu peindre Fritz, ni qu’il eût en sa possession un des tableaux de l'enfant;
» 4° M. Van Hove ne m'a pas écrit qu'il ne voulait nullement se mêler de l'enquête que je désirais faire, pour la bonne raison que je n’ai jamais dit que j'eusse cette intention.
» Veuillez, monsieur, insérer ces rectifications dans le plus prochain numéro de votre journal, afin de rétablir les choses dans leur réalité.
» Agréez, etc. » EMILE LECLERCQ,. »
Où est la vérité, dans cette affaire embrouillée? Qui est-ce qui se fait illusion? Quelles sont les gens qui ont trop d'imagination et qui se plaisent à suivre des voies tortueuses quand il leur serait si facile de rester dans les bornes de la réalité? Questions obscures et que peut-être on ne résoudra jamais.
JACQUES (1)
Voici la note que M. Van de Kerkhove nous transmet en réponse à ce qui précède :
« En vous disant que j'avais /u la lettre, je croyais bien être
(1) I n’est pas inutile d'apprendre au lecteur que M. Emile Leclercq et
M. Jacques représentent la même personne.
An. S.
» dans la vérité. M. Van Hove la lisant devant moi, je ne me » serais pas permis de la vérifier. Voyant la lettre et même » l'écriture, et ayant à cette époque confiance complète en » M. Van Hove, qui me la lisait, c'était exactement pour moi » comme si Je la lisais moi-même. Un des miens, plus clair- » voyant peut-être, m'a demandé si j'avais vu la signature, j'ai » répondu que non, mais que j'avais vu les lettres, je crois me » souvenir qu'il y en avait deux. La déclaration de M. Leclercq » dans la Chronique m'ouvre encore davantage les yeux et me » montre comment j'étais payé de mon affectueuse confiance. » Alors que M. Leclercq ne songeait pas à faire une enquête, » M. Van Hove me disait qu'il l'attendait et qu'il le conduirait » chez moi! Oui, M. Leclercq a raison de parler dans son » Journal de voies tortueuses. Mais il a tort de croire que toutes » ces questions obscures ne seront peut-être jamais résolues. » Elles sont bien près de l'être et le sont même déjà pour tous » Ceux qui ont pris connaissance des derniers documents pu- » bliés. Toutefois la lumière se fera plus complète encore. »
LE DROIT, 28 avril 1875.
LETTRÉE'DE M} HERIS.
L'appréciation suivante de la question Van de Kerkhove, émane de M. Heris, si réputé pour ses connaissances en peinture, qui l'adresse à M. Van de Kerkhove lui-même, dont il reçut, à notre prière, quelques tableautins. pour l'étude dont il s'agit :
« Bruxelles, 26 avril 1875.
« Monsieur,
« J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire en date du 17 courant, ainsi que la caisse contenant une vingtaine de ravissants petits tableaux dûs au pinceau de feu votre jeune fils. Au moment de leur déballage, un de mes amis, M. Noé, artiste-peintre que vous devez connaître, en reconnut un pour l'avoir vu peindre par Fritz!
« Je conçois, monsieur, votre orgueil paternel pour faire survivre cet enfant adoré et doué d’une intelligence rare dans notre siècle si avancé sous bien des rapports mais qui n’a guère progressé en fait de connaissances artistiques.
« Quel intérêt aviez. vous en faisant une exposition des œuvres du jeune Fritz, sinon de faire partager par le public les regrets que vous faisait éprouver la perte de votre enfant; mais permettez-moi de vous le dire, vous avez perdu de vue que la Belgique n’est qu'une petite ville; de là cette polémique dont les colonnes de nos journaux ne désemplissent pas.
« Deux camps se sont formés et se livrent des combats à coups de plume.. Les uns disent que nous ne sommes plus au temps des miracles et que les œuvres attribuées au jeune Fritz ne sauraient être l'ouvrage d’un enfant de 11 ans; parmi les autres, la plupart supposent qu'elles émanent de vous; s’il en était ainsi, monsieur, je me permettrais de vous en adresser mes sincères compliments; mais je viens de comparer de vos tableaux avec ceux de votre jeune homme et je trouve qu'ils se ressemblent à peu près comme un cheval à des cerises.
« Qui donc a peint ces charmants tableautins, je voudrais bien le connaître, afin de lui adresser mes félicitations, en dépit des dédains exprimés par des gens qui sans doute ne prennent pas garde que la concurrence, hélas ! n’est plus possible ici.
« Pour combattre la malveillance, les partisans de l’authenticité s'appuient sur toutes sortes de témoignages, qui paraissent irrécusables, Quoi qu'il en soit, je souhaite, monsieur, voir accepter par l'Etat votre offre généreuse ; selon moi, ces petits panneaux dignes de passer à la postérité, sont bien des œuvres de votre enfant, ils méritent d’être conservés comme éléments d'art national.
« En consultant l’histoire, l’on rencontre bien des exemples de précocité analogues à celui-ci. Jacob Ruysdael était né en 1635 ou 1636 et j'ai possédé de ses tableaux signés et datés 1647 et 1648. Raphaël mort à 37 ans, a dû commencer bien jeune à produire pour avoir laissé les nombreux chefs-d’œuvre que l'on admire dans la plupart des galeries de l'Europe. Paul Potter qui mourut à l’âge de 29 ans, peignit à 17 ans son fameux tableau connu sous le nom de : Le jeune Taureau, chet-d'œuvre qui orne le musée de La Haye.
« Votre fils, monsieur, avait reçu de la nature un don artistique, dont probablement le pauvre enfant ignorait l'importance. Non initié à la science enseignée dans les écoles de peinture et
qui est la mort de l’art, en suivant le sentier que la nature lui avait tracé, il était devenu créateur, et créateur d’un langage nouveau que nous devons avant de juger tâcher de déchiffrer. I] ne faut pas oublier que sur cent prétendus connaisseurs, quatrevingt-dix-neuf ne voient qu'avec les oreilles ; du reste, la question à résoudre appartient, semble-t-il, à l'avenir. Deux portraits, homme et femme, de Franz Hals, qu’il y a 40 ans, j'achetai en ente publique à Paris, 80 francs, viennent d’être vendus 65,000 francs; des tableaux de Van Goyen, de 10 florins, sont payés actuellement 6,000 et 12,000 francs; des œuvres de Watteau, Boucher, Pater, de cent écus aux étalages des quais de Paris atteignent de nos jours à la salle Drouot, 100,000 francs et au delà. Que dire de ces faits sinon qu'il a fallu plusieurs siècles pour rendre justice aux œuvres et aux talents de ces grands artistes ?
« Encore une fois merci, monsieur, du plaisir que vous m'avez procuré par votre aimable envoi. Si votre enfant avait vécu et suivi la voie qu'il s'était frayée, nul doute pour moi qu'il serait arrivé à produire des tableaux où la beauté qui se rencontre dans ces études se serait affirmée, et par lesquels son nom eut obtenu un retentissement éclatant dans l'histoire de notre école de peinture du XIXe siècle.
« Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
« HERIS, « Expert des Musées royaux de Belgique. »
Nous ne nous écrierons pas : cette lettre ferme la discussion! comme firent nos adversaires en publant la lettre de M. Van Hove, mais nous ferons remarquer qu'elle porte LE COUP DE GRACE à ceux qui nient le mérite des tableautins et la possibilité qu'ils aient été peints par Fritz.
LA FÉDÉRATION ARTISTIQUE, 30 avril 1875.
En attendant que la Fédération Artistique donne le résultat des deux enquêtes simultanées, organisées pour élucider complétement la question, elle continuera à enregistrer les diverses déclarations en faveur de l'authenticité de l'œuvre mis en doute.
En voici une assez importante de M. Heris, expert des Musées royaux de Belgique, adressée, sous forme de lettre à M. Van de Kerkhove, lui-même, qui lui avait envoyé plusieurs tableautins de l'enfant mort et quelques-uns de ses tableaux. {Voir cidessus).
Nous fesons suivre cette pièce, qui jette une singulière lumière dans le débat, de quelques fragments d’une lettre adressée à M. Van de Kerkhove père par M. De Vos, ancien procureur du roi à Bruges, actuellement juge international au Caire. {On la lira plus loin).
Nous n'accompagnerons, pour le moment, ces deux témoignages d'aucun commentaire, nous réservant d'en tirer parti dans la suite. Comme nous l'avons dit, nous instruisons ici patiemment et consciencieusement un procès dans lequel des juges prévenus ou intéressés se sont trop hâté de se prononcer. Si l’erreur est prompte à faire son chemin, la vérité demande du temps et des efforts pour être acceptée et reconnue de tous. C'est cette tâche que nous avons assumée et que nous saurons remplir jusqu'au bout.
* + Suivent deux nouveaux témoignages que nous traduisons du flamand :
Le soussigné déclare que, par suite du commerce de tableaux auquel il se livre, il a fréquenté la maison de M. Van de Kerkhove pendant les années 1870, 1871, 1872 et 1873, qu'il a vu fréquemment peindre le jeune Fritz, sur de petits panneaux, et qu'il lui en a même demandé un.
Si Re de Signé : HuLsrarp.
Le soussigné déclare, par la présente, que pendant l’espace de temps de 14 mois, pendant lesquels il a demeuré chez M. Van de Kerkhove, en qualité de domestique, il a toujours entendu dire, si bien par les domestiques, les ouvriers, comme par les parents, que le petit Fritz a été bien réellement l’auteur des petits tableaux exposés. Il affirme de plus, sur la foi du serment, n'avoir jamais vu le père occupé à peindre des paysages analogues et qu'avant que M. Siret eut affirmé au père que les dits petits tableaux étaient des œuvres de maître, on en faisait si peu de cas que, lui même, il en a retrouvé un, parmi de vieilles pierres et des pots à fleurs brisés.
Cette déclaration peut d'autant mieux être considérée comme juste et impartiale, que j'ai abandonné mon service, à la suite d'une discussion avec monsieur et madame Van de Kerkhove.
Aussi, dans le cas, où le moindre donte s'élèverait contre ma déclaration,
je n’hésiterai pas à la renouveler publiquement. Signé : LOOSBERGHE.
A bientôt de nouveaux renseignements et de nouveaux faits. GUSTAVE LAGYE.
JOURNAL DES BEAUX-ARTS, 30 avril 1875
Lorsque nous disions, dans notre dernier numéro, que les moyens employés contre l'authenticité de l’œuvre de Fritz « donneraient à croire que, sous la question Van de Kerkhove, » il en est une autre qui échappe à notre perspicacité » nous ne nous doutions pas qu'un enfant terrible, parmi nos adversaires. se chargeait, dans le moment même, de nous éclairer. Quelques esprits fins et habitués à lire entre les lignes, nous avaient bien suggéré une explication à ce sujet, mais, trop modestement, paraît-il, nous n'avions pas cru pouvoir l’accepter. Nous avions tort. Nous savons maintenant à quoi nous en tenir. Fritz Van de Kerkhove eût été sans doute, non-seulement accepté, mais acclamé par une grande partie de nos contradicteurs, s’il avait eu un parrain de leur choix et de leurs amis... Mais périssent plutôt toutes les illustrations nationales que d’accorder à d’autres le bénéfice d’une semblable révélation !
L'œuvre est si extraordinaire, si charmante que, pris à l'improviste, on admire, on applaudit sans réserve. Tout à coup la réflexion succède à l'enthousiasme, et la scène change. Ne pouvant nier la beauté, on semble douter de la provenance; ne pouvant aller à l'encontre de ces milliers de spectateurs d'élite, sortant ravis de leur contemplation, on sème dans leur esprit le soupçon et le trouble. Nous le disons, avec un profond sentiment de regret pour notre pays, mais si pareille chose se fût produite en Angleterre, en France ou en Allemagne, on eût, non pas cherché à étouffer l'étoile brillante qui avait lui dans le ciel national, mais on l’eût exaltée au delà de sa valeur. Si ce sentiment peut être blâmé dans son exagération, il n'est au moins que l'excès d’une noble qualité. Mais que dire du sentiment contraire? La vérité : c’est qu'il est indigne d’un peuple jaloux de sa propre gloire et que, si l'honneur de l’art national pouvait être menacé par une animosité privée que rien même ne justifie, ce serait à désespérer de la Belgique intellectuelle.
Mais heureusement il n’en est pas ainsi. Les attestations produites in extenso par la Fédération artistique et par le Journal des Beaux-Arts, les contradictions étranges, les obscurités, les routes tortueuses suivies par les principaux témoins à charge, tout cela, peu à peu, a dessillé les yeux et imposé silence aux détracteurs. Ceux-ci se taisent parce qu'ils se sentent condamnés par l'opinion publique; ils se taisent parce qu’ils comprennent
qu’il y aurait de l'insanité à retomber dans leurs premiers errements. Tous leurs efforts n’ont abouti qu’à jeter dans les esprits des doutes dissipés aujourd’hui par des témoins oculaires. En effet, après plus de quarante déclarations catégoriques, après la lettre si claire, si concluante de l'honorable consul Ritter, lettre qui seule aurait sufh pour renverser l'échafaudage de nos adversaires, il n’est plus possible, à moins d'un aveuglement que nous aurions peine à comprendre, de ne pas se rendre à l'évidence. Un homme haut placé dans l'estime de ses compatriotes, connu par une loyauté sans tache, une rare énergie, une intelligence et des connaissances qui ne laissent pas de place au soupçon, quel qu’il soit, cet homme nous dit : J'ai vu, j'ai palpé, j'ai admiré du vivant de l'enfant; « je l'ai vu s’escrimer sur ses morceaux de » bois avec des crayons mal taillés, avec son petit coûteau chargé » de couleur qu'il appliquait sur ses panneaux de bois. Cette ap- » plication qui paraissait être faite au hasard, produisait des » effets prodigieux... »
Que peut-on vouloir de plus?... à moins de ressusciter l’enfant.. Qui sait? sans le revoir lui-même, qui sait si son ombre ne plane pas au-dessus des siens et ne se prépare pas une noble vengeance... Nous avons des raisons pour nous exprimer ainsi, on le verra plus loin.
Il ne suffisait pas aux détracteurs d’étouffer la gloire d'un enfant de leur sol, il fallait essayer de compromettre l'avenir de son œuvre; il fallait s’efforcer d'empêcher l'étranger de la recevoir comme elle le mérite, il fallait enfin essayer de lui fermer les portes du Panthéon national. C’est dans ce multiple but, sans doute, que nous trouvons dans la Pall Mall Gazette du 24 avril et extrait de l’Academy,, l’article suivant que nous traduisons :
« L'histoire du merveilleux peintre-enfant, Frédéric Van de » Kerkhove. qui a été le bruit de Bruxelles depuis quelques mois, » a eu pour dénouement une complète déception. On a fait une » enquête sur toute l'affaire et l'on a trouvé que les peintures » exposées au Cercle artistique à Bruxelles sont réellement » l'œuvre du père, un artiste d'un mérite médiocre, et non pas » du pauvre enfant qui ne semble avoir manifesté aucun talent » artistique durant sa courte existence. M.Van de Kerkhove, père, » a même été jusqu’à offrir au gouvernement un certain nombre » des peintures attribuées à son fils. Un contrat de donation » était préparé lorsque l'enquête susmentionnée a fait connaître » l'état des choses. En raison de ces circonstances, le ministre » de l'Intérieur a prié M. Van de Kerkhove d'avoir la bonté de
nee
» retirer sa donation. Les peintures en question sont maintenant » exposées à Gand, où elles produisent la même sensation » qu'elles ont produite à Anvers et à Bruxelles. Au journal » français l'Art appartient principalement le mérite d’avoir » fait la lumière dans cette mystification curieuse. L'éditeur du » Journal des Beaux-Arts de Bruxelles continue de soutenir » que toute l'histoire est vraie, et a entrepris une longue corres- » pondance à ce sujet. »
Il est facile de reconnaître que c’est principalement dans l'Art français que l'Academy a puisé ses renseignements. Nous recommandons ce véridique récit à nos lecteurs et aussi à la haute société anglaise qui a tant admiré l'œuvre de Fritz et dont plusieurs membres sont si bien à même, au nom de la justice et de la vérité qu'ils connaissent, de redresser les fausses informations fournies à leurs compatriotes. Quant à l'erreur déjà reprise ailleurs, comme on voit, et prétendant que l'Etat avait imposé au père de Fritz le retrait de son offre généreuse au Gouvernement (1), elle atteignait un but du même genre. Heureusement, comme certains brouillards méphitiques qui n'infectent que les parties basses de l'atmosphère, il est des aberrations morales qui ne parviennent pas même dans les régions élevées, ou, si elles y sont connues, elles n'y inspirent que l'indifférence et le dédain. L'Etat s'estimait et s’estime encore heureux de sauver une aussi charmante et si extraordinaire collection de l'oubli en lui ouvrant les portes de son musée. La nation en sera reconnaissante à qui de droit.
Nous disions figurément plus haut que l'ombre de Fritz préparait peut-être sa vengeance, vengeance bien digne de ce doux enfant que repousse avec une animosité sans pareille une partie de ses compatriotes. Nous voulions, avant de nous expliquer, attendre encore pour pouvoir mieux nous rendre compte du spectacle auquel nous avons assisté et pour le voir se consolider, s'affirmer mieux. Nous voulions éviter le reproche d’avoir parlé trop tôt, de ne pas avoir suffisamment laissé s'épanouir la jeune fleur dont nous allons nous occuper. Nous sommes débordé par les événements, et, quoique nous trouvions, dans de semblables circonstances, que l’on ne saurait être assez prudent, nous nous voyons obligé de parler dès aujourd’hui.
(1) L'auteur de cette erreur a rétracté son dire dans le N° 17 de l'Art.
‘ANÔÜSAMOLLIA NISYOVEJ NP 91NAPI!) ‘Lsag ‘f avd awtiduir]