M. ALPH. DUMON DE MENTEN
S'en réfère entièrement à son attestation qu’il amplifie comme suit. (Nous abrégeons).
A vu peindre l'enfant ; considère sa manière comme toute d’intuition; dès l'âge le plus tendre, il témoignait une véritable passion pour le dessin, venant prendre au bureau plumes et crayons.
Travaillait irrégulièrement, et employait l'huile, dès 1868; le père ni M. Dumon, ne fesaient grande attention à ces peintures. M. Van de Kerkhove ne s’est jamais adonné au paysage, à la connaissance de M. Dumon. Le témoin certifie que le père n’est point l'auteur des petits tableaux. Le jour de l'enquête Rousseau, M. Dumon se trouvant à Gand, y fut accosté par une personne d'Anvers qui lui dit : — L'enquête de l’Echo du Parlement est une chose terrible... Il n'est pas trop tard ; que M. Van de Kerkhove avoue être l’auteur des tableautins. — « Ce jour-là, a répondu M. Dumon, je protesterai. » — M. Dumon déclare qu'il aurait dû rester des mois entiers sans entrer dans l'atelier de M. Van de Kerkhove pour ne pas l'avoir vu travailler aux tableautins, s'ils étaient de lui. — Or M. Dumon y entrait deux et trois fois par jour.
M. Dumon a vu souvent 5 à 6 de ces petits tableaux sur le même morceau de bois. Il a vu, même, le petit en exposer au feu pour les sécher plus vite. Celui que possède le témoin lui a été donné fort peu de temps après la mort de l'enfant, et avant le bruit fait autour de cette affaire. M. Dumon connaît, parmi les tableautins exposés, surtout un petit Æiver sur lequel il y a deux silhouettes de patineurs. Z/ l'a vu faire en entier, sans que le père y touchät. Il avait une prédilection pour ce panneautin (1). — L'enfant fesait 12 ou 15 de ces petits panneautins par jour ; il fesait ses tableaux même avec ses doigts. M. Dumon se rappelle une Côte avec lointain et arbre en retraite, note trèssombre. L'enfant avait l'habitude de se coucher, mais pas en peignant. Fritz toussa continuellement, durant presque toute sa vie. Il était intelligent, bizarre et original; #/ disait bonjour aux amis, pas aux étrangers ; il avait beaucoup d'esprit d'observation,
Suit une digression à propos d'eaux-fortes, étrangère à la question.
Quand Fritz a été révélé, M. Dumon avait depuis longtemps son petit tableau... M. Dumon s'occupe de reproductions d'eaux-fortes et se dit amateur d'objets d'art... Le témoin croit que c'est le hasard qui a guidé l'enfant. Il
(1) Et ce n’est pas sans cause, Cet Hiver, l'unique, croyons-nous, de l'œuvre de Fritz, est celui qui appartient au colonel Letten et qui a été tant admiré au Cercle. (Note de la Rédaction).
considère le numéro 4 comme dessiné par le père (les figures) et peint par Fritz, les numéros 2 et 5 comme le plus dans son genre, quoiqu'il peignît souvent dans la manière du numéro 4.
On a prétendu que ceux-mêmes qui fréquentaient assidûment la maison du père, ignoraient complètement que l'enfant peignît Est-ce que la sauvagerie de Fritz, à l'endroit des étrangers, n'aurait pas contribué aux absurdes négations qui se sont produites, par simple déduction? La déposition de M. Dumon est précieuse. Rien n'y est laissé dans l'ombre. Il a vu, entendu et observé et ses affirmations ont la valeur d’un serment.
M. ALEXANDRE DE MEESTER DE SWAAF, antiquaire.
A vu des tableautins de Fritz dans la manière de Corot et de Courbet; les petits arbres que peignait Fritz étaient d’abord d’un noir gris. Le témoin a vu peindre plusieurs petits tableaux par l'enfant, Fritz parlait peu, sa mine n'annonçait pas son intelligence ; il était toujours occupé; il ne peignait jamais avec la brosse, mais avec un couteau à palette et montrait son travail au père qui disait : « C'est trop dur » ou «c’est trop mou, » puis le lui rendait. M. de Meester reconnaîtrait les tableaux du père Van de Kerkhove entre tous. Il ne l'a jamais vu peindre autrement qu'avec la brosse. Il y a diverses sortes de tableaux de Fritz. La manière n° 5 est l'habituelle ; celui avec la porte, n° 6, doit être des premiers, mais n’est pas dans la manière ordinaire. Le n° 3 est dans la manière, mais n'est pas réussi comme d'habitude. Le n° 2 est de la même main que le n° 5, selon le témoin.
M. de Meester a vu retirer les panneautins d’une caisse, dans une chambre à côté de l'atelier, de façon que les parties peintes ne se touchaient pas. M. de Meester se rappelle que parmi les tableautins de Fritz, il y en avait avec des horizons bleus, dans la manière de Courbet. Selon le témoin, le n° 7 est dans le genre de Fritz pour les arbres, mais non pour les rochers; en tous cas, pas dans les meilleurs, pas dans les bons. Fritz peignait avec des couteaux à palette, petits et autres; selon le témoin, le n° 7 n’est pas fait au couteau. « M. de Meester croyait que l'enfant manquait d'intelligence et n’attachait pas » d'attention à ce qu'il exécutait. » La première impression de M. de Meester, après la mort de Fritz, quand le père lui montra les tableautins, en les séparant les uns des autres, fut que tous n'étaient pas des chefs-d'œuvre .. M. de Meester reconnaïîtrait les tableautins restaurés par le père. M. de Meester affirme (beweert) cependant avoir vu une Plage à la brume; le témoin a remarqué ce tableautin du vivant de Fritz; c'était un soleil couchant et «il le vit à peu près six mois avant la mort de l'enfant. »
Toujours les mêmes témoignages, toujours des désignations de tableautins, vus du vivant de l'enfant, des détails sur sa manière de peindre! Toujours la constatation de son intelligence, de ses talents précoces et l’incompétence du père, en matière de paysage! Mais nous ne sommes pas au bout.
M. EM. VAN DE WALLE, FILS (âgé de 13 ans).
Peu important. S'occupe beaucoup de Fritz comme dessinant continuellement. Dit avoir beaucoup de paysages dessinés par lui. (Voir au dossier du Willemsfonds, si on désire en savoir davantage).