L'AMANT
plaça méthodiquement les papiers dont était bourrée sa serviett e d^ magistrat, ,de^çei;^ditj à six heures sonnant, dans, l^^^alle à
Sa fille y était dé^à, dçbout, attendant l'airivée de son pèpe pour se mettre à table. , ,
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Un doï^estique vêtu de noir, cravaté et.g-arite de blanc, était là»
aleacieux^t gourme, prêt a servir. . , ^
• ; . '.Y^n^;;!'. vii->:y .if^^^iui ;■.;.= ;r) rio ™- 'i-ivnnao .U» ^Jnu/Tlnoo — Bonjour, mon père, — dit la jeune urlo, en tendant respec-
ti^eusemeut son front bas, cfui saillait en une bando étroite et'
blanche entre ses cheveux bruns et la lig'ne sombre de ses épais
sourcils. t r I
Son père y dépos:^, ses leurres, sèches, et s'assit à sa plaça, en face d Emma. . ♦
L.a table était grande, grande la pièce, et la iiueur xl'une énorme lampe a suspension, recouverte d un lourd apat-iour d'étoile verte, 'ne parvenaîi cm'à pejne à trouer les ténél^reis qui se reki.çiaient aux angles de la salle. '
Mademoiselle Emma aVait ce nême air préoccupé' 'èiU'yti'pW sombre que nous avons déjà signale chez la jeune fille, lorsque nous la vîmes pour la première fois chez madame de Severin, ajtt-ès raccômplisgement de l'assassinat, . ' ""
Le repas fut assez bouft et presque abébîiittï-ëïît^ïîënblëu^'.'*''" ^•Ilétaîtd« règle,' chez M. Dalifrôy, qu'on ne parlât pas devant les domestiques.
l^e i^ere et la une passèrent dans une pièce voisine, ou brillait
■èo^AiVi'jin hi-.'wi> lù) 'iïii >f'>o oifoonciHy/Iq £;a /; Jiiôma.upëiU'id avoifis Mademoiselle Epamas^çissit sur uiiie chaise basse, près de la
cnemmee,, et prit un ouvrage de broderie, commencé depuis
longtemps, d'un air nonchalant, tandis que M.. Dalifrôy, debout,
chautlait se^ mollets a la flamme claire,
;;J-:/,.: ni, X:. ! ^i:;; ^ .(.= .].. .■-;...',)' '^O'jjjraj'
^^I^,4ome3Uqa9, gui, ;a,yait déjà servi à table, apporta un pla- *^H:.?5'P?->4'H^.^ 'HVf^liÇir.e, d'une tasse et d'un sucrier, déposa IC: tout sur un, guéridon, à portée de son maîtrejL.et se r.<?tii:a discrè-î te ment. ,,^
>i')^\fi^1f^*?J F?f^??¥*;®^4^Wi^t^se neuh ./uJ) :firrî
,..l/.i'jmâllijjpiu.''.!
L'ENFANT DE L'A^IANT 67
II y consacrait un quart d'iieure, pendaat lequel il causait ayec sa fille, puis se retirait dans son cabiaet.
Ce court instant était consacré aux conversations intimes.
— Kh bien, mon père, — dit Emma, après une minute cFua silence pesant, sans quitter son ouvrage, d'une voix à la fois contrainte et ennuyée, — où en êtes-vous de cette affaire? La prévenue a-t-elle parlé ?
— Je suis content, Emma, très content. La prévenue est l'adversaire le plus difficile que j'aie encore rencontré... mais on ne m'échappe pas.
-- Vous avez découvert la vérité? — Elle paraît fort distinguée cette jeune fille.
— Il n'y a pourtant rien que de fort banal dans le fait de cette misérable créature. C'est une filld qui a tué son amant, voilà tout, après avoir tué son enfant, selon toute vraisemblance.
Mademoiselle Dalifroy tressaillit, releva la tête, et laissa échapper l'ouvrage qu'elle tenait.
— Son enfant ! — répéta-t-elle.
— Oui, j'en ai la conviction. Ah î les infanticides deviennent chaque jour plus fréquents. Il faut un exemple... et il ne dépendra pas de moi qu'il ne soit donné. J'espère bien l'échafaud, pour cett;e fois.
— L'échafaud !... — répéta encore mademoiselle Dalifroy, — pour un infanticide !
Et ses yeux gris parurent briller d'un éclat extraordinaire, qui enleva brusquement à sa physionomie cet air de dureté morne et ce vernis d'ennui lourd qui lui étaient habituels.
— Cela vous étonne, Emma ! — Vous avez raison. Nos mœurs sont devenues si lâches et si corrompues, que la société ne sait plus frapper le crime le plus abominable. Mais ici, j'ai un avantage, — C'est l'autre meurtre. — L'inianticide ne suffirait pas... Les deux réunis emporteront la tête, et ce sera justice. Emma, passez-moi ma tasse.
L i jeune Tftlle versa le café dans la ta^e mince et légère, y mit deux morceaux de sucre et la présenta à son père, qui la prit
tranquillement.
On eût dit pourtant que la maia longue de mademoiselle Dali froy tremblait légèrement.
— Ainsi, — reprit-elle, — vous avez des preuves?
— Non, pas encore. Jo n'ai que des soupçons. Elle a avoué sa maternité. Elle a déclaré que son enf.mt, un garçon...
— Un garçon ?
— Oui, âgé de sept mois...
— De sept mois! — répéta encore Emma.
Et elle s'assit sur sa chaise basse, d'un mouvement brusfjue et saccade,
— Etait mort, sans vouloir dire de quelle mor!:, ni ce qu'était devenu le corps... Mais j'ai déjà donné des ordres... et je saurai la vérité, toute la vérité. — Cette misérable ne m'échappera pas;'
M, Dalifrôy but une gorgée de son café.
— Et vous serez sans pitié pour cette malheureuse ? — dit alors mademoiselle Dalifroy dua ton étrange.
— Sans pitié, oui, — répliqua le père, de son ton tranchant comme une lame.
Le crime, conséquence de la débauche, frappant la société à l'une de se-:j bases primordiales : la fa-nille, — qu'y a-L-il là qui^ mérite de la pitié?
Emma se tut, les yeux baissés, et M.. Dalifroy but une seconde gorgée de café.
En ce moment, le domestique ouvrit la porte, et s'avançant . vers le magistrat, lui présenta sur un plateau une lettre à large enveloppe.
— Ah ! ah ! — fit M. Dalifroy, en saisissant précipitamment la missive, — qu'est-ce que cela?
— Un garde de Pa^is, à cheval, vient d'apporter ce pli, — réporiMt'Ie' d'oÏÏiestî(fûe''én ^e retirant. ôèSiwi-g
— Cela vient de la préfecture de police ! — murmura le ju^'^'^ — Serait-ce déjà une réponse ?
Emma, qui s'était levée, lui prit des mains la tasse presque vide, et resta debout devant lui, dévorant des yeux le visage de son père, comme si le problème qui préoccupait le juge d'instruction eût éveillé en elle une curiosité passionnée.
L'ENFANT DE L'AIilANT 69
M. Dalifroy avait rompu le cachet, et^^parçpurait des yeujv la lettre. ■,,.,..,,■,'.••" , .■■■a
— J'en étais nixv ! — fit-il d'un air triomphant.
— Quoi donc, mon père? — interrogea la jeune fille.
— Eh bien, le préfet de police me fait savoir qu'on a découvert, ce matin, le corps d'un enfant du sexe masculin, âgé de six à huit mois.
— Où cela ? — fit Emma.
— Dans le puits d'une des carrières qui longent la route de Châtillon.
Mademoiselle Dalifroy poussa un cri, et son père leva les yeux
La tasse qu'elle tenait à la main venait de se briser, et les éclats en avaient pénétré dans la chair.
S-'s doigts blancs étaient couverte de sang qui commençait à tomber, goutte à goutte, sur le tapis du salon.
Elle était fort pâle et paraissait prête à se trouver mal.
— Dieu! que vous êtes maladïoite! — s'écria M. Dalifroy, troublé dans son triomphe par cet accident intempestif.
— Comment avez-vous fait pour broyer ainsi cette tasse?
— Je ne sais... — balbutia la jeune fille.
— Vous voilà blessée... Je vais sonner... Il faut vous faire ^panser... Vous êtes toute pâle.
— Cela m'a fait mal, répliqua Emma. — Je monté "dans 'ma ' chambre. N'appelez personne, c'est inutile. Marguerite my^^'cton-^"^
nera C3 qu il me faut. ^
Siiioo uup aa-iao ijp — .oviaaim Et, sans attendre de réponse, enveloppant sa main ensanglantée de son mouchoir de batiste, elle sortit un peu chancelan^,^ ol fiiumiura— ! soiloq ob aiuJosiôiq jûI sb ia&ij jdIsO —
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Qupaôiq 0B?6i ai znÏBm aab *iiq ijjl ,9979! iijBJà'a iup ^fimma
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-DuiJgni'b o^uj^ol iiBquooooiq iup amôldoiq si ia t^mfnoD,9a9q noa
.sànfloisBcq âiiaoiii/o onu olls no èlliavè Jûd aoïi
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