‹ L'enfant de l'amantChapitre 61 sur 69 · APRES · texte numérisé non relu

APRES

Une heure après, mademoiselle Dalifroy rentrait dans sa chambre, où Marguerite, effarée, n'osant faire un mouvement, ni aller au-devant d'elle, se demandait avec des frissons glacés et des claquements de fièvre, ce qui se passait là-bas^ — là-bas... où la mère et l'enfant étaient ensemble.

A la vue d'Emma, elle sentit ses cheveux se dresser sur son front.

C'est que la jeune fille était effrayante de pâleur, et si l'on peut s'exprimer ainsi, suait le crime des pieds à la tête.

Ses yeux gris, entourés d'un large cercle brun, brillaient comme ceux des fauves en chasse, ou des fous au moment d'une crise ; ses lèvres décolorées se serraient en une crispation tragique ; sur son front, à la racine de ses cheveux fins qui semblaient raidis, on voyait perler des gouttes de sueur.

Elle marchait d'un pas saccadé, le cou rentré dans les épaules, avec des mouvements d'animal poursuivi et qui écoute si les chiens n'ont pas retrouvé sa trace.

— Qu'as-tu ? — s'écria Marguerite, en s'élançaut vers elle, après une seconde d'hésitation.

Emma eut une secousse nerveuse, mais ne répondit pas.

— Que s'est-il passé ? — répéta Marguerite. — Tu es malade — tu me fais peur ?

Emma entr*ouvrit ses lèvres rigides avec un effort pénible, comme pour répondre; mais le sonne sortait pas de sa gorge, et elle y porta une main convulsive.

— Qu'as-tu fait ? — demanda encore la gouvernante de plus en plus effrayée.

— Mon père... — dit enfin la jeune fille d'une voix basse dont l'intonation ne ressemblait à rien de ce qu'avait entendu jusqu'alors la pauvre veille paysanne.

— Ton père est venu... Oui...

— Eh bien ?

— Je lui ai dit que tu te déshabillais... que tu avais mal à la tête...

— Il n'est pas entré ?

— Non.

Emma poussa un soupir de soulagement.

— Mais il va remonter, après son dîner.

— Quelle heure est~il donc ?

— S^pt heures.

— Seulement ! — murmura mademoiselle Dalifroy. Evidemment, il lui semblait que bien des heures et des heures

s'étaient écoulées depuis l'instant où elle avait quitté sa. chambre.

— Et l'enfant? — reprit Marguerite baissant la voix.

— Tais-toi !

Emma eut un frisson et leva la main droite pour la passer sur son front, geste machinal de ceux qui veulent effacer quelque vision importune; — mais, en faisant ce geste, ses yeux tombèrent sur cotte main blanche, et, avec un mouvement d'horreur, elle la cacha précipitamment derrière elle.

— Déshabille-moi. — fit-elle alors. — Mon père va revenir..» Il faut qu'il me trouve au lit !

— Emma ! — balbutia Marguerite, en l'aidant à quitter ses vêtements, — tu m'épouvantes...

538 L'I'.NFANT DE L'AMANT

Qa'est devenu ton enfant ?...

Comment as-tu arrêté ses cris?...

— Silence ? — ne m'interroge pas... plus tard ! plus tard ! — répoudait la jeune fille, en arrachant sa robe et son corset avec une sorte de rage.

C ci fait, elle se glissa dans son lit, et ramena les rideaux autour d'elle.

On entendait à présent claqaer ses dents.

Mais Marguerite, après une courte hésitation, entr'ouvrit les rideaux, et, penchant sa tête ravagée par l'angoisse, jusqu'à l'oreille de mademoiselle Dalifroy, elle lui redit, d'une voix suppliante :

— E Jima, l'enfant ne peut rester ainsi seul, dans cet appartement glacé... Il mourrait de froid. — Il doit avoir faim.

J'ai pu me procurer du lait tiède et sucré à la cuisine.

J^ai dit que c'était pour toi.

Je vais y aller... Donne-moi la clef...

— Reste ! — fit la mère.

Elle saisit le bras de Marguerite et lui enfonça ses doigts crispés dans les chairs.

On eût dif une tenaille.

— Tu me fais mal ! — balbutia la gouvernante. Oh ! mon Dieu, que s'est-il donc passé ?

Ne peux-tu me répondre un mot qui me rassure ?. . . Tout à coup l'étreinte se desserra et Marguerite se tut. On venait d'entendre un pas qui se rapprochait.

— Mon père !... les rideaux !... fit Emma.

La vieille gouvernante comprit.

Elle s'éloigna du lit, referma les rideaux, — et alla s'asseoir sur une chaise basse, près de la cheminée.

En effet, c'était M. Dalifroy qui venait prendre des nouvelles de sa fille.

— Comment va mademoiselle Dalifroy ! — dit-il en entrant, de sa voix sèche et froide.

— Pas trop bien ! — répliqua Marguerite^ en faisant effort

pour contenir le tremblement qui la secouait, et en cachant le plus possible son visage décomposé.

Je crois qu'elle dort.

— Voyons ! — fit le père.

Il s'approcha lentement du lit, en écarta les rideaux, et aperçut sa fille le3 yeux fermés.

— En effet, — reprit-il, après l'avoir considérée un instant en silence, — elle a mauvaise mine.

Est-ce que vous dormez, Emma?

— Non, mon père ? murmura-t-elle faiblement, en ent'rouvrant les yeux.

— Où soufïrez-Yous ?

— A la tête. — Des douleurs horribles.

— Cela vous a pris bien brusquement.

— Oui... comme un coup de foudre... en rentrant.

— Voulez-vous voir un médecin?

— Non I non ! — C'est inutile, — répondit-elle vivement. — Ce n'est que de la névralgie... vous savez que j'y suis sujette.

— Je crois, — fit Marguerite, en intervenant^ — qu'elle n'a besoin que d'un peu de repos.

— Le moindre effort... la parole... la lumière... tout me fait mal, — ajout i Emma.

— C'est bien. — Je vous laisse, ma fille. — J'ai à travailler. Si vous vous ^sentiez plus mal, faites-moi prévenir...

— Marguerite veillera, — répliqua mademoiselle Dalifroy. — Mais je suis sûre qu'il n'y paraîtra plus, demain...

— Vous avez pourtant un peu de fièvre, — insista M. Dalifroy, en lui tâtant les mains. — Nous verrons, demain.

— Oui, oui, demain.

Je crois que je vais dormir.,, c'est le seul remède.

M. Dalifroy déposa un baiser sur le front glacé de sa fille, et se retira après avoir fait quelques recommandations à la vieille femme de confiance.

Dès que les deux femmes furent seules, de nouveau, Marguerite courut au lit.

— Emma, ma chère fille, — s'écria-t-elle, — le voilà parli î

— Il ue reviendra pas ce soir... Nul ne nous dérangera à présent... Rien à craindre. Mais il faut que tu me répondes. — Je mourrais d'inquiétude et de désespoir... dans cette incertitude...

Ton enfant... oii est-il ?

— Quel enfant? — répliqua la jeune fille d'ur air farouche.

— Comment! tu le sais bien. — Cesse de m'épouvanter ainsi... J'ai là du lait bien chaud, bien sucré... Il faut qu'il boive... Il faut que je le voie... que je lui donne les soins qu'il réclame... Puis que nous cherchions ensemble un moyen de le sortir d'ici.

Tu ne réponds pas?

La clef doit être dans la poche de ta robe.

Marguerite, en pariant ainsi, s'éloigna du lit, et se dirigea vars un fauteuil, oti la robe avait été jetée, et montrait les formes du corps qu'elle moulait quelques instants auparavant.

Mais Marguerite n'avait pu encore y porter la main, qu'elle se sentit saisir aux épaules, et qu'elle fut rejetée au loin, avec une force terrible.

Entre elle et le fauteuil, se dressait mademoiselle Dalifroy, nue, sous sa chemise blanche, d'où sortaient ses bras et ses épaules plus blancs que l'étoffe de batiste.

Ses cheveux dénoués entouraient son visage et son cou; ses yeux lançaient des éclairs; un peu d^écume frangeait ses lèvres minces.

— Malheureuse! — lui dit la jeune fille les dents serrées. — Tu ne comprends donc rien !

Profitant de la stupeur de la gouvernante, elle plongea sa main dans la poche de la robe, en retira la clef, qu'elle serra dans ses doigts, en ajoutant :

— Tu n'iras pas là-bas! — Non ! tu n'iras pas!

— Emma! — Tu me rendras folle... Que me caches-tu? — Qu'en as-tu fait? — Il n© peut passer la nuit ainsi... Il criera... On entendra... Il faut l'emporter...

— Il ne criera pas...

— Mais...

— Et c'est moi qui l'emporterai...

— Toi... Où? — Quand?...

Tout de suite, alors... mais pour cela il faut l'aller chercher... Allons-y ensemble.

— C'est inutile!

— Inutile!

— Cela ne presse pas. — Nous avons le temps !

— Le temps ! — répéta la vieille femme en joignant les mains. — Mon Dieu ! mon Dieu! elle est folle!

— Non ! — fit la jeune fille. — Je ne suis pas folle ! J'ai cru le devenir... Je crois même que je l'ai été... Mais c'est passé...

— Eh bien?

— Regarde-moi donc ! — Est-ce que tu ne vois pas qu'il est mort?

LxVVEU

— Mort! — répéta la vieille femme avec stupeur.

Mais non, c'est impossible, — il se portait admirablement bien... Je n'avais jamais vu un plus bel enfant!

Il me rappelait mon pauvre petit garçon... que j'ai perdu à deux ans...

Tu sais, celui que j'avais quitté pour te nourrir, pour te soigner... Lt que tu m'as remplacé, presque, car je t'ai aimée... je t'aime comme si tu étais ma propre fille!...

Je l'avais juré à ta mère, d'ailleurs...

Mort! mort! — Voyons, cela n'est pas! Tu as la fièvre... le délire... Toutes ces émotions sont au-dessus de tes forces...

La peur de ton père égare ta raison... mais rassure-toi... calme-toi... Nous sommes seules.

La nuit est à nous...

Je vais rester près de lui... Et, demain, je trouverai bien moyen de l'emporter sans être vue...

Je le mènerai aux environs de Paris... chez quelque brave femme de la campagne... qui aura du bon lait...

Mais qu'as-tu ? — Ta ne m'éco.utes pas.

Pourquoi ce ricanement sinistre qui me fait mal?

Emma, reviens à toi ! - *

— Assez! — fit violemment mademoiselle Dalifroy. — Jeté dis qu'il est mort! — Ne me force donc pas à le redire cent fois !

— Mais on ne meurt pas ainsi ! — quand on n'est pas malade... en quelques minutes, sans raison .. naturellement.

Tu ne connais pas les enfants... c'est le seul que tu aies eu, ci tu ne l'as pas soigné^ élevé... Tu ne l'as, pour ainsi dire, jamais vu... Il aura eu une crise... comme ils en ont... ces cliers petits êtres... une convulsion... Que sais-je?

Tu as pris peur... mais il en pourrait mourir... 11 faut y courir !

— Ah ! la misérable I — balbutia la jeune iîlle en tordant ses mains. — Elle est sans pitié... Il lui faut des détails!., dussé-je en mourir moi-même.

Elle s'avança sur la vieille gouvernante, lui prit les deux poignets, et collant presque son visage contre le visage ridé de celle qui lui avait servi de mère ;

— Je l'ai étouffé... entends-tu, étouffé...

Marguerite se détacha de l'étreinte et recula avecuce expression d'horreur indicible.

— Ah ! tu comprends ! Ta me crois, enfin ! — s'écria Emma. Est-ce que tu ne le voyais pas sur moi ?

Est-ce que ces choses ne se voient pas ? Elle éclata d'un rire sourd, qui soulevait sa poitrine comme une convulsion.

— Oh ! — murmura la vieille femme. — Toi !

Il s'approcha lentement cl'Inôs, s'agenouilla devant elle.

Elle joigait les mains pour une sorte d'invocation instinctive' plus brisée de douleur et d'horreur que d'indignation.

Cela dépassait toutes les ronceptions de son esprit, et son cœur qui ne savait qu'aimer celle qu'elle avait élevée, avec

G9"~^ Liv. Prime gmluile de VELECTEUR REPUBLICAIN,

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quelque chose da l'attachement bestial de l'animal pour son maître, saignait en elle, oubliant de se révolter,

— Oui, moi ! moi! — C'est horrible, n'est-ce pas? Oh ! bien horrible ! Je n'y peux rien.

Je ne le voulais pas, non... Je ne l'ai pas fait exprès... Je ne l'ai pas prémédité...

Mais il allait crier...

11 criait!...

Je lui disais :

— Tais-toi ! tais-toi !

Et ses cris augmentaient. — Et on allait les entendre... Et mon père allait monter !...

Alors, je n'ai vu qu'une chose.., une seule :

C'est que j'étais perdue !

Dans une hallucination atroce... je me suis vue déshonorée, montrée au doigt, méprisée et bafouée du monde, jetée à la rue, au ruisseau, à la borne,,. Que sais-je? — ■ Sans asile, sans r^sources...

A moins que mon père ne me tuât !

Je le sentais, là, derrière moi^ le bras levé.

Ses yeux d'acier me brûlaient... ses lèvres minces, montrant ses dents, en un rictus menaçant, me faisaient peur... J'entendais sa voix situante, scandant les mots d'une malédiction e&oyable, m'appelant :

Infâme et prostituée !

Et J8 sais, comme tu le sais toi-même, qu'il serait sans pitié...

Toucher à sa considération, à son honorabilité... il n'y a pas de crime qull ne commettrait pour punir un semblable crime ! . .

Tu le connais aussi bien que moi !

Est-ce que je mens ?

Marguerite se taisait, prise de vertige.

— Et ce petit malheureux, — poursuivit Emma, — criait, criait toujours, davantage, de plus en plus fort...

Et il me semblait que sa voix devait être entendue de Paris entier.

Elle pénétrait dans mes oreilles en '"les déchirant. Elle me traversait comme autant de coup de poignard... Elle m'emplissait... me rendait folle.

Je croyais qu'il le faisait exprès...

J'avais beau lui dire de se taire. .. il redoublait.

Alors, Je le pris pour un ennemi qui voulait me perdre... Je ne sus plus que c'était mon enfanf^,, ni même un enfant...

Il s'appelait le danger 1

11 s'appelait la honte !

Il s'appelait le désespoir l

Je lui appliquai ma main sur la bouche.

Il se débattit ! . .

Ce n'est pas un assassinat, c'est une lutte effroyable...

Il défendait sa vie; moi, la mienne.

J'étais devenue une sorte de bête fauve. . .

Plus rien d'humain en moi, que la peur atroce, la volonté impitoyable de vaincre cet adversaire san-s pitié.

Je De m'appartenais plus...

Je le sentais mourir... Je le sentais râler.

Ses for«es diminuaient, les miennes augmentaient...

Plus je lui faisais de mal... plus je le haïssais... et plus j'en avais peur ? ^

Oh ! oui^ à ce moment-là, je voulais sa mort !..

Après ce que j'avais commencé, je ne pouvais plus le revoir... jamais ! jamais !

Son regard m'aurait tuée. . .

11 fallait que lui ou moi disparût de ce monde...

Je ne sais combien cela dura !

Il ne bougeait plus depuis longtemps, que ma main restait collée sur sa bouche sans souffle !

Je ne pouvais l'en détacher.

Je me figurais que, si je le lâchais, il se redresserait, qu'il se sauverait, qu'il irait partout, montrant les traces de mon crime, hurlant :

« A l'assassin f à l'assassin ! »

J'étais bien folle, à cet instant... car...

Elle eut un frisson, pâlit encore sous sa lividité, et baissa la voix : i

Tout à coup, une autre hallucination s'empara de moi ! ^

Bien que je fusse dans l'obscurité... un rayon venu je ne sais d'où... de l'enfer... peut-être... s'il existe... illumina son visage.

Jo le vis hideux, avec de grards yeux blancs renversés... les traits gonflés... le cou noir... Oh !

Elle plaqua ses deux mains sur ses yeux...

— C'en était trop ! — Je m'évanouis.

Sans cela, je crois que je serais encore attachée à son cadavre !

Marguerite, pendant ce récit, était tombée sur les genoux, courbant la tête comme si elle craignait que la malédiction du ciel ne la frappât, agitant ses lèvres blêmes pour quelque prière inconsciente, véritablement foudroyée.

Quand Emma se tut il y eut un long silence entre ces deux femmes.

Mademoiselle Dalifroy restait là, à bout de forces, immobile, presque insensible, les yeux grands ouvert» suivant la vision dont le souvenir rendait grumeleuse sa peau fine et douce do fille aristocratique.

Ce fut Marguerite qui reprit la parole la première. — Malheureuse ! — lui dit-elle sang colère, avec des larmes dans la voix et une sorte de stupeur candide, où se peignait l'inocence de son cœur peu fait pour comprendre ces violences et ces actes farouches enfantés par l'égoîsme et l'orgueil; — malheureuse! c'était ton flls I — le fruit de tes entrailles... Faut-il donc que j'aie consacré ma vie à t'aimer pour te voir en arriver là ?

Non, je ne te comprends pas !

J'ai été mère... et j'aurais donné ma vie pour ce pauvre petit être... que la misère m'avait forcé d'abandonner aux soins d'une autre...

Puis quand je t*ai nourrie, quand je t'ai vu pousser, grandir, c'est sur toi que mon afifection maternelle s'est reportée...

Ta mère était si malheureuse... ton père si dur et si impitoyable... qu'il m'a semblé que tu avais besoin de moi... et que moi seule, je pourrais te rendre bonne, assurer ton bonheur...

Je t'ai aimée pour deux: pour elle, la morte! — et pour moi.., .aiîiji

Mais j'aurais donné ma vie, je la donnerais encore pour te sauver... Aucun martyre ne me paraîtrait trop affreux...

Souffrir pour son enfant. .. mais c'est encore de la joie !...

Eh bien, tu eusses été déshonorée... Tu aurais perdu ta position dans le monde, Testime de ceux que tu connaissais.

Il serait là, lui, et son sourire eût suffi à te consoler !...

Etait-ce sa faute à lui, s'il était né ?

Il n'y avait que toi de coupable... Et cela te faisait de plus grands devoirs.

Oh ! c'est bien abominable... Un être faible... un être sans défense ! — Le sang de ton sang! — Des baisers auraient éteint ses pleurs. Il se fût endormi dans tes bras.

Et puis, pour l'avoir, tu as dû aimer...

— Aimer ! — ricana Emma Dalifroy, en sortant brusquement de sa torpeur.

— Aimer ! — répéta-t-elle encore d'un accent étrange, qui glaça la parole sur les lèvres de Marguerite. — Ah ! c'est vrai... Tu ne sais rien !

Eh bien, apprends tout !

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