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MÉMOIRE SCOLAme 7
l'écrivain déplairait aux lecteurs, et même aux ciitiquesy a'il n*y mettait pas un peu du sien.
Il est bien difficile d'étudier la mémoire sonle, indépendamment des autres facultés qu'elle sert et qui l'aident h Ksur tour. Je m'efforcerai cependant de le faire, et, pour plus de clarté, d'en étudier séparément les applications les plus spéciales, en commençant par la mémo re Intellectuelle.
Que d'intéressants problèmes se rattachent à la psychologie de la mémoire I )1 faudra étudier d'année en année, de mois en mois, dans les enfants isolés ou groupés, les progrès que chaque mémoire spéciale fait en facilité, en ténacité, en précision; le nombre d'individus des deux sexes que leur constitution primitive parait préparer à tous les genres d'acquisitions, en un mot, mesurer, s'il est possible, la plasticité générale du cerveau humain; chercher si, comme l'a dit Bain, la période maxima de la faculté rétentivc est entre six et onze ans; quelle quantité de travail utile paraît convenir aux enfants considérés par catégories d'âges, de sexes, de tempéraments, de caractères, et d'après leur force naturelle de perception, de jugement, d'iniagination, d'abstraction; quelle est exactement l'influence des mobiles, des procédés éducatifs, de l'exercice antérieur, de la nutrition complète ou défectueuse, de l'humeur habituelle ou accidentelle, de l'état de santé, des saisons, des jours et des heures, sur l'acquisition et la reproduction \ des idées de tout ordre ; enfin quels sont les abus, les maladies, les illusions, les redressements et les restitutions possibles de cette faculté sans laquelle les autres n'existe»
raient pas, et dont elles ne sont toutes que les formefi I largement diffère nciées. Sur toutes cea questions impor^ tantes, les éducateurs, les psychologues, les hygiénistes eux-mêmes ont déjà posé les bases des recherches fécondes. Mais leurs solutions sont encore trop vagues ou trop y générales. Chacun de ces points réclame des enquêtes approfondies, pouvant faire Tobjet d'un ou de plusieurs livres. Il me suffit ici de présenter quelques observations, suggestives. Elles se rapporteront cette fois à différents groupes d'enfants que j'ai pu suivre de près pendant quelques années. 11 n'^st pçts sans intérêt de contrôler les uns par les autres les différents états d'une intelligence dans une assez longue suite d'années. Il s'agit d'ailleurs ici de 1 psychologie féminine; mais chacun sait qu'il ne peut sé- ; rieusement être parlé que de petites différences de degrés ii. * entre fillettes et garçons. Il ne m'a pas du moins été donné d'en saisir d'autres quant à la facilité, à l'ampleur et à la force de la mémoire. Si le cerveau des petites filles 8*accroit dans cette période un peu plus que celui des garçons, cette avance ne doit pas être attribuée au déve-* loppement des facultés intellectuelles.
De cinq à six ans, les petites filles n'étudiaient pas encore dans des livres. Leur maîtresse leur apprenait à lire par le procédé phonomimique, avec lequel elle faisait merveille, en dépit de mes critiques plus ou moins fondées. Elle leur répétait des fables, des narrations demi-sérieuses, des récit? tirés de l'histoire de France; elle leur faisait un peu d'histoire naturelle à la façon de M"* Pape-Garpantièr. Elles apprenaient ainsi presque toutes avec facilité, toutes avec entrain. Elles étaient toujours ravies et redoubla^ient d'attention quand la maîtresse ajoutait quelque chose à leur petit répertoire, quand elle leur parlait, en leur mon-