MÉMOÎRE DES VIVES PERCEPTIONS
pressiofiâ qiî^elles leur feraient. Mais je n eoYisage ici là récitation que comme un moyen de cultiver, ou plutôt d'ornef, d'enrichir la mémoire verbale. G*est, à mon avis^ par des récitations courtes, mais quotidiennes, et inoessam* mrnt répétées du début au terme de la vie scolaire, qu'on approvisionnera le cerveau de mots et de tournures variés, propres, commodes, élégants, instruments d'expression et moyens d'intellection. Le goût esthétique, la culture affective et morale y trouveront peut-être leur compte 2 mais la culture delà mémoire verbale est le résultat le plus net et le plus désirable qu'on puisse demander à la récita* lion littéraire.
La faculté des vives réminiscences, comme celle des vives perceptions, est une aptitude organique 4 enregistrer et à reproduire des impressions générales ou spéciales *. Bien qu'il soit difficile qu'elle s'exerce en l'absence de tout élément émotionnel, elle peut paraître quelquefois, chez l'adulte, strictement intellectuelle. C'est alors l'absorption Cl peu près exclusive du cerveau par un ensemble de fortes images, une obsession visuelle, acoustique, tactile, ou sensorielle en quelque façon, telle que va nous la décrire un écrivain dont la plume est uq pinceau : « Quand je rentre, après une journée ainsi passée, j'éprouve comme une sorte d'ivresse causée, je crois, par la quantité rie lumière que j'ai absorbée pendant cette immersion solaire de plus de douze heures, et je suis dans un état d'esprit que je voudrais te bien expliquer. C'est une sorte de clarté intérieure qui demeure, après le soir venu, et se répète encore à