‹ L'enfant de trois à sept ansChapitre 32 sur 107 · L'ENFANT OPTIMISTE · texte numérisé non relu

L'ENFANT OPTIMISTE

tiens désagréables : posi'Jon oblique des sourcils, regard langoureux, immobilité relative de la mimique, le visage tourné constamment du côté la lumière, vers la fenêtre, et les yeux largement ouverts, prouvant la soif de la lumière et le plaisir que cette impression, procure à Tenfant. La succion de^ doigts et la lumière lui procurent, à ce qu'il paraît, le plus de plaisir ; et c'est par ces impressions que Tenfant essaye d'adoucir ses sensations désagréables et ses soufifrances. La disparition de la lumière attriste le petit patient. Son regard est fixé au loin et les yeux pjeu mobiles; il est très évident qu'il ne cherche que la lumière *. > La tendance au plaisir de vivre est, à plus forte raison, prédominante chez l'enfant déjà grandelet et d'une santé à peu près normale. Si la souffrance remplit les six centièmes de la vie humaine, c'est déjà beaucoup : il resterait donc, pour la santé et le plaisir, dix-neuf jours sur vingt *. C'est un beau total, et encore faut-il retrancher de ce jour de souffrance ou dcv maladie les moments de répit, de sommeil, d'oubli, de plaisir remplaçant ou compensant la douleur. Oapeut objecter, il est vrai, qu'à égalité de partage entre le plaisir et la douleur, la vie ne serait plus vivable, qu'une fotte peine n'est pas contrebalancée par quelques plaisirs même très grands, et que la douleur, croissant en proportion du développement du cerveau et de l'intelligence, un enfant de quatre ans soufl'rira plus de quelques petits maux qu'un enfant de quatre mois d^ souffrances prolongées et intenses. Le fait n'est nullement prouvé. Le rôle de la douleur, comme tutrice et excitatrice de la vie, est si indispensable, qu'elle doit le remplir avec beaucoup

i. Le DéoeloppemerU psychique de l'enfant. Revue phiL^ p. 410, a-vii Î885.

â. V. Caporali, La Nuova Scienzat sept. 1885, p. 32i.

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(inefficacité pendant la première époque de faiblesse et d'ignorance. Il faut supposer qu'un enfant de cinq mois jouit moins et souffre plus qu'un enfant de quinze mois, et à plus forte raison qu'un enfant de quatre ou cinq ans. Chez ce dernier, la tendance à l'accroissement est déjà pleinement organisée, facile et prompte la réparation du dommage éprouvé par la machine, en sorte que pour lui, comme pour l'adulte, le plaisir doit être la règle, et la douleur l'exception.

L enfant, tel que nous le connaissons en général, a ceci de commun avec le sauvage et le jeune animal qu'il s'accommode assez vite à sa situation, et fait bon ménage avec le mal, quand il en a conscience. « En même temps qu'il est plus capable de supporter les maux, le sauvage fait preuve d'une indifférence relative aux sensations désagréables ou douloureuses qui en sont les efïets ; disons plutôt que chez lui ces sensations sont moins aiguës... Les voyageurs exprirfient leur surprise de voir que les hommes de races inférieures paraissent indifférents à la douleur. Le calme avec lequel ils subissent des opérations graves nous oblige à croire que les souffrances qu'ils endurent sont bien moindres que celles que ces opérations produiraient chez les hommes des types supérieurs *. » Un chat âgé de quatre mois, étant tombé d'un toit fort élevé dans la rue, se blessa très grièvement; quoique ne pouvant se tenir sur ses pattes ni se retourner, et ayant le museau si écrasé qu'il ne pouvait l'ouvrir pour boire du lait, il allongeait vers ma main sa patte brisée, quand j'approchais rie lui, et il essayait aussi des mouvements de jeu. Il en est de même, et toutes exceptions réservées, du jeune en-

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