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L'ATTENTION PORTÉE SUR LES SENTIMENTS

justement de retenir ses pleurs, sur son état subjectif, ou si vous lui rappelez comment, à la suite d'un accès de pleurs, son cœur a battu violemment et son visage s'est couvert de pâleur ; si vous accomplissez, en un mot, le travail de l'artiste qui peint la pose, l'expression des traits et d'autres indices de l'affection, vous pouvez de cette manière accoutumer de bonne heure l'enfant à l'analyse subjective. L'éclaircissement les émotions psychiques est très utile, en ce qu'il fait comprendre à l'enfant qu'il vient d'être victime de la passion. L'utilité d'une pareille méthode se fait surtout sentir dans les disputes et querelles des enfants. Us observent les affections les uns des autres, et ' cela les conduit à' transporter leurs disputes du terrain des émotions psychiques et de l'irritabilité sur le terrain de la logique, parce que l'adversaire, assistant au jeu bien connu de l'aflection de son camarade, au lieu de s'abandonner iui-mème à la passion, s'en émancipe et s'en défait, en recouvrant lui-même plus de sang-froid. Lorsque des enfants qui se querellent et sont irrités l^s uns contre les autres recherchent votre médiation, vous pouvez commencer tout bonnement par leur expliquer qu'ils sont dans un état d'excitation, et que, dans cet état, un jugement raisonnable de leur part est impossible. Vous leur imposez l'apaisement, vous leur indiquez les signes de leur émotion (mouvements brusques, cris et pleurs), vous leur prodiguez des caresseà, tout en gardant le sang-froid et le sérieux. Vous profitez de l'occasion pour faire entrevoir à l'enfant que sa colère et son irritation ont atteint un degré tel que peu s'en est fallu qu'il n'en soit venu aux mains. Mais lorsqu'il s'est complètement tranquillisé et que l'épisode est terminé, vous pouvez essayer de lui rappeler les phases émotionnelles qui ont risqué de le pousser aux voies de

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fait. Eq se représentant son état psychique durant l'épisode, l'enfant maîtrisera mentalement son ehiportement, sa passion. Ces exercices doivent être souvent répétés et systématiquement dirigés. Il va sans sdire que l'éducateur ou le père doit se conduire de manière à être un modèle. Le point le plus important dans tous ces exercices, c'est que les enfants apprennent à observer et à diagnostiqueriez passions dès le^jars débuts * ».

Si, au point de vue subjectif, l'attention est, comme Sergil'a définie, • une différenciation de la perception », on peut objectivement la considérer comme « produisant une plus grande énergie psychique dans certains centres nerveux, avec une sorte de catalepsie temporaire des autres centres * » . Cette sorte d'inhibition cérébrale se manifeste au dehors par une adaptation et un arrêt de mouvement. Personne n'a mieux décrit que Gratiolet la mimique de l'attention. Il nous suffira de rappeler ce qu'il a dit de& concomitants musculaires de la vision attentive.

« Lorsque nous examinons un objet intéressant, il est dans la nature de tendre vers cet objet ou de s'en rapprocher autant que possible ; c'est là un acte instinctif auquel le corps tout entier se prête, et qu'on exprime par un mot admirable, attention (tendere ad). Il y a une très grande différence entre les mouvements que le corps exécute lorsque l'animal regarde, suivant que l'objet regardé est immobile OH mobile. Je suppose l'objet immobile ; l'œiise dirige

i. V Évolution psychique de Venfant, Bev»phiî.t mars 4883, p. 260, 2. Gité par M. Ribot. Dans les Maladies de la volonté f p. 103.

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