‹ L'enfant de trois à sept ansChapitre 44 sur 107 · CONCENTRATION DE L'ATTENTION · texte numérisé non relu

CONCENTRATION DE L'ATTENTION

par rapport à ci*autres objets, sur les qualités les plus élémentaires ou les plus générales de cet objet. Il ne se contentera pas le plus souvent de dire, en le considérant : c Cet objet a telle couleur, telle forme, telle dimension ; il est éclairé ou obscur, en repos ou en mouvement, dar ou mou, rugueux ou poli; il produit tel son, il a telle odeur ou tel goût. » L'aptitude à de telles inférences est devenue si habituelle à cet âge, que TenfàYit, dans la plupart des occa* siens, doit les produire d'une manière inconsciente et courante. Plus nombreux sont les cas où il s'applique à considérer ces mômes qualités comme faisant se ressembler ou différer l'objet qu'il a devant lui et certains autres, ^ soit présents, soit absents. Plus nombreux aussi les cas où il se plaît à reconnaître une qualité ordinairement associée à une OU/ plusieurs autres dans un même objet ou dans une certaine classe d'objets. Très nombreux enfin les cas où il passe par induction des qualités directe^, ment perçues dans un objet à celles qu'il peut ou qu'il croit pouvoir y trouver.

L'attention, est-il besoin de le répétera se concentre, comme elle s'ajuste, sous l'influence de l'intérêt, c'est-àdire du sentiment, de la passion, de l'utilité, du besoin, du caprice, de l'habitude. 11 y a souvent un effort, ou plutôt une série d'efforts à faire pour la maintenir sur un objet. L'effort nécessaire est en proportion de la nouveauté, de la complexité de l'objet, ou des difficultés de la matière, et aussi de la faiblesse des motifs qui sollicitent l'attention. La force naturelle ou acquise de concentration se mesure donc tout à la fois aux difficultés de la tâche réussie et à la force des motifs vaincus par la volonté.

La plupart des sentiments sont, chez l'enfant, superficiels et instables; il n'est donc pas étonnant qu'il soit

aussi peu capable de résister aux molifs de distraction que de tenir son attention Qxée avec de faibles motifs. L'habitude peut, par «on mécanisme, faire pour lui Toffice de l'intérêt. J'ai vu, sous ce rapport, d'une année à l'autre, des progrès remarquables chez des enfants que leurs parents avaient toutes les peines du monde à rendre appliqués. Accoutumés à se livrer, à heures fixes, à des tâches déterminées, s'ils éprouvaient souvent quelque peine à s*y mettre, la plume prise et le livre ouvert, le branle donné à leur attention persistait de lui-même sans effort. Il y a, . du reste, je ne sais quel intérêt inconscient né de Tacte d'apprendre tout haut une ligne, et puis une autre, de tremper sa plume dans Tencre, de la serrer du bout de ses doigts, de la promener sur un papier noirci de minute en minute. J'en vois la preuve dans ce fait bien constaté, même cbez l'adulte, que si l'on vient tout à coup à songer qu'on fait un travail dénué d'intérêt, on sent son attention s'échapper, et il faut faire appel à quelque motif d'intérêt qui suscite un nouvel effort et remonte le ressort de l'attention. Remarquons, d'ailleurs, qu'il y a chez chacun de nous une capacité naturelle de concentration, une virtualité d'attention, une force de travail psychique indépendante de l'excitation émotionnelle, quoique presque toujours liée à son action. On naît, on devient travailleur. L'effort coûte moins à l'un, beaucoup à l'autre, à égales conditions de développement physique et mental, et à conditions égales d'émotivité. Il faut dire aussi que le résultat de l'attention ne se mesure pas nécessairement à la continuité de l'intérêt ou de l'attention. L'important, c'est le nombre des idées claires et distinctes, des perceptions et des inductions qu'un objet ou une représentation amènent dans l'esprit attentif. Il est des esprits lourds et obtus, ou vifs et

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