ÉTENDUE DE L'ATTENTION
en môme temps qu'elle fournit sans cesse de nouveaux motifs d'intérêt. Le progrès sous ce rapport consiste dans le plus x)u moins grand nombre d'objets et d'idées, de détails et de groupes de plus en plus minutieux, de moins en moins saillants, auxquels l'attention de l'enfant peut s'appliquer dans un temps donné et avec la rapidité propre à son genre d'esprit.
L'attention, de même que la perception, est, jusqu'à un certain point, indépendante de l'acuité des sens extérieurs. Mais celle-ci les sollicite et les aide quelquefois puissamment. L'ampleur et la finesse de la vue, par exemple, sont des qualités toutes physiologiques. La vision à des dislances très rapprochées ou très éloignées résulte simplement de l'accommodation de l'œil. Ces deux qualités delà vue peuvent également coexister avec une intelligence supérieure ou médiocre. L'acuité de la vision est, en général, moins grande chez les citadins que chez les paysans, qui regardent souvent loin d'eux, et ne se fatiguent pas à lire et à écrire. On la trouve pourtant très prononcée chez quelques adultes voués à des travaux intellectuels, jBt chez lesquels elle accompagne d'autres qualités plus au moins physiques de la vision. L'œil si large, si fin, si prodigieusement mémoratif d'Horace Vernet, de Gustave Doré, d'André Gill,apu être d'abord une fonction native, puis se développer par un exercice continu, qui a influé d'une certaine façon sur tout le développement intellectuel. Il a pu en être de même pour le poète Victor Hugo. Pendant qu'il écrivait Notre- Dame de Paris, « il émerveillait souvent ses amis par la puissance de sa vue. Il montait avec eux au sommet des tours, au soleil couchant, et, de là haut, il reconnaissait Charles Nodier et ses visiteurs au balcon de l'Arsenal *. >