‹ L'enfant de trois à sept ansChapitre 47 sur 107 · Théop' •' Gautier · texte numérisé non relu

Théop' •' Gautier

Le plus richement imagé des poètes, dont on connaît les innombrables dessins, avait peut-être en lui l'étoffe d'un grand peintre. N'est-ce pas à son œil qu'il doit d'avoir été si profondément ému par le spectacle de la nature qu'il ne se sentit pas d'autre vocation que de l'aimer et de la peindre?

Voilà comment une faculté supérieure et purement physique de perception peut commander à l'attention, la développer dans une direction spéciale, et faire concourir toutes les facultés intellectuelles et morales au développement d'une seule/ ou de quelques facultés. La perception, c'est le coup d'éperon de l'intelligence.

Passons enfin à la rapidité d'attention, au pouvoir d'ajuster coup sur coup l'esprit, soit à de nouveaux objets, soit aux diverses parties d'un objet. On sait que la durée de la perception diffère notablement pour les divers sens, qu'elle croît en proportion de la complexité de l'acte afférent à chaque genre de perception. Le temps de réaction varie aussi avec les individus, sous Tinfluence du tempérament, de Tàge, des maladies, des médicaments ou des substances ingérées. La diversité de culture produit aussi une différence très appréciable. Le temps de réaction est plus grand chez les personnes ignorantes que chez les personnes instruites, et il atteint son maximum chez les idiots. M. Romanes rapporte des expériences très intéressantes pour montrer l'influence de la pratique sur la rapidité des actes intellectuels, et tout au moins des perceptions. Le prestidigitateur Houdin avait soumis son fils à un entraînement tout particulier. Cet entraînement consistait à faire passer rapidement l'enfant devant les vitres d'un magasin, en lui faisant percevoir ain^i le plus d'objets possible. Au bout de quelques mois, l'enfant percevait d'un seul coup d'œil tant d'objets que son père l'annonça < comme doué

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