‹ L'enfant de trois à sept ansChapitre 61 sur 107 · ERREURS DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

ERREURS DES ANIMAUX

animal n'est apprécié que comme aliment. On. sait, d'ailleurs, d'après^ Lubbock, que les facultés mentales qu'on peut appeler morales comportent de grandes différences chez les abeilles d'une même espèce. Il y en a de courageuses et de lâches, de bienveillantes et d'indifférentes. Ces différences individuelles vont quelquefois jusqu'à produire des actes inutiles, capricieux, bizarres; par exemple, l'attachement violent, mais irrationnel, d'un animal pour un animal tout à fait dissemblable, l'affection d'un mareca pour un paon, ou l'affection si inattendue de certains chats pour les chevaux, pour les chiens, et même pour les oiseaux et les rats.

Ce qui est erreur de l'instinct chez l'animal, nous l'appellerions folie, sottise ou bêtise chez l'homme. Cette imperfection des facultés mentales s'applique à toutes, à la sensibilité et à la volonté comme à l'intelligence. Elle comporte des degrés infinis. Au point de vue intellectuel, elle est plutôt, dit M. Paulhan « une manière de comprendre mal qu'une manière de ne pas comprendre* ».

Elle est relative. C'est le défaut d'un minimum d'intelligence que nous attendons d'un être dans une circonstance donnée. La « bêtise humaine » est relative, à un autre point de vue. L'idiot pur n'existe peut-être pas. Tel est infirme par rapport à quelque genre d'émotion qui est puissamment doué pou^ en éprouver d'un autre genre. Tel est capable de « faire » des bêtises qui n'en c dira » pas souvent. Tel est affligé d'une insigne maladresse en fait d'actions pratiques qui se montre fort agile et fort délié pour d'autres ; par exemple, les 'criminels, généralement peu intelligents, déploient une fort grande astuce et une grande souplesse dans la perpétration des crimes qui forment leur spécialité.

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