INTELLIGENCE SOCIALE
superficiels, les esprits médiocres. D'autres, beâtucoap plus réfractaires en général à ces imputions serviles, reproduisent plus volontiers les actions utiles, compiiquées, rares, elles jugements typiques de leurs parents, de leurs maîtres et des personnes qu'ils respectent et admirent. Ce sont là leurs imitations les plus apparentes. Mais un bon observateur démêlerait dans tous leurs actes et dans tous leurs raisonnements les plus originaux Tinfluence prépondérante des imitations passées. Les expériences et les imitations de toute nature qui se sont imprimées dans leurs cerveaux se reproduisent dans mille combinaisons précises, mais toujours nouvelles, précisément parce qu'ils sont intelligents, c'est-à-dire capables de répondre toujours aux exigences des adaptations nouvelles. Ainsi donc, à six ou sept ans, Tenfant le plus intelligent sera celui qui imitera avec le plus de précision certains actes ou certaines opérations mentales très spéciales, et qui en même temps variera si bien toutes ses imitations ordinaires qu'il paraîtra beaucoup çioins imitateur qu'un autre.
M. Compayré estime f que l'influence de la famille est plus grande que celle de l'école Sût la formation du jugement. En effet, dans la liberté relative de la vie domestique, l'enfant, un peu plus livré à lui-même, trouve plus d'occasions d'observer et d'exercer son esprit*. » Il y trouve plus d'occasions d'observer, parce qu'il est impossible à l'esprit le plus ouvert d'imiter un grand nombre d'exemples 'à la fois. Et c'est une des raisons qui m'ont fait demander, pour la seconde comme pour la première enfance, la continuité d'une mênie direction scolaire pendant le plus grand nombre d'années possible *. Au surplus, ni à l'école, ni dan»
i. Cours de pédagogie^ p. i55.