‹ L'enfant de trois à sept ansChapitre 92 sur 107 · Ibid., p. i · texte numérisé non relu

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recCe de tous les effets généraux de l'éducation, qui reporte ; d'un objet à un autre Irrespect imposé de soi-même. Or, | ici, l'association *des idées est en quelque sorte fatale par le voisinage de certaines fonctions naturelles, et il n'est pas étonnant que la discrétion enseignée à propos de T « objet ridicule », comme dit Rousseau, ne tourne d'elle-même à la réserve par rapport c à l'objet obscène i.

La précocité des impulsions, même déviées et perverties, qui se rattachent à l'instinct sexuel, même quand eïle est un signe incontestablement héréditaire, ne rentre pas pour cela dans les manifestations pathologiques. Mais elle s'en rapproche et y induit fatalement certaines natures nerveuses ou faibles. Les spécialistes ont étudié ces faits dans leur rapport avec la criminalité et la folie. On connaît les ingénieuses théories, de plus en plus appuyées de preuves expérimentales, par lesquelles M. Lombroso identifie le fou-moral et le criminel-né. Or, pour ce savant criminaliste, l'enfant serait une sorte de fou ou de criminelné. Le crime étant considéré comme un fait d'atavisme, comme un résidu sans cesse éliminé et réduit de la sauvagerie primitive, l'enfant, qui la reproduit en partie par son impulsivité, son imprévoyance, ses passions désordonnées et ses instincts criminels, offre le type temporaire du sauvage, ou du criminel et du fou. Ce type est quelquefois si bien accuse, ou si bien fortifié par les premières expériences, qu'il est condamné à persister la vie durant. Or, dit M. Lombroso, d'accord avec Charcot et d'autres savants auteurs, tous les amours anormaux et monstrueux» comme presque toutes les tendances criminelles» qu'ils accompagnent ou précèdent, ont eu leur début au premier âge; ?ous les excès et toutes les perversions précoces de l'instinct sexue^sont le symptôme ou le prodrome de la

criminalité ou de la folie. Il n'est pas un sujet plus digne d'atteMion pour les parents *.

Mais regardons les choses d'un coup d'œil plus optimiste. L'exagération précoce des impulsions dont nous parlons est favorisée sans doute, la pltipart du temps, par Tiilcurie, le défaut de surveillance, le défaut de connaissances hygiéniques chez les éducateurs de Tenfant. Si^ iiomme le dit Bain, Tamour et la sociabilité sont deux actes d'un même phénomène, et si, comme il le dit aussi^ Tamour est fondé sur le plaisir de Tembrassement et du contact, ce sont là deux points sur lesquels l'éducateur doit apporter toute son attention. Donnons à Tiostinct inné de la tendresse toutes ses satisfactions, et pas davantage. Un enfant sevré de baisers et de témoignages d'affection est une proie facile pour la débauche solitaire. Trop embrassé, trop caressé, surtout par d'autres que ses parents, il arrive au mal par une autre pente. Il doit trouver dans les pratiques tendres, affectueuses, mais modérées et convenables, de la sociabilité, un préservatif ou un dérivatif de la tendance amoureuse, si forte chez quelques enfants, mais à surveiller chez tous

Peut-être aussi faut-il faire sa part à l'esthétique dans cette thérapeutique morale, c L'art doit être enseigné à l'enfant, dit M. Marion, parce qu'il aune puissance éducatrice incomparable. Le beau est essentiellement ordre et harmonie. De l'imagination et de l'esprit, cet ordre et cette harmonie passent dans le cœur, et »bientôt se ma^ nifestent au dehors par l'élégance et par la grâce : une juste proportion s'observe dans les mouvements et finit par se retrouver dans les actes. Le bon goût prend aisé-

1. Vhomme criminel. Partie I, chapitre iv, p. 122; 3e édit., 1884.

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ment la forme du respect de soi-même. N'est-ce pas un lieu commun que Tart adoucit les mœurs privées et publiques? Il y a des fautes et des tendances morales dont un esprit habitué à vivre dans le commerce de la beauté ne saurait concevoir ou souffrir l'idée *. »

i. Leçons de psychologie^ p- 200.

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