‹ L'enfant de trois à sept ansChapitre 95 sur 107 · L'HABITUDE ET LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

L'HABITUDE ET LA VOLONTÉ

qu'ils voient faire, mais celles qu'on leur dit de faire, si dangereuses, violentes ou obscènes qu'elles puissent être. L'exécution de telle suggestion est faite en apparence avec conservation manifeste de l'intelligence, et contre la volonté du sujet. Mais cette tendance à produire des actes suggérés en dépit de la raison peut n'indiquer autre chose que la faiblesse relative et passagère des centres modérateurs de l'action. Elle caractérise, chez les adultes, les races inférieures. Chez les enfants des races civilisées, lorsqu'elle atteint, à six ou sept ans, des proportions considérables, elle révèle, aussi bien que l'indolence apaUiique, une névrose préparée ou aggravée par des habitudes vicieuses»

Le principal effet et la principale utilité de Timitation, toujours si puissante chez l'enfant, c'est de lui faciliter d'autres imitations, et de le mettre en état de s'imiter luimême. Cette organisation et cette économie de la force imitative produit les bonnes habitudes en tout genre. Prendre des habitudes, on ne le voit souvent que. trop chez l'enfant, ce n'est pas nécessairement en perdre d'autres. Il est rare que les habitudes même contraires s'excluent. J'ai un gros chat, point méchant, mais obstiné, et que je n*ai pas su dresser à obéir : si je veux le pousser de dessus ma table, même en lui disant de descendre, il se pelotonne et offre à ma main son gros corps ramassé comme un mur de résistance ; ma ménagère, dont il connaît la main prompte à châtier, n'a qu'à lui dire : f Descends I • pour qu'il décampe. C'est un fait aujourd'hui bien constaté et bien expliqué que la personnalité de l'enfant

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et celle aussi de l'adulte^ peut revêtir successivement plusieurs formes diverses. Des enfants, merveilles de douceur, de sagesse, de bienveillance, tant qu'ils restent au giron de la famille, se trouvent subitement indisciplinés^ vicieux, insupportables, à peine ont-ils fait leur entrée dans un groupe scolaire. C'est ce qui fait que si peu de parents connaissent exactement les qualités, et même les défauts de leurs enfants. Je conseille aux plus sages de s'enquérir de Topinion des étrangers, des camarades et des maîtres, s'ils veulent juger leurs enfants en connaissance de cause. Certains éducateurs disent qu'il est des habitudes durables et des habitudes transitoires. Mon avis est que toute adaptation, une fois faite, peut laisser un germe quelconque de réminiscence. Toutefois, les habitudes les plus tenaces paraissent être celles qui conviennent au tempérament naturel et aux inclinations les mieux établies. La répéliton n'est pas toujours une condition certaine de durée pour les habitudes. -Si legoûtouTaveçsionpour la chose faite ou évitée ne yienl joindre ses effets à ceux de l'habitude, celle-ci risque d'être entraînée dans le cours des expériences ou des habitudes nouvelles. Le sentiment est le ciment naturel qui relie les habitudes entre elles. Grâce à lui, on peut, en toute sûreté, faire du neuf avec le vieux, modifier toutes les habitudes pour les adapter à des circonstances nouvelles.. D'une ou d'une autre façon, le sentiment les fera reparaître dans leur primitive fraîcheur, quand le besoin s'en fera sentir. Vous avez beau morigéner un enfant, raisonner, avec lui, pour lui donner l'habitude de l'obéissance, de la propreté, de l'exactitude, de l'application à ses devoirs, de la douceur envers les animaux : l'habitude sera prise;: mais elle pourra se perdre si quelque sentiment, rafféc-; tion, r amour-propre, ou la crainte, neratta^che tel groupe)

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