‹ L'Enfant des ruesChapitre 10 sur 13 · CIE MEET · texte numérisé non relu

CIE MEET

peindre l’homme en laid, je n’irai pas bien loin

chercher mon modèle (1).

. Voilà l'honneur, Messieurs, jugé non pas par un

prêtre, mais par des hommes du monde peu suspects de le déprécier, pour faire valoir davantage la vertu.

Au reste, Messieurs, nous vivons, dans toutes nos grandes villes, côte à côte avec une société qui s'est réservé l'honneur comme l'unique règle de ses devoirs et qui a rejeté toutes les autres. Eh bien, regardez-la... vous la verrez quand elle paraît au salon ou dans la rue, fière, correcte, loyale, chevaleresque, distinguée même et de grande allure ; elle vous éblouira peut-être par l'éclat de ses élégants et pompeux dehors. Mais, à certaines heures, vous le savez, de soudaines catastrophes déchirent en deux le rideau de son temple: loyauté, devoir, justice, honneur, tout s’évanouit, tout s’envole en fumée, et, comme d'une sentine immonde, devant nos yeux épouvantés, sortent, tortueux et

rampants, le vol et l’adultère, les trahisons et les

mensonges, le suicide et l'assassinat !

Et c’est cet honneur-là, c'est cette honnêteté:-laà,

(1) de Sacy, cité par de Broglie, op. c., p. 245.

qui servirait de base à l'éducation morale du peu-

ple !... Mais ne voyez-vous donc pas où ils condui- :

sent ?.. Mais ne savez-vous donc pas que le peuple, lui, ne cache rien ; qu'il n’a que faire de manteaux

et de masques, lui; qu'il ne descend pas jusqu'à l'hypocrisie, lui ; qu’il porte son âme et son cœur :

à nu, lui?.. Quel monde, quel peuple sortirait donc

de là ?..

Non, Messieurs, toutes ces morales-là sont

vaines et ne servent à rien ni à personne.

Ce qu'il faut au peuple, ce qu'il faut à l'enfant

des rues, ce qu’il nous faut à tous, c'est la morale

vivante de Jésus-Christ !

Elle est lumineuse, elle est assurée, elle n'hésite

pas, oscillant dans l'incertitude et le doute, parce

qu'elle n'est point le résultat indécis des recherches d’une raison chétive, mais la révélation de Dieu, parlant en maître, et bouche à bouche, à sa créature.

Elle est fortifiante, parce qu'en l'imposant à la

créature faible et fléchissante, Dieu l'accompagne

du secours de la grâce, cette force qui n'est pas de nous, mais qui agit en nous, et nous rend invinci-

bles ; parce qu'en nous indiquant le chemin du

devoir, Dieu nous y précêde, tendant sa main à la

ag 6x Luz

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