LIT
37» Liv. — l'enkant du divorce.
— Oh! bien sûr, répondit la petite Gasconne. Madame ne se lèvera pas avant neuf, dix heures, comme tous les jours.
— Ça va bien, dit Gradignan. Je monte faire ma toilette.
— Vous ne devez pas avoir bien dormi sur ce divan.
— Non, très bien au contraire, répondit-il. Il ajouta :
— Surtout, n'en dis rien!
■ — Soyez tranquille, monsieur Achille. Ce n'est pas moi qui parlerai.
Alors, là haut, Achille Gradignan défit son lit et procéda à ises ablutions matinales.
Marion dormait toujours. Elle était paresseuse, aimant faire la grasse matinée, ce qui l'avait fait enrager bien des fois, lui l'homme ponctuel, car souvent le déjeuner n'était pas prêt à l'heure.
Quand le propriétaire de Léognan fut prêt, il descendit.
Les garçons de bureau étaient déjà arrivés.
On ne s'étonnait pas de le voir matinal; c'était l'Habitude.
Le commis de régie était déjà à son poste, préparant les pièces d'octroi, les déclarations, les acquits-à-caution, les passe-debout, que les charretiers venaient chercher au bureau avant d'aller avec leurs baquets à l'entrepôt charger les pièces à expédier ou à livrer dans la matinée.
Les autres employés arrivèrent.
A huit heures, la vie commerciale de la maison était dans son plein.
Le patron donna quelques ordres. Il signa des bulletins de livraisons et des factures. Ses ennuis conjugaux ne devaient pas être une cause de préjudice pour les affaires.
Tout à coup, à travers les vitraux de sa fenêtre, Gradignan aperçut le baron Loriol. Cette visite matinale le surprit. Instinctivement il rapporta cela à sa femme.
Le baron pouvait savoir quelque chose ! S'il l'interrogeait habilement ! . . .
Alors, il l'accueillit la main tendue, le sourire aux lèvres, comme à l'ordinaire.
— Ce cher baron!... Vous êtes rudement matinal aujourd'hui! .. Vous m'apportez une commande?
Loriol n'avait pas son air habituel.
Il paraissait ennuyé.
— Non, ce n'est pas cela, lui dit-il.
— Qu'y a-t-il donc?
— Je vais vous le dire.
Et le baron ferma soigneusement la porte du bureau.