‹ L'enfant du divorceChapitre 34 sur 88 · DISQUALIFIÉ · texte numérisé non relu

DISQUALIFIÉ

'adjudant Breton était joliment fier de sa mission.

Témoin d'un baron, il allait être présenté devant un marquis et en rapport avec ses seconds, des hommes du monde, des comtes, des ducs peut-être!

C'est ce qu'il dit à Géromet en lui annonçant qu'il avait accepté pour lui; et il ajouta :

— Tu vas faire un brin de toilette, hein? te mettre sur ton trentedeujt, la tenue numéro un, celle des dimanches et des jours de fête!... As-tu une redingote?

— Oui, j'ai toujours celle de la noce de Clara, répondit l'huissier de l'hôtel de ville, et mon tube.

— Parfait, chapeau haut, c'est ce qu'il faut! dit Brpton. Tu n'oublieras pas ton ruban jaune à la boutonnière, pour faire voir qu'on n'est pas des pékins.

■ — Je te crois!

— Allons, viens, je déjeune avec toi et de là nous irons chez le marquis!... J'ai promis au baron que y serions avant deux heures.

Chemin faisant et pendant le repas, l'adjudant mit son beau-frère au courant de ce qu'il devait savoir.

Il fallait lui dire ce qu'était le baron Loriol, son ami, lui faire connaître les causes de la rencontre et lui donner les quelques notions indispensables au rôle de témoin.

Breton, ça le connaissait.

Il en avait vu des duels depuis qu'il enseignait l'escrime au régiment!

Il se chargeait de tout.

Géromet n'aurait qu'à dire comme lui.

Lorsque les témoins de Patrice Loriol se présentèrent au boulevard Malesherbes, le marquis de Fleurance était bien chez lui, mais il ne les reçut pas.

L'ENFANT DU DIVOUGE

M. Loriol, prononça-t-il, est disqualifié. (P. 318.)

Il dit à lîcncvont, ton;int les cartes qu'on venait de lui remettre :

— Dites aux représenlants de M. Loriol que deux de mes amis seront à leur disposition ce soir à cinq heures, ici.

L'adjudant était froisse de ce que le mar.^,.is de Fieurance, parlant de son ami, ne lui avait pas donné son titre de baron.

Il l'était pourtant, diable!...

40» Liv. — l'e.nfant du divorc

Breton avait bien vu ses cartes !

En attendant l'heure du rendez-vous, le mieux était d'aller trouver le baron, pour l'informer de ce qui ce passait et pour lui présenter Géromet qu'il ne connaissait pas.

Puis, à cinq heures précises, l'adjudant sonnait de nouveau à la porte de l'appartement du marquis de Fleurance.

Guy était allé chez son meilleur ami, le vicomte de Lausen, qui heureusement était encore à Paris, et qu'il avait eu le bonheur de trouver avec le comte de Bellegarde, un autre de ses intimes, membres comme lui du Jockey et de V Épatant.

Il leur exposa son altercation avec Loriol et leur apprit qu'il venait de recevoir la visite de ses témoins.

— Loriol!... s'écria William de Lausen, — c'est avec lui que vous devez vous battre !

— C'est un homme taré, accentua Edme de Bellegarde. — On ne fait pas à un pareil individu l'honneur de croiser le fer.

Le marquis, malgré sa répugnance pour le triste sire dont il était anjourd'hui l'adversaire, protesta.

— Non, je ue veux pas invoquer d'excuses, dit-il. M. Loriol m'a envoyé ses témoins et je veux me battre avec lui. Il croirait que je recule .. Non je ne veux pas.

— Mon cher, dit le vicomte, vous ne le pouvez pas.

— Écoutez-moi, reprit Guy de Fleurance. Vous allez comprendre que cette rencontre est inévitable. Il faut que je vous en fasse connaître les causes réelles.

Je suis obligé, pour vous faire comprendre la gravité de la situation, de vous révéler quelque chose que je ne voulais pas encore divulguer et que je placerai sous la sauvegarde de votre amitié, de votre discrétion et de votre honneur.

De Lausen et son ami furent saisis de l'accent qu'avait le marquis en disant cela.

— Ce duel, reprit le mari de Geneviève, il le fallait... Je l'ai voulu, parce que je hais M. Loriol de toutes les forces de mon âme, parce que je veux le tuer... et il ne faut pas que les causes réelles en soient connues.

C'est pour les dissimuler que je me suis conduit comme j'ai fait envers ce misérable, et de la sorte tout doit être mis sur le compte d'une offense imputable à un moment de mauvaise humeur.

Alors d'une voix grave, creuse, sombre, Guy ajouta :

— Un procès en séparation... un divorce même dès qu'il sera rétabli, va avoir lieu entre la marquise de Fleurance et moi.

Ce fut un mouvement unanime de consternation et de stupeur pour les amis du marquis.

— Est-ce possible?... s'écrièrcnt-ils.

— J'ai les preuves de mon malheur, dit-il. — .J'ai une lettre qui était adressée à ce Loriol...

— Lui?

— Oui, à lui!

Alors vous comprenez, il faut que je me batte !... Je ne veux aucune excuse. Que M. Loriol soit ce qu'il voudra!... que m'importe?... Il est l'amant de ma femme... Je veux le tuer !

La situation était grave.

Cependant il était évident pour le vicomte de Lausen et pour Edme de Bellegarde que leur ami, aveuglé par son ressentiment, ne se préoccupait pas assez de la situation morale de son adversaire.

Eux, avec plus de sang-froid, jugeaient l'individu dans son indignité réelle.

Ils ne pouvaient laisser le marquis se compromettre de la sorte.

Ils voulurent insister.

— Mon cher, dit le comte, vous n'avez pas assez réfléchi. Vous ne pouvez pas vous battre avec M. Loriol, quelles que soient les causes graves qui vous y poussent, quelle que soit votre haine... Non, c'est impossible!

— M. Loriol est un homme taré, dit à son tour William de Lausen, un aventurier qui s'est affublé d'un titre auquel il n'a aucun droit, j'en ai la preuve. — Trompé par des répondants auxquels on ne pouvait faire l'injure d'un doute, le comité du cercle l'a admis, c'est vrai...

— Eh bien! vous voyez, interrompit Guy de Fleurance. Quelle que soit l'indignité de cet homme, il est couvert par son admission.

— C'est ce qui vous trompe, riposta le vicomte. M, Loriol a été exclu récemment. On a pris comme prétexte, pour couvrir l'indignité dont nous aurions tous été éclaboussés, une dette de jeu que M. Loriol n'a pu payer. Mais j'ai fait partie^, comme membre du comité, de la commission qui a été nommée pour faire une enquête, et je vous assure que j'ai été édifié.

Le rapport doit être tenu secret, mais dans les circonstances présentes, la disqualification de cet individu étant connue de tous les membres du comité, je dois vous la révéler, car je ne puis vous laisser

3J6 L'ENl'AM DU DIVORCE

croiser le fer avec un pareil individu!... Il y va de ma responsabilité, de mon honneur, et du vôtre aussi, mon cher Fleurance.

— Que dit donc ce rapport?... demanda le marquis pâle de colère.

— M. Loriol, je vous l'ai dit, répondit M. de Lausen, n'a aucun droit au titre dont il s'affuble. Cette usurpation seule, qui le rendrait justiciable de la police correctionnelle, — car, grâce à son titre, il a fait bien des dupes, — suffirait pour établir son indignité.

Il y a mieux que cela.

Le père de M. Loriol était un simple instituteur de l'Ile-sur-Sorguos, en Vaucluse; un brave homme, mais un pauvre homme, qui n'a jamais eu parmi ses ascendants des barons qui aient dû, comme l'a prétendu son fils, renoncer à leur titre à l'époque de la Terreur pour échapper à la loi des suspects. — De cela, je suis absolument sûr, car nous en avons une preuve formelle par la généalogie de notre homme.

M. Loriol a ses titres et son état civil aux archives du greffe de Montpellier, car il fut condamné à l'âge de dix-huit ans pour vol à la détention dans une maison pénitentiaire d'où il n'est sorti qu'à vingt et un ans.

Voilà l'homme.

Et il n'y a pas d'erreur, nom et prénoms, tout y est.

Voilà le personnage à qui plusieurs d'entre nous ont serré la main pendant plusieurs années.

Ceci, pour l'honneur du cercle, ne doit pas être révélé. On l'a caché; un point et c'est tout.

— Nous ne pouvons pas non plus, reprit à son tour le comte de Bcllegarde, divulger les états de service de M. Loriol pour opposer sa disqualification à son envoi de témoins. — Nous ne voulons pas davantage établir qu'un honnête homme ne peut accorder une réparation d'honneur à celui dont l'honneur est déjà tombé dans des tripotages inavouables, à l'individu qui ne vit que d'expédients et contre qui bien des plaintes ont été portées au parquet, plaintes arrêtées par des influences que vous devez bien soupçonner.

Mais, sans avoir recours à cette fin de non-recevoir basée sur l'indignité du personnage, il y a une autre cause qui s'oppose à une rencontre entre M. Loriol et vous... M. Loriol, moucher Fleurance, est votre débiteur; vous lui avez prêté des sommes assez importantes... On ne se bat donc pas avec son créancier!

Le marquis était obligé de se rendre aux raisons qui venaient de lui être fourmes.

Les révélations qui lui avaient été faites avaient fait monter le dégoût à son cœur et à ses lèvres.

Non, il ne pouvait accorder à Loriol une réparation d'honneur.

Il était obligé d'accepter la fin de non-recevoir, l'empôchement que l'on venait de faire valoir, tiré de sa situation de créancier pour une somme importante de celui qui l'appelait en duel.

Si les autres causes graves n'avaient pas existé, s'il n'y avait pas eu un état si absolu de disqualification, Guy de Fleurance aurait aplani les difficultés.

Il aurait fait remettre par-dessous main à Patrice Loriol la somme qu'il lui devait, afin que celui-ci la lui remboursât et sortit ainsi de sa situation de débiteur.

Il aurait voulu le tuer, comme il disait.

Cette rencontre était véritablement impossible.

Il en convint.

C'était une question d'honneur

Le comte de Bellegarde et le vicomte de Lausen se rendirent cependant au boulevard Malesherbes à l'heure que leur ami avait fixée aux témoins de Loriol.

Guy alla trouver Marion dont il avait reçu le télégramme.

Il reverrait ses amis le soir au cercle.

Aussitôt arrivés, l'adjudant Breton et M. Géromet furent introduits dans le salon de Guy de Fleurance, où les témoins du marquis les attendaient.

Ce fut l'adjudant qui prit la parole.

Il venait de lire les noms des représentants du marquis de Fleurance sur les cartes que ceux-ci venaient de lui remettre, et, très flatté d'être en rapport avec un comte et un vicomte, il les avait salués profondément.

Il dit :

— Notre ami, M. le baron de Loriol, — le brave homme ajoutai! une particule qui lui paraissait indispensable, — nous a chargés de demander en son nom réparation à M. le marquis de Fleurance d'une offense grave qui lui a été faite hier soir.

Nous venons donc, mon ami, M. Lucien Géromet, sous-officier retraité, décoré de la médaille militaire, et moi, Alfred-Napoléon Breton, adjudant maître d'armes au 68' régiment de ligne, traiter avec vous, messieurs, des conditions de cette rencontre.

Le vicomte de Lausen invita Breton et Géromet à s'asseoir et ayant pris lui-même un siège, ainsi que son ami, il répondit :

— Nous sommes chargés, en effet, de représenter M. le marquis de Fleurance, mais notre devoir nous oblige à vous déclarer qu'une rencontre entre votre client et notre ami est impossible.

— Impossible?... s'écria l'adjudant.

— Inacceptable!... M. Loriol est le débiteur de M. de Fleurance pour une somme très importante, et les règles des choses de l'honneur ne permettent pas une rencontre entre le débiteur et le créancier.

— Débiteur!... débiteur!... mâchonna le maître d'armes. Je ne savais pas... M. le baron de Loriol ne nous a pas mis au courant de ses affaires d'intérêt... Débiteur!... enfin cela peut s'arranger... M. le baron de Loriol est un homme qui a de la surface... Il peut payer... Oui, je sais qu'on ne se bat pas avec celui à qui l'on doit de l'argent, parce qu'on a l'air... parce qu'il semble... Je n'en disconviens pas... Mais il peut payer... M. le baron de Loriol payera; je le connais. Il a ù Orange une propriété, un château qui répondent de sa solvabilité, qui garantissent sa dette... Alors, vous voyez bien, messieurs...

William de Lausen n'avait pu s'empêcher de sourire en entendant donner le nom de château à une bicoque que Loriol possédait, en effet, aux environs d'Orange, une simple maison de paysan, avec deux ou trois cents mètres carrés de terre inculte tout au plus, le tout fort mal loué, hypothéqué pour plus de sa valeur, et que le prétendu baron conservait précieusement, bien qu'il n'y eût aucun profit matériel, afin de pouvoir se dire propriétaire.

— Lors même que M. Loriol pourrait s'acquitter envers le marquis de Fleurance, répondit le comte de Bellegarde, il nous serait impossible d'accepter une rencontre avec lui au nom de notre ami.

— Ah!... fit Breton. — Pourquoi?... quel est cet obstacle?... lime semble qu'entre gentilshommes... entre gens d'honneur...

Un geste du comte l'arrêta.

— - M. Loriol, prononça-t-il, est disqualifié.

— Disqualifié!... s'écria l'adjudant. Qu'est-ce que c'est que ça?... Disqualifié?...

— M. Loriol faisait partie d'un cercle honorable dont il a été exclu.

— Eh bien! qu'est-ce que ça prouve?

— Une exclusion n'est prononcée que pour des causes graves qu'il ne nous appartient pas de divulguer... On ne se bat pas avec cet hommelà !.. . Sa disqualification est formelle.

— Disqualification ! . . . Comprends pas ! . . .

— Monsieur, dit le vicomte, si vous y tenez, un arbitre peut être nommé, nous pouvons avoir recours à un juge, que nous désignerons d'un commun accord et qui prononcera en connaissance de cause.

— Disqualifié!.,, répéta l'adjudant. — Ce que vous me dites là me surprend. Je ne peux pas prendre sur moi... Je veux en référer à M. le baron de Loriot.

— C'est ce que vous avez de mieux à faire, dit William de Lausen en se levant, car je suis persuadé que M. Loriot comprendra ce que nous voulons dire et qu'il ne persistera pas dans sa demande de réparation.

Les quatre témoins étaient debout.

L'entrevue était terminée.

Alors l'adjudant se ravisa.

— Il me semble, dit-il, qu'un procès-verbal serait nécessaire.

— Si vous le désirez, répondit le comte de Bellegarde, mais nous pouvons toujours le rédiger si une seconde entrevue est nécessaire.

— En ce cas, répondit le vicomte de Lausen, je vous prie de nous fixer un rendez-vous chez moi, rue François I".

L'adjudant et son ami saluèrent et, sur un coup de sonnette, Bénévent les reconduisit. ,

La colère de Patrice Loriot fut grande quand il connut le résultat de l'entrevue de ses témoins avec ceux du marquis de Fleurance.

Il savait ce que l'on voulait dire.

Il pensait bien que son exclusion du cercle devait avoir été accompagnée d'une enquête.

Ça ne l'empêcha pas de crier et de protester.

— Disqualifié !... et de quel droit?... Qui donc a le pouvoir de s'ériger en juge d'un homme d'honneur et de le disqualifier?

On ne m'a pas exclu du cercle, on m'a rayé ! . . . Ah ! mais ce n'est pas la môme chose!... on m'a rayé parce que je me suis laissé surprendre par le payement de mes cotisations... J'étais en retard, je n'y pensais plus!... Je n'ai pas d'intendant, moi, pour gérer mes affaires, comme M. le vicomte de Lausen!... J'ai oublié de payer... J'étais absent, j'étais en voyage!... et alors, comme on a toujours quelques bons amis dans le comité du cercle qui font leurs coups en dessous, on en a profité pour m'appliquer le règlement et pour me rayer ! . . .

C'est ça qu'ils appellent disqualifié!...

Il n'y avait qu'à envoyer encaisser chez moi !... Il y a des garçons et des employés au cercle pour faire les courses!.,. On s'en est bien gardé!...

Disqualifié!... Je verrai ça!.,.

Je dois de l'argent à M. de Fleurance, je ne le nie pas!... Oui, c'est vrai! C'était pour une affaire... Il est riche, il m'a fourni les moyens de la faire. Malheureusement ça a mal tourné, et je n'ai pu encore rembourser!...

Qu'est-ce que cela prouve?

Alors on n'insulte pas celui qui est votre débiteur, puisque, après l'offense, on lui oppose sa dette.

M. le marquis de Fleurance est un pleutre, je le lui dirai en face, je vous le jure !

Il se dérobe !

Mes amis, — conclut le prétendu baron avec une déclamation dramatique, prenant les mains de ses témoins, — je vous demande pardon de vous avoir dérangés pour un monsieur qui se cache derrière une quittance!... Je croyais vous envoyer chez un homme de cœur, je reconnais que je me suis trompé, et je vous prie de m'excuser de vous avoir mis ne présence d'un homme d'argent et de couardise !...

— Alors, dit l'adjudant, vous renoncez?

— Que voulez-vous faire?

— On a proposé un arbitre.

— Oui, je sais ce que cela veut dire... L'arbitre dira comme les amis de M. de Fleurance : on ne se bat pas avec son créancier.

— Nous pouvons donc considérer notre mission comme terminée? dit Alfred-Xapoléon Breton.

— Je le crois.

— Mon cher baron, considérez-nous toujours, mon beau-frère et moi, comme à votre disposition.

• — Toujours!... dit Géromet dont c'était le premier mot.

— Merci, mes amis, répondit Loriol. Merci!

Le petit baron était furieux.

Maintenant c'était une rage folle qu'il avait contre le marquis de Fleurance, une haine qui serait implacable, et qui appellerait une vengeance qu'il poursuivrait par tous les moyens possibles.

Il entrevoyait la possibilité de lui nuire, grâce à ce qui se passait, grâce à ce que Denis lui avait dit.

Il y avait quelque chose de mystérieux.

Loriol Téclaircirait.

L'ENFANT DU DIVOllGK

Il guettait comme un malfailour. (P. 323.)

4l« UV. — HECTOn DE MONTPERUEUX. — LEXFANT DU niVOUCE. — J. UOUFF ET C'", ÉDIT. 41= UV.

L'ENFANT DU DIVOUGl': 323

Qui lui importaient les moyens pour se venj^er? 11 ne reculerait même pas devant une infamie.

Il s'unirait au valet de chambre d'Hubert de Glamondans, dont il avait pressenti le ressentiment, sans parvenir à se l'expliquer. Il le poursuivrait de sa haine!

Il se vengerait horriblement!

Loriol pensait aussi à Marion.

Il voulait la voir.

Il tenait à lui dire ce qui se passait, à lui montrer tel qu'il était cet homme qu'elle aimait et qui, après avoir insulte', refusait une réparation d'honneur.

Il courut à la rue de Rivoli.

Le baron demanda au bureau de la maison meublée :

— Cette dame qui est arrivée à midi est chez elle? On lui répondit :

— M""^ Bernay ?... oui, monsieur... Mais il y a quelqu'un chez cette dame.

— Bien, je reviendrai.

Loriol avait compris que c'était le marquis de Fleurance qui était là.

11 ne voulut pas monter.

11 attendit dehors, sous la galerie de la rue de Rivoli, se dissimulant derrière un pilier chaque fois qu'il voyait quelqu'un sortir de la maison meublée.

11 guettait comme un malfaiteur.

Lorsqu'enfm il aperçut le marquis de Fleurance, il le regarda s'éloigner, et, les yeux allumés en des lueurs fauves, il monta chez Marion.

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