‹ L'enfant du divorceChapitre 54 sur 88 · UN PREMIER CLIENT · texte numérisé non relu

UN PREMIER CLIENT

)endant les événements qui précèdent, Loriol n'avait eu qu'un objectif, retrouver la marquise de Fleurance.

Poussé par sa haine contre le marquis qui successivement lui avait pris sa fiancée et celle dont il comptait faire sa maîtresse, il poursuivait ses recherches dans l'espérance, lorsqu'il aurait découvert le secret de la retraite de Geneviève, de se venger de celui qui lui avait en outre infligé le plus sanglant des affronts ,

Il faisait un grief au marquis de sa radiation du cercle et des froissements d'amour-propre qu'il avait éprouvés depuis.

Plusieurs visages jadis amis s'étaient détournés de lui avec une affectation marquée depuis sa mésaventure et bien des gens autrefois très affables avaient obstinément gardé les mains dans leurs poches en l'apercevant, ne paraissant pas remarquer celle qui leur était tendue.

Pour Loriol, le marquis de Fleurance était l'auteur responsable des malheurs qui lui étaient arrivés ; il allait môme jusqu'à penser qu'il en était l'auteur.

Son ardent désir de vengeance, l'engageait donc à retrouver la marquise, en même temps que la réelle sympathie quïl éprouvait pour elle l'incitait a ne rien négliger pour arriver à ce but.

Le baron avait connu le projet de divorce et il n'avait pu croire lui non plus à cet abandon du domicile conjugal.

C'était peut-être plus qu'un amour déçu qu'il éprouvait pour Geneviève, c'était encore un sentiment de respectueux attachement.

Telle il l'avait connue jeune fille, idéalement belle et parée de toutes les vertus, telle il se la figurait toujours, incapable d'aucune action basse et vile.

Il y avait donc, dans cette ténébreuse histoire, un point obscur que Loriol ne pouvait élucider, mais dont la clef lui eût permis de retrouver la femme que rejetait le fier marquis.

Voyant l'inutilité de ses efforts et devinant l'impossibilité en laquelle il se trouvait de mener à bien sa difficile entreprise, il pensa à s'adresser à une agence.

496 L'KNFANT DU DIVORCE

Cette idée le frappa.

— Voilà bien ce qu'il me faut, se dit-il, malheureusement, ça coûte cher une agence.

Les agents d'affaires sont particulièrement exigents et dame! ma bourse n'est pas bien garnie.

Cette difficulté ne le rebuta pas, avec une persévérance toute méridionale, il n'en poursuivit pas moins son projet.

Assis mélancoliquement à la terrasse d'un café du boulevard, il était fort occupé à la grave opération de préparer une absinthe au sucre.

Goutte à goutte, il faisait tomber l'eau frappée dans la verte liqueur, lorsque machinalement ses yeux se portèrent sur un journal déplié qu'un garçon négligent avait laissé traîner sur une table.

Distraitement il le regarda.

Soudain, il reposa brusquement la carafe qu'il tenait en main, abandonna le minutieux dosage qu'il préparait religieusement pour s'emparer de la feuille et la lire plus attentivement.

— Tiens ! fit-il, comme ça tombe bien une annonce d'homme d'affaires.

Et il lut :

Missions délicates Investigat. officieuses.

Intervention occulte.

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