‹ L'enfant du divorceChapitre 78 sur 88 · DANS LA MAIN DE DEMS · texte numérisé non relu

DANS LA MAIN DE DEMS

^^^!^EMS n'avait pajs fait dix pas sur le boulevard des Filles-du-Calvaire, U 1^1 conjecturant de la nouvelle direction qu'il était décidé à donner à Six^fi:^ ses projets après son demi-échec auprès de M' Lebon, quand il se trouva tout à coup nez à nez avec Loriol.

Portant beau, le monocle à l'œil, L'élégant Patrice, croisant sa mince canne à pomme d'or, avait mis en arrêt le valet de chambre du duc de Glamondans, en s'exclamant d'un air d'impertinence amicale :

— lié là! hé là! maître Denis, ne courons pas si vite... Peut-on savoir ce qui vous amène dans ces parages ?

— Monsieur le baron ! fit Denis en se découvrant, réprimant avec peine la satisfaction qu'il éprouvait à la vue de celui qui, dans sa tête, était déjà le pivot de ses nouvelles combinaisons.

Monsieur le baron par ici 1... monsieur le baron se promène ou va peut-être à un rendez-vous, insinua le père de Fernande assez curieux de savoir ce que venait faire le baron Loriol dans le quartier déjà éloigné du centre élégant que le faux gentilhomme alTectait de fréquenter.

— Je me promène tout simplement, mon ami, fit le baron. Question d'hygiène ; histoire de ne pas prendre du ventre.

Et vous? que diable pouvez-vous bien venir faire par ici? Denis Féroux glissa un regard de côté à Loriol ; puis se décidant à attaquer la question :

— Moi, dit-il, monsieur le baron, je viens de chez Lebon, l'agent d'alTaires de la rue Franche-Comté.

Et prenant un air mystérieux :

— Il y a du nouveau à la maison, ajouta-t-il.

— Tiens, vous venez de chez Lebon, exclama Loriol, qui crut devoir répondre à la confiance de Denis par une confiance pareille, c'est curieux vraiment ! J'y allais !

Mais, ajouta-t-il, subitement intrigué, qu'y a-t-il donc de nouveau qui puisse vous amener chez cet estimable Lebon ? — Quelque culotte soignée que le petit Hubert aura remportée à son cercle, hein? questionna familièrement le baron Loriol regardant le valet de chambre et plissant

les yeux dans un rire. Il fait beaucoup de folies depuis quelque temps ce cher ami.

— C'est vrai tout de même que, comme dit monsieur le baron, M. le duc n'est pas très raisonnable ; il s'émancipe beaucoup depuis quelque temps, — si je puis me permettre de parler ainsi, — ajouta hypocritement le père de Fernande. Mais aujourd'hui, continua le valet de chambre étudiant l'effet de sjs paroles sur le visage de son interlocuteur, il ne s'agit guère des folies de M. le duc, il s'agit de M""' la marquise.

Loriol sursauta

— De M"' de Fleurance?... exclama-t-il.

. ■ — Oui, confirma le valet de chambre d'Hubert, heureux de l'eiïot produit sur le baron par cette nouvelle, de M"^ la marquise de Fleurance qui est venue voir M. le duc aujourd'hui accompagnée de M. le curé de Souvigny et de M. Bécoulet, le juge de paix.

— Retrouvée! la marquise est retrouvée!... fit Loriol stupéfait et ne pouvant contenir son émotion ; mais enfin, que lui était-il arrivé, qu'était-elle devenue?... Yous devez le savoir, parlez vite, mon ami. dit le baron en passant familièrement son bras sous celui du domestique

Et le poussant dans un café qui bordait le boulevard :

— Entrons là, vous avez bien un moment, hein? Yous allez me raconter cela en prenant un madère. — Comment, elle est retrouvée, cette belle marquise? C'est très intéressant, savez-vous, continua le faux gentilhomme en s'asseyant en face du valet de chambre du duc.

— C'est tout un drame, monsieur le baron, fit Denis d'un air pénétré après que le garçon eut versé les deux madères commandés par Loriol.

— Yite donc, mon ami, je meurs d'impatience, dit le baron anxieux en effet de connaître les aventures de Geneviève. D'où vient la marquise?. . Qu'était-cllc devenue?... Comment se fait-il qu'elle soit restée si longtemps sans donner de ses nouvelles?...

— A votre santé, monsieur le baron, fit Denis prenant plaisir à attiser l'impatience de Loriol et choquant son verre sur celui du gentilhomme. Comment M""' la marquise n'est pas revenue plus tôt?... elle ne le pouvait guère, la pauvre chère femme, vu qu'elle était en prison à Saint-Lazare.

— En prison, la marquise ! s'écria Loriol suffoqué.

— En prison, oui, monsieur Patrice, confirma le père de Fernande Maurin, en prison... pour vol 1

— Pour vol !

— Oui, accusée d'avoir volé les bijoux de M°" la marquise de Fleurance.

— Allons donc, c'est une plaisanterie, fit le baron incrédule.

• — C'est la vérité toute pure, répondit Denis Féroux dont les petits yeux méchants ne pouvaient s'empêcher de briller au souvenir des maux endurés par la marquise ; l'exacte vérité.

• — Mais alors... fit Lorioi qui ne comprenait pas... Alors elle aurait dû être relâchée tout de suite... quand on a su son nom... aussitôt reconnue...

— M""^ la marquise n'a pas été reconnue, monsieur le baron, fit Denis; et par personne, souligna-t-il ; non, pas même chez le juge d'instruction lorsqu'elle a été confrontée avec le marquis de Fleurance!..-

Et complaisamment, le domestique d'Hubert recommença pour Lorioi le récit des souffrances de Geneviève, récit traîtreusement surpris par le misérable, et qu'il venait déjà de faire à Lebon, mais dont sa haine n2 se rassasiait pas.

— C'est renversant!... C'est à ne pas y croire! exclamait le baron. Pauvre petite femme!... Mais pourquoi, enfin, continua-t-il, faisant l'inévitable réllexion, pourquoi la marquise pouvait-elle avoir besoin de garder le secret sur l'emploi de cet argent.

Denis haussa les épaules.

— Voilà ce qu'on ne sait pas, dit-il, M""' la marquise n'en ayant rien dit à M. le duc.

N'empêche, continua le domestique, que baser une demande en divorce sur une semblable aventure, profiter du malheur d'une pauvre femme pour se débarrasser d'elle et se coller avec une maîtresse comme l'a fait M. le marquis, ça n'est pas bien, n'est-ce pas, monsieur le baron?... Avec ça que M. de Fleurance qui n'a pas voulu reconnaître la marquise chez le juge d'instruction, a motive sa demande en divorce sur l'abandon du domicile conjugal, tandis qu'il savait sa femme en prison!...

— C'est monstrueux, fit le baron. La marquise doit être furieuse contre lui?

— Oh ! furieuse, la pauvre femme, bonne comme elle l'est! rectifia le père de Fernande d'une voix hypocritement émue. Non, mais désespérée, folle de douleur... Et si changée!... Si maigrie!... l'ombre d'elle-même!

— Mais est-elle au courant de la conduite scandaleuse de M, de Fleurance.

— Oui, on Fa renseignée, elle sait tout...

Du reste elle n'eût pas tardé à l'apprendre, car il ne se cache pas beaucoup, M. le marquis.

— Fleurance se conduit comme un cuistre, dit le baron Lorioi d'un air haineux.

— Aussi, si vous l'aviez vue pleurer, cette pauvre femme... cl si belle encoi'c malgré ses souffrances!... Elle voulait parlir tout de suite, s'éloiijrncr...

Mais, est-ce qu'ils ne.se sont pas mis dans la tête, mon jeune maître, l'abbé Julien et M. Bécoulet, de lui faire faire opposition au jugement !... Une singulière idée qu'ils ont là, entre nous, fit le valet de chambre fixant ses yeux vipérins sur son interlocuteur.

De drôles de conseilleurs qu'elle a autour d'elle M"' la marquise! Ils vont lui en occasionner encore des tourments!

Gomme s'il ne serait pas plus sage de rester tranquille... d'accepter les faits tels qu'ils sont, maintenant que le premier coup est porté... Car enfin, elle ne peut plus l'aimer beaucoup, son mari, après toutes les turpitudes qu'il lui a faites! Et en admettant encore que le procès soit révisé et que le rnarquis consente à quitter la belle Marion et à reprendre la vie commune.

Riche et jolie comme l'est encore M""* la marquise, qui sait si elle ne serait pas arrivée à oublier...

Si j'avais osé lui dire, moi, de ne pas écouter tous ces conseilleurs... Mais j'y pense, monsieur le baron, ajouta innocemment Denis, ce que je n'ai pas osé faire, vous pourriez vous en charger, vous!

— Moi, fit Loriol en rougissant malgré lui.

— Pourquoi pas... Vous êtes de ses amis, presque un ami d'enfance, il me semble; pourquoi n'essaieriez-vous pas de contrebalancer l'infiuence de ses aveugles et rétrogrades conseillers.

On ne refuse pas d'écouter un ami.

Ce qu'un serviteur comme moi, si dévoué qu'il soit, ajouta le drôle, ne peut pas dire, vous le feriez comprendre à M""^ la marquise.

Aimez-vous mieux laisser retomber cette malheureuse femme entre les mains de son mari!

Croyez-moi, allez la voir, monsieur le baron, lâchez de la détourner de ce projet. Pour moi c'est un fier service que vous lui rendrez à cette bonne marquise.

Elle est descendue carrefour de la Croix- Rouge, à l'hùtel du même nom, en compagnie du juge de paix et du curé.

Mais surtout, ajouta insidieusement Denis, tâchez de la voir sans ses deux gardes du corps, car ils sont gens tenaces dans leurs idées, et pourraient vous empêcher de pénétrer jusqu'à elle.

Maintenant, permettez-moi de vous quitter, monsieur le baron, fit le traître en se levant; car M. le duc doit m'attendre et il faut que je me dépêche d'aller reprendre mon service.

742 L'ENFA.M DU DIVORCE

N'oubliez pas l'adresse, surtout : carrefour et hôtel de la Croix- Piouge.

Et allons donc! se disait intérieurement Denis Féroiix en grimpant lestement dans l'omnibus qui devait le ramener dans le voisinage de la rue Meyerbeer, à ia bonne heure, il marchera le baron.

Je crois que j'ai crânement amorcé l'affaire.

Si le marquis de Fleurance conserve encore quelques doutes sur son malJieur et le bien fondé de sa plainte en adultère, il faudra que le cher homme soit bien aveugle ou bien peu au courant de ce qui se passe à l'hùlel de la Croix-Rouge; et Denis est là pour le lui faire connaître!

Après avoir reconduit jusqu'à la porte de l'étude le valet de chambre du duc de Glamondans, Lebon était rentré fort perplexe dans son cabinet.

Avait-il eu raison, avait-il eu tort de rester ainsi boutonné jusqu'au col vis-à-vis de Denis?

Tant de réserve était-elle nécessaire et une bonne alliance n'eût-elle pas été plus profitable avec le domestique du jeune duc.

Il est vrai que Denis lui avait tout l'air de poursuivre un but fort opposé à celui de M'"" de Fleurance; mais la belle affaire !

N'était-ce pas son métier, à lui, Lebon, de pêcher en eau trouble, et n'élait-il pas assez intelligent et assez retors pour mettre à profit, sous les dehors du plus parfait dévouement, les passions bonnes ou mauvaises de ceux que ia Providence plaçait sous sa coupe ?

Certes, du côté de la marquise, si seulement il pouvait arriver à être son seul et unique conseiller, l'affaire pouvait être fort bonne ; mais voilà... Parviendrait-il à ruiner l'influence de l'abbé Julien et de Bécoulet, ces vieux et fidèles amis de Geneviève?...

N'était-il pas plus prudent et plus productif de jouer un double jeu, et, Denis d'un côté, la marquise de l'autre, de manger aux deux râteliers qui leur étaient si généreusement offerts "'

Lebon n'avait, du reste, qu'une confiance relative dans le succès de ses tentatives auprès de la marquise de Fleurance.

S'il savait Geneviève trop foncièrement bonne pour douter de la sincérité de son repentir et de ses sentiments, il se sentait suspect au curé de Souvigny et à Bécoulet.

Lc; juge de paix surtout le gênait, semblait vouloir le percer à jour de son fin regard.

L'ENFANT DU DIVORCI': 743

— II m'ombête, ruminait Lebon; lui et aussi cet imbécile d'abbé! Si je pouvais seulement m'en débarrasser, les éloigner pendant quelque temps de M"" de Fleurance... Cela irait comme sur des roulettes...

Quant à Denis, songeait l'agent d'aiïaires, le drôle est très fort et je crois qu'il serait imprudent de s'en faire un ennemi.

Evidemment, nous sommes faits pour nous entendre.

Parbleu! je ne suis qu'un idiot! par lui je puis avoir une foule de renseignements précieux sur le marquis et sur sa maîtresse.

Il suffit pour cela de paraître abonder dans son sens et de faire traîner en longueur cette question de divorce.

C'était pour lui un jeu d'enfant, et la marquise n'y verrait que du feu, — pas plus du reste, que le valet de chambre dllubert de Glamondans, n'arriverait à percer à jour ses manigances.

Cela calmait la conscience chatouilleuse de l'honnête gredin de penser que s'il se préparait à tromper encore « cette bonne marquise » il allait du moins, du même coup, jouer un bon tour à ses ennemis.

Toucher à la fois, — ayant Denis dans son jeu, — l'argent de M. de Fleurance et celui de sa *emme, la belle aubaine!

C'était une poule aux œufs d'or, si l'on agissait avec prudence, — et moins bête que le héros de la fable, l'ancien clerc de M' Ducormier jurait bien d'en tirer longtemps de bons et solides profits.

L'agent d'affaires en était là de ses agréables réflexions lorsque le timbre de la porte d'entrée résonna de nouveau annonçant un client.

Lebon regarda la pendule et fit un geste de mauvaise humeur.

Au diable l'importun qui venait lui faire perdre le 111 de ses combinaisons.

Et comme l'heure était presque arrivée de fermer l'agence, le petit bossu allait s'esquiver par une porte de dégagement, lorsqu'il crut reconnaître la voix de Loriol.

— Le baron !

La figure chafouine de l'agent d'affaires reprit immédiatement son liypocritc impassibilité.

Intérieurement il jubilait.

En effet, le baron Loriol n'était-il pas un des principaux pantins de cette comédie sur laquelle il comptait pour édifier sa fortune?

Quel bon vent l'amenait?

Lebon s'élança vivement à sa rencontre et saluant obséquieusement :

— Monsieur le baron... Je suis charmé... veuillez vous asseoir., j'allais vous écrire, ajouta-t-il en avançant un fauteuil.

• — A propos de la marquise de Fleurance? interrompit Loriol avec vivacité.

Vous avez vu Denis, le valet de chambre de Glamondans?

Vous savez que la marquise est retrouvée?

Vous connaissez les idées saugrenues qu'on lui a mis en tête?

— Ah! ah! nous y voilà déjà, pensa Lebon, cela te gêne donc beaucoup, mon vieux, cette demande en revision de jugement.

— Des idiots, continua le baron, cet abbé et ce Bécoulet! Et ce benêt de Glamondans qui est aussi, paraît-il, de ce beau projet!

Qu'est-ce que vous pensez, vous, Lebon, de cette affaire-là? Le petit bossu glissa un regard au baron sous ses lunettes.

— A quel point de vue, monsieur le baron?

— Mais au point de vue de l'intérêt de M"" de Fleurance, mon cher monsieur Lebon, vous savez que j'étais un de ses meilleurs amis.

D'abord, la chose est-elle réellement possible?

— Non seulement possible, mais facile, monsieur le baron; c'est ce que j'ai expliqué ici, tout à l'heure, à M. Denis, qui s'intéresse aussi beaucoup à M°' la marquise, et qui m'a posé la même question que monsieur le baron.

— Oui, je sais cela, fit Loriol désappointé; seulement je pensais... Et s'interrompant :

— Mais c'est impossible, c'est absurde! la marquise ne peut en aucune façon se réconcilier avec son mari! elle n'y consentirait pas, d'ailleurs ! c'est vouloir son malheur que de lui conseiller cela!

— lié! hé! fit Lebon, — s'amusant à pousser à bout le baron Loriol, — M°" de Fleurance aimait, parait-il, beaucoup M. le marquis... peut-on jamais savoir avec les femmes... Qui sait si ça ne serait pas la meilleure solution à donner à cette grosse tempête conjugale.

— Vous ne le lui conseilleriez pas, vous, Lebon, s'écria le baron avec impétuosité.

D'ailleurs y consentit-elle, le marquis lui, le beau Fleurance, n'acceptera jamais d'être séparé de sa maîtresse. Ce sera encore de nouvelles humiliations pour la pauvre femme.

• — Il lui restera son amour maternel pour la soutenir, fit avec componction l'agent d'affaires en posant une main sur son cœur.

— Voyons, mon bon, fit Loriol anxieux; il faut que vous tâchiez de voir la marquise, que vous cherchiez à la détourner de cet absurde projet.

• — .Je l'ai vue, monsieur le baron, j'ai eu l'honneur de me mettre à la disposition de M"' de Fleurance!

LEMFANT DU DIVORCK

Qu'avez- vous, mon Dieu, mon vieil ami? s'écria-t-elle. .. (P. 148.)

— Elle vous a reçue? Yous lui avez parlé?

— Je crois même pouvoir affirmer, fit l'agent d'alTaires en prenant un air modeste, que M"' la marquise a daigné rendre justice à mon dévouement etm'accorder sa confiance. EUe-môme a voulu me consulter avant de prendre une résolution définitive, ajouta audacieusement le drôle.

— Et votre avis a été, fit Loriol avidement?

94« Liv. — l'enfant du divorcb. 5** *•"•

— Ma foi, vous comprenez : j'ai dit à M"^ la marquise que je ne pouvais lui répondre comme cela subitement; que j'avais besoin de réfléchir dans une aussi grave circonstance.

— Et le résultat de vos réflexions, cher monsieur Lebon, fit le pseudo-baron cherchant à deviner la pensée du petit homme.

— Hélas! me voilà fort perplexe, monsieur le baron; il est certain que vos raisons ont fortement ébranlé ma confiance dans Theureux résultat d'un rapprochement entre le marquis et sa femme, ajouta évasivement l'agent d'affaires,

— Et vous avez raison, dit Loriol un peu rassuré, cela aurait un' résultat déplorable, vous verriez. 11 faut détourner la pauvre femme de cette voie fatale.

Vous seul pouvez faire cela, mon cher Lebon, et les vrais amis de la marquise vous seront reconnaissants de vous y employer, ajouta le baron avec un regard expressif.

■ — Au moins, toi, ton jeu n'est pas compliqué fit d'un air narquois l'agent d'affaires après le départ du baron Loriol,

Cupide et amoureux, vivant d'expédients, tu ne serais pas fâché de redorer ton blason d'occasion et de relever ta considération compromise, avec l'argent et l'amour d'une de Glamondans.

Par exemple, je crains fort, mon pauvre ami, que, malgréla confiance que lu me témoignes, tu ne finisses par rester pour compte lorsque tu auras joué dans ma combinaison le rôle que je te destine, car je doute que la marquise se laisse jamais prendre à tes pièges amoureux, conclut le petit bossu avec un ricanement qui découvrit ses dents jaunes.

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