INCONNUE
^Y^ 'arrivée si inattendue de la marquise de Fleurance à Paris avait ^1^ produit une vive impression sur le valet de chambre d'Hubert. f^^È^S Surpris jusqu'à la stupéfaction la plus profonde, Denis s'était demandé :
— Que se passe-t-il donc?
11 était demeuré longtemps en présence de cette interroi^ation sans pouvoir arriver à en trouver la réponse.
La marquise de Fleurance à Paris, c'était, en effet, pour l'ancien serviteur du duc de Glamondans, ce qu'il pouvait y avoir de plus extraordinaire, de plus inconcevable.
Hubert causait souvent assez familièrement avec Denis, qui était bien mieux l'organisateur, le pourvoyeur et l'intendant de ses plaisirs que son domestique, et il n'ignorait rien de ce qui se passait aux Migettes, ni de ce qui concernait le marquis et la marquise de Fleurance.
Il était, du reste, fort bien renseigné par la marquise elle-même qui avait en lui une confiance aussi absolue que peu méritée.
Il savait à merveille que la fille de son ancien maître avait una profonde horreur de Paris et de sa vie trop bruyante pour ses goûts paisibles, pour sa nature pleine de simplicité, pour son cœur qu'occupait exclusivement l'immense affection de sa fille.
Il savait que la marquise n'était jamais venue à Paris et que malgré les invitations, — fort peu pressantes, d'ailleurs, — du marquis, elle ne s'était jamais décidée à quitter son splendide domaine des Migettes où elle menait, exempte de toute préoccupation mondaine et de toute obligation sociale, l'existence toute d'amour qui lui était nécessaire.
Aussi, pour que la marquise se fût ainsi décidée tout à coup à venir à Paris, il avait fallu qu'elle y eût été poussée par une nécessité bien impérieuse, par des circonstances bien graves et bien urgentes.
Que se passait-il donc?
Denis ne pouvait songer au chèque qu'il avait présenté lui-même à la caisse du notaire de Tours, et que le caissier de M' Ducormier lui avait payé sans la moindre hésitation.
Le faux, pensait-il, ne pouvait avoir été découvert, puisque l'on avait payé sans défiance.
Il passerait certainement inaperçu, carie marquis de Fleurance ne vérifiait guère les comptes de son notaire.
Il serait englobé au milieu d'une vingtaine d'autres chèques de sommes diverses, supérieures ou inférieures à celle qu'il portait, mêlé à des chiffres nombreux de mémoires, de factures et de comptes, car c'était M* Ducormier qui avait charge de régler toutes les dépenses de son riche client, comme d'administrer sa colossale fortune.
De ce côté donc, rien à craindre .
En outre, comment la marquise aurait-elle pu savoir cela?
Denis Féroux ne pouvait pas avoir l'idée de ce qui s'était passé.
Ce chèque ne le préoccupait donc nullement.
Nos lecteurs seront bien aise d'apprendre en quelques lignes, pendant que nous sommes en compagnie du cynique gredin, ce qui concerne le faux dont M. Lebon avait fait contre l'infortunée marquise un odieux instrument de chantage.
Avant de partir pour la mer avec sa maîtresse, Hubert de Glamondans avait demandé à son beau-frère, le marquis de Fleurance, qui gérait son patrimoine, de lui avancer le prochain trimestre de ses revenus.
Il avait d'importantes dépenses à faire, car Fernande entendait briller sur les plages oii elle allait se trouver.
Le marquis avait délivré au jeune duc un chèque de huit mille francs, mais la somme n'avait pas paru suffisante à la maîtresse d'Hubert.
Denis à l'insu de son maître, avait arrangé les choses.
Il avait habilement falsifié ce chèque en le majorant de dix mille francs et il avait eu l'adresse infernale de faire cette falsification d'une plume qui pouvait aisément être prise pour celle de son jeune maître.
Dans le cas oii la fraude serait découverte, elle serait tout naturellement imputée à Hubert, qui ne pourrait s'en défendre, car il ne se souviendrait jamais de ce qu'il avait fait en cette soirée où il avait remis le précieux papier à Fernande et pendant laquelle on avait eu soin de le jeter, à la faveur d'un souper arrosé du Champagne le plus capiteux, dans uneébriété à peu près complète.
— Alors, se demandait Denis, que se passe-t-il donc? tonnerre de sort 1... Qu'est-ce que la marquise est venue faire à Paris?
Il eut un moment la même pensée qui était venue tout d'abord à
92 L'ENFANT DU DIVORCK
l'esprit du marquis de Fleurance lorsqu'il se trouva si inopinément en présence de sa femme,
11 pensa que la marquise, instruite de la vie joyeuse de son mari, ou tout simplement prise d'une jalouse méfiance, avait pu s'alarmer.
Denis savait bien à quoi s'en tenir sur l'existence du marquis.
• — Non, se dit-il, si c'était cela, M""' la marquise n'aurait pas manqué de me questionner. Elle a confiance en moi.
Fatigué alors de chercher en vain, Denis s'était dit :
— Bah! j'arriverai bien aie savoir. Je suis on ne peut mÎGux placé pour ça.
Il se frotta vigoureusement les mains avec une joie satanique et il ajouta :
— Je ne sais pas si je me trompe, mais il me semble qu'il se prépare des choses sérieuses. C'est le moment de veiller.
Ah! cette maison de Glamondans !...
Le lendemain, Denis était encore en proie aux mêmes préoccupations, et, impatient de savoir quelque chose, il avait résolu d'aller voir Bénévent, le valet de chambre du marquis de Fleurance, qu'il se chargerait bien de faire causer, lorsqu'il rencontra Loriol.
Le domestique d'Hubert était enchanté de la rencontre.
Il n'ignorait rien de ce qui concernait le baron.
Il le connaissait à fond et il avait été l'instrument de son amitié avec le jeune duc, comme il avait été celui de la liaison d'Hubert avec Fernande Maurin.
— Je croyais que M. le baron était parti en voyage, dit-il de sa voix doucereuse, esquissant un sourire complaisant qui plissa sa face glabre et rasée.
— En effet, j'étais en voyage, répondit Patrice Loriol, et je viens de revenir... à cause d'une affaire.
Mais Loriol avait résolu aussitôt de profiter de l'occasion qui se présentait pour interroger le valet de chambre de son ami qui était à même d'être bien renseigné.
Il lui demanda donc tout de suite :
— Vous avez su, sans doute, que la marquise de Fleurance est venue à Paris.
— Oui, monsieur le baron, répondit Denis, M"* la marquise est venue, croyant trouver M. le duc chez lui.
— Tiens!... Je lui avais dit cependant que son frère allait partir pour la Normandie.
— Ah! M. le baron est donc allé aux Migettes?... fit à son tour le père de Fernande, surpris.
— J'y ai passé en allant à Tours et je me suis arrêté pour saluer les châtelains de Souvigny; mais le marquis était absent.
J'ai vu la marquise qui était seule, aussi j'ai été rudement surpris lorsque je l'ai sue à Paris.
Elle était seule quand elle est venue chez Hubert?
— Oui, monsieur le baron.
— C'est surprenant!... Je n'y comprends plus rien!... Je viens du boulevard Malesherbes et Bénévent m'a dit que le marquis était arrivé avec la marquise, qui du reste venait de repartir pour Souvigny.
— Pas possible !
— Oui, la marquise est partie après déjeuner.
— Eh bien! ça ne m'étonne pas, monsieur le baron. M°^ la marquise a l'horreur de Paris et elle n'a pu s'y souffrir longtemps, j'en suis sûr.
Aussi, je me disais qu'il fallait bien qu'il y eût une raison sérieuse pour que M""' la marquise fût venue ainsi, elle qui n'a plus remis les pieds à Paris depuis son voyage de noces.
— Je comprends tout maintenant, dit Loriol d'un air malicieux.
— Ah! fit vivement Denis dont la curiosité était piquée. Monsieur le baron comprend le but du voyage de M"^ la marquise.
— Oui, je comprends... c'est une histoire de femmes qu'il y a làdessous.
— Bah!... Alors M""^ la marquise se serait doutée de quelque chose.
— Evidemment. — Quand je suis allé aux Migettes, il n'était pas question de voyage, la marquise me l'aurait bien dit. M. de Fleurance venait de partir avec une femme, une maîtresse qui est venue le relancer là-bas, et la marquise a dû en apprendre quelque chose, ce qui n'était pas difficile, car on ne se gênait pas pour jaser dans le pays.
— Oh! pour ça, il n'y a pas comme la province pour être potinier.
— Alors, continua le baron, qui ne détestait pas les potins et qui éprouvait à en faire à ce sujet une certaine satisfaction, la marquise a voulu voir...
— Et c'est pour ça que M"' la marquise est venue à l'impromptu.
— Seulement, elle n'a rien vu.
— M. le marquis a été assez habile pour cela
— Il doit avoir été informé de l'arrivée de sa femme, et il a fait tout ce qu'il a pu pour la réexpédier au plus vite.
— Ah! ah!... c'est bien pensé!
L'explication était fort vraisemblable.
Le baron Loriol n'avait pu que conjecturer ainsi au sujet du voyage inopiné de la marquise de Fleurance.
L'esprit entièrement préoccupé de Marion, il rapportait à elle tout ce qui se passait.
Denis était édifié maintenant.
Mais il se disait comme tantôt, se basant sur des raisons nouvelles :
— Il y a quelque chose qui ne va pas!... Oui, je sens que ça se détraque. — M. le marquis qui prend une maîtresse, qui la laisse venir jusqu'à Souvigny, qui part avec elle, et M""* la marquise qui a la puce à l'oreille... Tout ça n'ira pas loin sans que ça se gâte.
En quittant le valet de chambre d'Hubert, Patrice Loriol se disait :
— Maintenant, je suis sûr que Marion est à Paris... Alors, il faut que je la voie, il faut que j'aie l'explication de sa conduite à mon égard... Il faut que je la prévienne de ce qui se passe et du danger qu'elle court... Aussi n'aurait- elle pas été plus tranquille avec moi, qui ne suis pas marié, qui suis l'ami de ce brave Gradignan, qui ne puis pas la compromettre !...
Et sans tarder, il se mit à la recherche de Marion.
Il se rendit à Saint-Maurice où Rose lui apprit qu'elle était toujours sans nouvelles de sa maîtresse.
Loriol comprit aussitôt quel avait été le plan du marquis de Fleurance et de M""' Gradignan.
Ils devaient s'être installés quelque part, à Paris ou aux environs, dans un endroit discret, oii nul ne pourrait les découvrir.
Il importait, en effet, d'être à l'abri de toute surprise aussi bien de la part du Bordelais que de la marquise de Fleurance.
Le marquis, s'il ne se cachait pas des galantes aventures dont sa vie était parsemée, mais qui n'avaient ni durée ni conséquences, ne tenait pas à s'afficher avec une maîtresse attitrée, ni même à se faire simplement remarquer.
Il avait, par-dessus son décorum, à sauvegarder la réputation d'une femme mariée.
Il serait donc difficile de les découvrir.
Le métier d'espion n'aurait pas répugné cependant à l'âme assez vile de ce faux gentilhomme ; c'étaient les moyens de l'exercer utilement, qui lui manquaient.
Loriol savait très bien que le marquis de Fleurance demeurait
souvent plusieurs jours, parfois même plusieurs semaines conse'cutives sans reparaître chez lui.
En ces conjonctures, on ne le verrait certainement pas de si tôt.
Le malheureux soupirant de la belle Marion en était donc réduit à se morfondre sans grand espoir.
Il ne pouvait compter que sur le hasard ou sur la chance pour le mettre en présence de celle qu'il considérait déjà comme infidèle aux promesses qu'elle lui avait faite, mais qui n'avait en réalité qu'usé de coquetterie envers un homme qui n'avait assurément rien de ce qu'il fallait pour lui plaire.
La marquise de Fleurance avait été conduite au dépôt de la Préfecture de Police.
Aucune des humiliantes formalités de l'écrou ne lui avait été épargnée .
On l'avait inscrite provisoirement sous cette mention accompagnant son signalement :
« Inconnue, sous r inculpation de vol de bijoux au préjudice du marquis et de la marquise de Fleurance. »
En arrivant au dépôt, Geneviève avait, comme chez le commissaire, refusé de répondre à toutes les questions qui lui furent posées.
Le service de la sûreté, prévenu de sa capture par l'agent qui était venu du Mont-de-Piété, avait pensé avoir affaire à quelque habile aventurière qui avait de nombreux méfaits à cacher.
Aussi, des instructions sévères avaient été données à son égard.
On l'avait enfermée seule, dans une des cellules du quartier des femmes, sous la surveillance des religieuses de Marie-Joseph, traitée comme les criminelles de marque, envers qui les plus minutieuses précautions sont prises.
Pendant ce temps, les inspecteurs de la sûreté allaient procéder à une enquête approfondie pour essayer de pénétrer cette personnalité qu'elle s'efforçait de cacher.
Mais seule, dans sa cellule, Geneviève sentait ses forces et son coura2:e se raffermir.
Elle pensait bien que l'on allait tout tenter pour arriver à la connaître.
^ Elle était sûre d'elle.
Elle ne parlerait pas.
On ne saurait rien.
Aucune puissance humaine, aucune menace, aucune torlure ne parviendrait à vaincre sa résistance.
Non seulement elle savait qu'elle était innocente, mais elle savait qu'il n'y avait eu aucun acte répréhensible, aucun délit de commis.
Ce vol n'existait pas.
Ce n'était pas elle qui avait eu l'idée d'attribuer à un vol la disparition de ses bijoux.
Elle avait bien été obligée de laisser dire, surprise d'abord, puis croyant que cette explication serait pour elle le salut.
Ah ! si elle avait pu prévoir ce qui était arrivé !
Maintenant, il était trop tard.
Mais elle se trouvait sous la main de la justice qui l'accusait d'un vol qui paraissait vraisemblable, mais qui en réalité n'existait pas.
Alors il faudrait bien que cela eût une fin.
Il faudrait bien, pensait-elle, lorsque les bijoux seraient restitués, qu'on la relâchât.
Elle croyait qu'il en irait ainsi.
En attendant, la marquise s'obstinait dans sa résolution immuable, ne voulant pas laisser souiller son nom au contact d'un registre décrou.
Non, elle ne parlerait pas.
Gomment parviendrait-on à la connaître?
C'était impossible.
A Paris, personne ne la connaissait.
Elle n'y avait passé que trois ou quatre jours, à l'époque de son mariage.
Il y avait treize ans de cela.
Qui se souviendrait d'elle?
Qui la reconnaîtrait?
Depuis, elle n'y avait plus remis les pieds.
Ce qui préoccupait par-dessus tout Geneviève, ce qui la faisait souffrir, c'était d'être séparée de sa fille.
Elle était partie des Migettes la veille en annonçant qu'elle serait de retour le soir même.
La nuit s'était passée et elle n'était pas revenue.
Maintenant, une journée entière venait de s'écouler, car la nuit arrivait et il ne filtrait plus par la haute et étroite fenêtre de sa cellule qu'une mince lueur qui allait sans cesse en s'affaiblissant.
On allumait déjà les becs de gaz dans les couloirs.
La nuit allait venir.
Cette nuit, l'infortunée allait la passer en prison.
On conduisit donc Geneviève au service anthropométrique. (P. 99.)
11 fallait à la fille du duc de Glamondans des raisons bien puissantes et une force d'âme bien extraordinaire pour qu'elle ne fût pas épouvantée, / brisée, anéantie à cette horrible perspective.
En prison!...
Mais il ne lui semblait pas, pour ainsi dire, que ce fût-elle qui était ainsi prisonnière, puisqu'on ne savait pas qui elle était.
138 nv. — l'e.nfa.nc du Divoacc
13» uv.
Cette pensée la réconfortait.
Demain, à son réveil, elle se retrouverait avec toutes ses forces pour lutter contre ceux qui voudraient pénétrer son secret.
La nuit fut sans sommeil.
Les longues heures assombries qu'elle entendit sonner une à une par l'horloge du palais, ne furent occupées qu'à penser à Diane, qu'à se rapprocher mentalement de cette enfant adorée dont elle voyait la douleur et la désolation.
Elle souffrait, mais sa souffrance n'affaiblissait pas son énergie.
Le sentiment de l'honneur était aussi puissant chez la fille du duc de Glamondans que l'amour maternel était grand chez la marquise de Fleurance.
Elle avait confiance.
Elle attendait avec résignation la fin de cette épreuve, persuadée qu'on finirait par la relâcher.
Geneviève s'était préoccupée de M. Lebon.
Elle s'était demandé de nouveau ce que cet infâme maître- chanteur pourrait faire.
Elle sentait que le misérable devait tenir par-dessus tout à l'argent et qu'il préférerait attendre, plutôt que de perdre le bénéfice qu'il avait convoité.
Cette pensée, assez juste, l'avait rassurée à cet égard.
M. Lebon avait tout intérêt à attendre.
Dès le matin des inspecteurs de la surêté vinrent au dépôt.
Le chef lui-même s'y rendit.
Chacun venait examiner la prisonnière mystérieuse.
Les agents qui sont postés ordinairement dans les grands magasins de nouveautés pour surveiller les voleuses de haute marque, ceux qui exercent leur vigilance sur les hôtels où passent les aventurières de haut vol qui viennent s'abattre sur les proies nombreuses de la capitale, tous les policiers qui connaissent le fond et le tréfond de la haute pègre féminine défilèrent devant elle.
Quelques-uns l'interrogèrent, lui posant des questions banales, uniquement pour entendre sa voix.
Ils comptaient la reconnaître à cet organe.
L'KNFANT DU DIVORCE 99
Ils furent déçus.
Un d'entre eux, môme, osa la tutoyer, la prenant pour une de ces filles qu'il avait l'habitude de voir.
Une révolte s'empara de la fille du duc de Glamondans.
Elle eut cependant la force de la réprimer.
Oh ! combien elle s'applaudissait alors de ne pas s'être fait connaître quand on l'avait arrêtée !
Cet outrage demeurait ainsi anonyme.
Vainement les policiers fouillèrent leur mémoire; vainement ils consultèrent leurs souvenirs.
Aucun d'eux ne put la reconnaître.
C'était une figure nouvelle.
Ils ne connaissaient pas cette femme.
Il y avait encore une ressource que la police possède : le service du signalement anthropométrique.
Là, dans les milliers de fiches des casiers du docteur Bertillon, on en trouverait peut-être une qui se rapporterait à la mystérieuse prévenue.
On conduisit donc Geneviève au service anthropométrique.
Elle se prêta, — surmontant héroïquement ses répugnances et les révoltes de son âme, — à tout ce que l'on exigea d'elle.
On chercha, on fouilla, on compulsa, mais on ne trouva aucune indication qui puisse se rapporter à elle.
On établit son signalement le plus minutieusement relevé, et les agents de la brigade des recherches, ceux de la brigade des garnis et les inspecteurs de la sûreté en reçurent communication.
On s'informa aussi à la sûreté générale pour savoir si cette femme n'était pas connue des agents et des commissaires du ministère de l'intérieur, qui ont à surveiller le monde exotique le plus disparate et le plus
bigarré.
Là encore, tout fut inutile.
Elle demeurait inscrite sous la seule mention : Inconnue.
iOO L'ENFANT DU DIVORCE