LIBRE
Comme nous l'avons dit, voulant donner à Léontine Blanchard une preuve de son amitié, mademoiselle Eniestine de Lucerolle avait demandé à sa mère la permission d'aller voir son amie et le vieil aveugle.
La comtesse avait d'abord refusé. Mais quand Ernestine lui eut dit que, la veille, Louise lui avait appris l'arrestation de Pierre Ricard, elle ne crut plus devoir s'opposer au désir de sa (iile.
Elle la conduisit oUe-mème rue de Lille, et, après avoir embrassé Léontine, elle se retira, en prévenant sa fille qu'elle viendrait la prendre vers quatre heures, aussitôt qu'elle aurait fait ses visites.
Il y eut entre les deux jeunes filles une de ces douces causeries intimes, où les choses les plus simples ont leur charme et leur ravissement. En recevant les caresses de mademoiselle de Lucerolle, en écoutant ses paroles d'espoir, Léontine oublia un instant sa douleur et ses cruelles angoisses. Elle sentait son cœur soulagé. Si douloureuse que fût sa situation, l'intérêt touchant dont elle était l'objet lui disait qu'elle ne pouvait, sans paraître ingrate, se montrer complètement désespérée.
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Elles parlèrent longuement de Pierre Ricard.
A chaque instant, malgré elle, Léontine versait des larmes.
— Tu l'aimes donc bien? demanda mademoiselle de LuceroUe.
— Oh ! oui, je l'aimé !
— Ainsi, à côté de l'affection qu'on a pour ses parents, il existe un autre sentiment qui aie pouvoir de nous rendre heureuses ou malheureuses?
— Oui, Ernestine, ce sentiment existe.
— C'est l'amour. Je ne le connais pas encore, mais il m'effraie.
— Vous aimerez, Ernestine, et vous serez toujours heureuse.
— Quand je te vois si changée ! avec des larmes dans les yeux, je me demande si ce n'est pas un malheur d'aimer.
— Oh! moi, fit tristement Léontine, je suis une exception. Toutes les destinées ne ressemble pas à la mienne.
— C'est ^Tai, lu as été cruellement éprouvée ; Dieu, qui est bon, te donnera de grandes joies pour te faire oublier ce que tu as souffert.
Léontine poussa un profond soupir.
— Tu espères, n'est-pas?
— Ernestine, on espère toujours. Ah! si je n'étais pas soutenue par l'espoir, je serais déjà mortel
— Oh ! que viens-tu de dire ! Tu mourrais, toi, si jeune et si belle! D'ailleurs, tu ne peux pas être désespérée : ton fiancé est innocent, vous vous aimez, vous vous marierez, vous serez heureux !
— Oui, Pierre est innocent, je le crois ; mais pourra-t-il le prouver ?
— Louise Verdier l'affirme ; nous avons une grande confiance en elle.
— Oui, elle me l'a dit aussi; malgré cela, j'ai des moments de doute. Elle est venue me voir deux fois le même jour ; pourquoi n'est-elle pas revenue ?
— Elle sort tous les jours, elle s'occupe de ton fiancé, elle me l'a dit.
— Mais je ne sais rien, moi, je ne sais rien !
— Louise est incapable de te tromper, de nous tromper tous. Maman est sûre qu'elle réussira. Aiusi, tu peux te rassurer. Écoute : ce soir, si elle rentre do bonne heure, je lui dirai qu'il faut absolument qu'elle aille te voir. Et elle fera cela pour moi, elle viendra.
A quatre heures et demie, la voiture de la comtesse s'arrêta devant la maison. Le valet de pied monta chez M. Blanchard pour prévenir mademoiselle de LuceroUe que sa mère l'attendait.
La couversulion des deux jeunes filles fut brusquement interrompue. Elles
s'embrassèrent, et mademoiselle de Lucerolle quitta son amie, en lui promettant de lui envoyer Louise Verdier le soir même et de revenir bientôt passer une après-midi avec elle.
A la même heure, sur un ordre expédié du parquet, les portes de Mazas s'ouvraient devant Pierre Ricard, ou plutôt le vicomte de LuceroUe.
— Libre, je suis libre ! s'écria-t-il.
II respira à pleins poumons, avec ivresse, et leva vers le ciel ses yeux irradiés d'une reconnaissance infinie.
Après avoir jeté un regard sur le cadran de l'horloge du chemin de fer de Lyon, il s'élança en courant dans la direction de la place de la Bastille.
Comme il se sentait léger! Il lui semblait qu'il avait des ailes et que ses pieds ne touchaient pas le sol, une joie immense inondait son cœur.
En moins d'un quart d'heure il arriva chez lui.
A la vue de son cher enfant, la bonne mère Chéron faillit tomber à la renverse.
Nous renonçons à décrire sa joie ; c'était plus que du bonheur, c'était du délire. Elle riait et pleurait en même temps. Elle ne pouvait se lasser de le regarder, de l'embrasser. A chaque instant elle lui sautait au cou; elle était comme folle.
— Quand je pense, lui dit-elle, qu'il y a des gens dans la maison qui ont osé dire que lu avais commis des crimes, je sens que la colère me monte encore à la tète. Ah ! je t'ai défendu avec énergie contre les méchants ; je leur aurais arraché les yeux! « Croire mon Pierre capable d'une mauvaise action, leur criais-je, c'est une infamie! » C'est qu'ils le croyaient vraiment, les imbéciles ! Avoir douté de Pierre, de mon fils, jamais je ne pardonnerai cela! Tout de même, j'étais bien honteuse, va. Et quand je sortais, pour ne voir personne de la maison, c'est en baissant la tête, comme ça, sur ma poitrine, que je descendais et montais l'escalier. Maintenant, je vais prendre ma revanche ; je marcherai le front haut et je leur dirai leur fait, à toutes les mauvaises langues !
— Vous ne direz rien, maman Chéron, rien. Qu'importe ce qu'on a pu penser et dire de moi; mon arrestation autorisait les gens qui ne me connaissent pas comme vous à me croire coupable. Nous ne devons en vouloir à personne. Vous êtes heureuse do me revoir, n'est-ce pas?
— Si je suis heureuse ! je le crois bien.
— Que cela vous suffise et que ce soit votre revanche, comme vous dites, fl est déjà tard, je vais changer de linge et m'habiller.
— Est-ce que tu vas sortir?
— Oui.
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— Quoi ! à peine arrivé tu vas me quitter !
— Vous m'avez vu, vous êtes rassurée; mais j'ai des amis qui sont inquiets comme vous l'avez été; il faut que j'aille les voir.
— M. Corbon?
— Je lui ferai certainement une visite, mais ce sera pour demain,
— Au fait, je ne sais pas pourquoi je me permets de l'interroger; tu sais mieux que moi ce que tu dois faire. Seulement, avant de sortir, tu vas dîner; avant que tu sois habillé, la table sera mise et le dîner prêt. Tu dois avoir faim.
— Non, je n'ai pas faim, répondit-il en soui'iant. Est-ce qu'on pense à manger quand on sort de prison? Est-ce qu'on en a le temps? Non, je n'ai pas faim, continua-t-il avec une sorte d'exaltation ; ce qu'il me faut en ce moment, et je veux m'en rassasier, en être enivi'é, c'est le grand air, l'air pur, l'air de la liberté !
Il entra dans sa chambre, et s'habilla très vite.
Un peu avant six heures il arrivait rue de Lille.
Il voulut entrer dans la loge pour dire bonsoir à M°" Fabrice et lui adresser quelques paroles de consolation. La porte était fermée. Il monta au deuxième et sonna. La concierge, qui était en ce moment chez M. Blanchard, vint lui ouvrir.
Elle poussa un cri de surprise et de joie.
D'un bond, Léontine se dressa sur ses jambes. Elle vit son fiancé. Le saisissement lui coupa la respiration, ses yeux se fermèrent et elle retomba sur son siège à demi évanouie.
Le jeune homme se précipita dans la chambre et s'agenouilla devant Léontine. Il lui prit les mains et les couvrit de baisers.
Presque aussitôt la jeune fille rouvrit les yeux. Ses traits s'animèrent, son front s'illumina et un rayonnement divin éclaira son regard. Elle retira doucement ses mains, que le jeune homme tenait toujours, et elle lui jeta ses bras autour du cou. Des sanglots s'échappèrent de fa poitrine gonflée. En même temps elle s'inclina. Les deux tètes se touchèrent. Et l'aveugle, qui cherchait à deviner ce qui se passait près de lui, put entendre le bruit de deux baisers.
Les deux amoureux ne parlaient pas; mais comme le silence, parfois, est éloquent! Que de choses disaient leurs yeux! C'était le ravissement, l'ivresse, l'exlase du bonheur !
La concierge était restée dans l'embrasure de la porte, n'osant ni entrer ni se vetirer.
— Mouàieur le coiiile, dit-elle, feyaiUeï! Vuilu la laehc des Lueerylles. (l'aye i21.)
— Mais qu'esl-cc aonc? demanda M. Blanchai'd; quy a-Lil?
— Grand-papa, c'est Pierre! répondit Léonline d'une voix joyeuse.
— Pierre! s'écria le vieillard en se levant brusquement, Pierre est ici, libre!...
— Oui, monsieur Hlanchard, libre et heureux; oh! oui, liii^n liiureuxde vous riîvoir !
LlV. h'2i. !*'■ Ilny, «Miloiii. - itu|>riMliirttnri iiildnldo
L'aveugle s'avançait les bras ouverLs.
Les jeuues gens s'étaieul levés; ils allèrent à sa rencontre. Les bras du vieillard se fermèrent sur eux et il les serra avec transport sur sa large poitrine.
— Mes enfants, mes chers enfants ! murmura-t-iL L'émotion lui coupa la parole; il se mit à pleurer. Léontine lui prit le bras et le ramena près de son fauteuil.
Pendant ce temps, le jeune homme avait tendu silencieusement la main à
M"" Fabrice.
— Ah! monsieur Pierre, lui dit-elle d'une voix presque suppliante, ne maudissez pas la mémoire de mou pauvre homme ; vous savez combien il vous ainiail, combien il vous était dévoué; en mourant c'est à vous qu'il a pensé... Hélas I c'est ce qui a été la cause qu'on vous a arrêté et mis eu prison.
• — Madame Fabrice, répondit le jeune homme d'un ton pénétré, je garderai toujours le souvenir de mon vieil ami, victime de son dévouement, car je ne veux jamais oublier qu'il fut iin de ceux qui m'ont protégé et aimé dans mon enfance.
— Ah! maintenant, je suis rassurée et contente; merci, monsieur Pierre. Elle s'en alla.
Le jeune homme revint près dfi Léontine et s'assit entre elle et l'aveugle.
— Comme je me sens heureux en ce moment, dit M. Blanchard; oh! c'est fini, je le sens, les mauvais jours sont passés.
— Cher père, que Dieu vous entende! répondit Léontine.
— Pierre, reprit l'aveugle, vous a-t-on dit, savez-vous que la petite fortune de ma fille a été volée?
— Oui, monsieur Blanchard, je sais cela; pourquoi m'en parler? Vous no doutez pas de mes sentiments?
— Non, mon ami.
— Ce n'est pas, vous le savez bien, parce que M"* Léontine avait une dot que je l'ai aimée. Ne regrettez rien, monsieur Blanchard. Je suis sûr de moi, et je vous promets encore de rendre M"° Léontine heureuse. Avec la bonne conduite et l'amour du travail on ne craiul ni la misère, ni les difficultés do la vie. Nous ne serons pas riches, mais nous nous aimerons. Le bonheur' ne sachèie pas comme une marchandise, il se duiiue à ceux qui savent le mériter.
L'aveugle lui prit la main et la serra dans les siennes.
— Vous avez toujours raison, dit-il.
Léontine s'était penchée, et sa tête s'appuyait légèrement sur l'épaule du jeu ne. homme. ,
— Pierre, lui dit-elle, vous avez dû beiuicoup souifrir?
— Oui, répondit-il, j'ai horriblement souffert le jour où, ne sachant pas où l'on me conduisait, on m'a amené dans la maison pour me montrer le cadavre du pauvre Fabrice; je voxis vis à la fenêtre, Léontine, et je crus que j'allais mourir de douleur. Quand ou m'apprit de quels crimes j'étais accusé et que je compris qu'on pouvait, en effet, me croire coupable, ce fut pour mon cœur une torture à laquelle rien ne peut ressembler. Ah! c'est que je pensais à vous, Léontine, à vous, qui pouviez être abusée comme tout le monde, et douter de moi !
— Un instant j'ai eu l'esprit troublé, répliqua vivement la jeune fille : c'est quand j'appris, le lendemain du crime, que vous n'étiez pas rentré chez vous ; mais je n'ai pas douté de vous, Pierre, je vous le jure. Non, ma confiance en vous n'a pu être ébranlée.
— Chère Léontine, ces seuls mots me font tout oublier. Du reste, je ne tardai pas à être rassuré. En sortant de la loge, je vis Louise Verdier; elle venait de causer avec vous; je devinai dans quel but elle vous avait fait une visite. Le calme me revint aussitôt et je m'armai de courage pour subir l'épreuve.
— Oui, Louise Verdier est venue nous consoler; grâce à elle, je n'ai pas été désespérée.
— Elle vous a dit que j'étais faussement accusé?
— Oui. Mais puisqu'elle avait la preuve de votre innocence, pourquoi ne l'at-elle pas donnée immédiatement? Et vous-même, Pierre, pourquoi, innocent, vous ètes-vous laissé arrêter?
— Je ne pouvais détruire la fausse accusation portée contre moi qu'en disant où et comment j'avais passé la nuit. Or, Loui.se Verdier m'avait défendu déparier et je lui avais juré de garder le silence.
— Pourquoi ce serment?
— C'est un des secrets de Louise Verdier, et je ne le connais pas encore. Ainsi, elle ne vous a pas dit ce qui m'était arrivé la nuit du crime?
— Nous ne savons rien.
— Et malgré les apparences, qui semblaient justifier l'accusation portée contre moi, vous avez repoussé l'idée que je pouvais être coupable?
— Pierre, si j'eusse douté de vous, c'est que je ne vous aurais plus aimé.
— Léontine, mabien-aimée, s'écria-t-il avec passion, vous ne savez pas combien je suis heureux et fier d'avoir su vous inspirer une pareille confiance ! Ali ! je n'aurai pas assez de mon amour et du di^voucmont de ma vie entière pour vous prouver ma reconnaissance! Vous n'êtes pas seulement la meilleure, lapins
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vertueuse et la plus belle de toutes les créatures de Dieu, vous êtes la plus digne d'être aimée et adorée!
En parlant, il l'avait entourée de ses bras, il la serrait contre son cœur.
— Vous vous embrassez, dit l'aveugle... Oh! embrassez-vous, aimez-vous, mes enfants ! Je n'ai plus qu'un regret, celui de ne pas avoir des yeux pour vous voir et vous admirer.
Après un moment de silence, le jeune homme reprit :
— Tout à l'heure je vous disais que Louise Verdier avait des secrets. Elle en possède un qui est pour moi de la plus haute importance ; elle m'a dit que mon père et ma mère existaient encore.
— Votre mère, s'écria Léontine, oh! quelle joie pour nous!
— Ce n'est pas tout, reprit-il, Louise Verdier m'a dit aussi que je n'étais pas le fils de Pierre Ricard.
La jeune fille et l'aveugle poussèrent en même temps une exclamation de surprise.
— Je ne sais pas encore qui sont mes parents, continua le jeune homme, m pourquoi ni comment j'ai été enlevé à ma famille, probablement par Pierre Ricard, qui m'a abandonné ensuite comme vous le savez. « Vous aviez onze mois, m'a dit Louise Verdier, lorsque vous avez été victime d'un crime. » J'ai une conliance entière en cette femme, qui a fait, je le sais, des démarches pour me faire mettre en liberté. Elle m'a promis de me faire connaître mes parents, et je ne doute pas qu'elle m'apprenne bientôt le mystère de ma naissance,
— Tout cela est bien extraordinaire, murmura l'aveugle.
— Oui, bien extraordinaire, répéta Léontine.
— Qui sont mes parents? Bien des fois je me suis fait cette question. Des ouvriers, sans doute. Peut-être sont-ils pauvres, malheureux... Ah! quels qu'ils soient, s'ils sont heureux de me retrouver, je les aimerai, je les vénérerai!
— Pierre, pourquoi ne dites-vous pas nous les aimerons?
— Si le mot n'a pas été sur mes lèvres, il était dans ma pensée, Léontine; je sais que nous ne pouvons plus aimer qu'ensemble.
Un regard rayonnant d'amour le remercia.
— Maintenant, reprit-il, que je n'ai plus, je crois, de raisons de garder le silence que Louise Verdier m'avait imposé, je vais vous raconter dans quelle circonstance nous nous sommes rencontrés; vous apprendrez en même temps ce qui m'a empêché de rentrer chez moi la nuit du crime et l'effroyable danger auquel j'ai échappé par miracle.
— Un danger! s'écria la jeune fille avec effroi.
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— Oui. Comme je traversais la Seine, sur le pont des Arts, deux individus se sont jetés sur moi et m'ont précipité dans le fleuve.
— Oh ! fit M. Blanchard.
Léontine devint très pâle
Le jeune homme allait commencer son récit, lorsqu'un coup de sonnello retentit.
Ils tressaillirent tous les trois.
Cependant, Léontine se leva et courut ouvrir.
— M"' Louise Verdier! s'écria-t-elle.
Louise traversa l'entrée, fit trois pas dans la salle à manger et s'arrêta.
Le jeune homme poussa un cri de joie, se leva précipitamment et vint à elle, la main tendue.
Les bras de Louise restèrent pendants à ses côtés.
— Mon Dieu, qu'avez-vous? s'écria le jeune homme en voyant sa pâleur, ses traits décomposés, ses yeux secs qui brillaient d'un éclat fiévreux.
— Rien qui doive vous inquiéter, monsieur, répondit-elle tristement; jn viens de voir, sous mes yeux, les signes terribles et éclatants de la justice de Dieu!
Elle se tourna vers la jeune fille.
— Mademoiselle, reprit-elle, je vous demande pardon de venir vous déran"-er en ce moment où vous êtes toute au bonheur de revoir votre fiancé; mais une nécessité impérieuse m'y oblige.
— Mon Dieu, pourquoi me parlez-vous ainsi? répliqua la jeune fille étonnée : est-ce que vous n'êtes pas notre amie?
— Non, non, je ne puis être votre amie. Mais ce n'est pas de moi qu'il s'a"it. Je savais que votre fiancé sortirait ce soir de sa prison, et jo suis venue avecla certitude de lé trouver ici.
«Monsieur, continua-t-elle d'un ton respectueux ens'adressantau jeune homme je vous ai dit que je vous conduirais devant votre père et votre mère; l'heure de tenir ma promesse est venue; je viens vous chercher pour vous rendre à votre famille; venez, monsieur, venez!...
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