‹ L'enfant et l'éducation [microforme]Chapitre 17 sur 25 · UN ACTE DE FAIBLESSE · texte numérisé non relu

UN ACTE DE FAIBLESSE

Quoi qu'ilen soit, mes études finies, je me trouvais placé dans une situation spéciale. Ayant jusque-là vécu dans l'isolement le plus complet, je ne savais rien du monde et de la vie et je voyais les choses tout autrement qu'elles ne sont.

J'aimais beaucoup mon père, et même je l'aimais trop. Aussiétais-je à sa merci, D'ailleurs ilavait si bien dressé ses batteries que, pour trente-six raisons, je devais succomber dans la lutte, et d'autant plus que, par une fatalité dont j'ai l'explication “aujourd’hui, le seul homme en état de me comprendre trouvait son interet à ce que fusse méde-

ein, C'etait mon confesseur.

“ Ne pouvant le voir, je lui écrivis en lui exposant « quelles etaient mes répugnances pour la médecine. L Il me répondit ceci: étudiez Ja médecine un an, | deux ans, pour plaire à votre père et après nous à verrons! Quel excellent missionnaire vous feriez, à disait-il, si vous étiez médecin! Est-il rien de plus à absurde qu'une décision de ce genre imposce à un à ‘aractère de ma trempe, assez peu capab'e de rester 4 dans une situation fausse, à une intelligence qui #a lesoin de voir clair. C'étaicnt l'incertitude et } l'hésitation établies comme règles de ma vie.

} Et savez vous pourquoi il me donnait ce conseil ? à parce que, nommé, depuis peu, curé d’une petite + paroisse cloignéc, sachant que l'argent ne signifiait dirien à mes yeux (et c'est encore comme ça), il « voulait faire cadeau d’un médecin à ses ouailles, I

me l’a avoué depuis et ça m'a paru d’une char mante naiveté! Et voilà comment on dirige Îles enfants. La bataille était mal engagcée !

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