‹ L'enfant et l'éducation [microforme]Chapitre 20 sur 25 · LES BELLES-MÈRES · texte numérisé non relu

LES BELLES-MÈRES

Le père, dans la famille, représente lautorite : à c'est la tête; la mère, au contraire, a pour mission À d'aloucir ce que l'autorité du père pent avoir def trop rude: c’est le cœur. Un enfant se développe naturellement entre son pêre et sa mère; mais il n’en est point ainsi quand une etrangère vien: s'asseoir au foyer de la famille entre le pére ct l'enfant. Dans co cas, la moindre peccadille est imputécà crime; ct, sous l’action dissolvante d’ une | Jalousie qui ne pardonne rien, les qualités devien. | nent des défauts.

Les femmes, même les meilleures, arrivent à!

n'avoir qu'un ‘but qu'elles” poursuiv ent avec a persistance incroyable: éloigner le père de l'en- ! fant. C'est ce qui fait que les belles-mères ont r'eçit | le nom odicux de mi uâtres qu'elles méritent géné-!

‘alement, bien qu'au fond, elles ne soient pas “plus | mauvaises que d’autres. |

Ainsi ma belle-mère n'est pas sans avoir des | qualités, et d’ailleurs elle a pour excuse, chose à peine croyable, qu'elle ignorait mon existence, quand elle s’est mariée; mais il n'en est pas moins

ai que son action sur ma vie « été funeste, d’art- Ant plus funeste que, mes idees ne concordant pas Ævec les vues de mon père, elle avait 1à une mine Bépuisable de discussions irritantes dont elle a su Profiter largement. Aussi ma situation était de-

“énue tellement intolérable que, moins par ennui dé la médecine que pour trouver la paix, j'atten- His avec impatience d’avoir vingt-ct un ans pour @ivre mes goûts en toute liberté.

«On me poussuit à bout, et d’ailleurs, mécontent dé moi-même, je sentuis bien que je n’étais pas à ma blace et qu’il me manquait quelque chose, quand, 8m 1867, à la nouvelle que les Garibaldiens avaient Mtaqué les Etats de l'Eglise, je partis pour Rome avec la secrète pensée que mourir pour le pape où mourir en Chine c'était la même chose.

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