LA TRAPPE
La trappe est pr rare littérale de la ‘règle \ de Saint Benoit, C'est un véritable royaume avec & un code de lois le plus parfait qui existe. Lcsu trappistes n'ont besoin de personne: ils se suffisent, à eux-mêmes. ï
A la trappe, vous trouvez tous les corps de méticrs ! et chacun peut y exercer son industrie. Ainsi le pére Médecin m'avait déjà désigné pour son suc-4 cesseur. En conséquence de quoi, il avait demande qu ‘en me donnât pour patron Parchange Raphaël. C'est lui, parait-il, qui protége les médecins et les 4 malades aussi, je pense. 4
Me voilà donc enregimenté. Vrai! je ne me re. connaissais plus: une chemise en laine, un pan «4 talon en laine, une robe en laine, un gilet en laine. #
Muu manteau en laine avec un capnchon en laine, Mtout en laine ct en laine blanche. C’est chaud, sur- “tout en été, mais, par exemple, c’ear très-commode “d'autant plus qu'on dort tout habillé.
+ Ordinairement on se lève à deux heures, souvent ‘à une heure, quelquefois à minuit; on ne mange “qu'une fois et à deux heures de l'après-midi, du Banins en hiver, et, en carème, c’est à quatre heures du soir; on travaille dans les champs pendant cinq heures, ct le reste du temps se passe, jour les religieux de chœur, à chanter età lire ; on e couche à sept heures. Au reste rien n'est laissé l'arbitraire. Tout est prévu, tout, absolument S out.
Il en résulte, le silence aidant, que, peu à peu, n arrive naturellement, et sans effort, au recueilmont le plus profond; mais, précisément alors, ‘tommence pour certaines natures un travail inté- Tiour qui doit être surveillé avec soin. Car il y a æu spiritualité des voies daugereuses, et j'étais trop logique avec moi-même pour ne pas prendre une “He ces voies.
… Mais d’abord tout alla bien. J'étais enchanté de Mimon sort et je ne comprenais pas qu'on pût ne pas sc faire trappiste. Ayant véeu jusque là de contra- “Aictions perpétuelles, fatigué d’études sans cesse ronaissantes, désabusé du monde où l'ambition, l’é- “goisme et l’orgueil se disputent à l'envie le cœur Me l'homme, j'appréciais les avantages de la vie “æeligieuse et le bonheur des paisibles habitants du “Æloitre.
À là trappe, on voit les choses de haut; on voit “es choses comme il faut les voir, à la lumière de Dieu, (Car, enfin, que reste-t-il de la vie ? E le
passe rapide comme l'éclair, ne donnant pas ce qu’elle promet. Le trappiste le sait. Sans cesse en face de lui-mème, avec la pensée de la mort qui là est naturelle et n’a rien de pénible, il acquiert” dans l’ordre du salut une puissance de vision ex traordinaire. Ne le plaignez pas, il a choisi li meilleure part; et moi qui les connais pour avoir vécu avec eux, je vous le dis à tous, qui que vou soyez : les rois du siècle futur sont dans les monas à tères ; c’est là que sont les saints; ceux qui défen. dent et protégent les nations. C’est Moïse, en priant# sur la montagne, qui remporte la victoire, et nor pas Aaron en combattant dans la plaine. k