XL PRÉFACE
même, amollit les âmes, au moins aussi sûrement qu'une plus rude. Souvent, nous nous faisons illusion à cet égard. Le plaisir que l'enfant trouve à nous obéir nous rassure; il nous parait libre parce qu'il est heureux, et nous prenons son zèle pour de l'énergie. Mais quand la volonté ne s'est pas déterminée elle-même, quand elle na fait que suivre^ fût-ce de 'plein gré^ l'impulsion d'autmiy on ne saurait compter sur sa constance. Dans cet état de demi-assujettissement, elle peut se montrer vive, empressée, fidèle même, en restant étrangère à celui qu'elle meut... C'est là ce qui se voit souvent dans l'éducation. Obtenir l'assentiment de l'élève est sans doute un immense bonheur... Cependant, il ne faut pas s'y méprendre; ce n'est pas en adoptant les désirs d'un autre, qu'on apprend à se décider, et ce qu'on appelle la bonne volonté n'est pas la vraie. Un enfant animé du désir de plaire à ses parents peut vaincre les premières difficultés de l'étude, il peut être un modèle de conduite... et rester sans force et sans consistance lorsque ce motif n'existe plus.
Il faut qu'il ait appris à se proposer un but à lui-même, à choisir, à ses risques et périls, les meilleurs moyens d'y parvenir. La détermination