‹ L'enfantChapitre 22 sur 31 · LA POSSESSION · texte numérisé non relu

LA POSSESSION

Il existe, aussi bien chez le tout petit enfant que chez l'enfant redevenu normal, cet élan qui l'incite à faire l'effort d'agir lui-même. Son attirance pour l'ambiance n'est pas chose indifférente ; c'est un amour pénétrant, un besoin vital qu'on pourrait comparer à la faim. L'être qui a faim est poussé par une force qui lui fait chercher sa nourriture. Ce n'est pas par un raisonnement logique ; il ne se dit pas : « Il y a longtemps que je n'ai mangé ; sans manger, on ne peut être fort, ni vivre ; il est donc nécessaire que je cherche des aUments et que je les mange! » Non, la faim est une souffrance qui pousse irrésistiblement vers l'aliment. L'enfant éprouve cette espèce d'appétit qui l'entraîne vers l'ambiance pour y chercher les éléments capables de nourrir son esprit, et l'activité le nourrit. « Comme des enfants nouveau-nés, nous aimons le lait spirituel. » C'est dans cet élan, dans cet amour, que se trouve la caractéristique de l'homme.

L'élan qui pousse l'enfant à aimer l'ambiance l'entraîne à une activité constante, entretient un feu continu, comparable à la combustion des éléments du corps en contact avec l'oxygène, et qui conserve la tiédeur douce et naturelle du corps vivant.

""^Sans cette possibihté de vie psychique, tout reste faible chez l'enfant, tout dévie, se ferme \ il devient cet être impénétrable, énigmatique, vide, incapable, capricieux, ennuyé, hors la société. Son attention n'est attirée que par « les choses » qu'il désire posséder ; voilà qui est facile

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