XIII
A Buckingliam.
Je me rendis tout droit au presbytère, le curé partait pour aller dire sa messe. Je lui racontai, en peu de mots, mon accident de la nuit, et lui demandai quelques informations. " C'est bien, dit-il ; allez à la cuisine. Ils vont vous prêter des habits pour changer. Chauffez-vous, déjeunez ; et après la messe nous parlerons de votre affaire. "
Vers neuf heures, il me demanda à son bureau. 11 m'interrogea sur le long et sur le large, in accablant de questions. Je vou-
lais me retirer : " Je ne puis ainsi prendre sur votre temps et abuser de votre patience. — Non, ne craignez point, cela m'intéresse. Du reste, vous ne pouvez partir maintenant, il vous faut attendre que vos habits aient séché. Car, ajoutaitil en riant, je ne vous donne pas les miens. Après le dîner, si vous le voulez, vous pourrez continuer votre route ; jusque là, vous êtes mon prisonnier. "
Il semblait prendre un véritable intérêt à mon cas. " 11 n'y a certainement pas, dit-il, de Marin dans Buckingham ; peutêtre en trouveriez-vous dans Ripon ; ce canton est peuplé de familles qui viennent de différentes paroioses du Canada. le vais vous donner une lettre de recommandation pour le curé du lieu."
J étais confus et touché de tant de bonté. Quand je partis, je me jetai à ses genoux pour le remercier et lui demander sa bénédiction. Il me releva, m'embrassa en me disant : " Vous êtes un brave jeune homme, Dieu vous bénira. Vous retrouverez vos parents. Vous les retrou-
verez au moment que vous y penserez le moins. "