‹ L'enfant perdu et retrouvé ou Pierre Cholet [microforme]Chapitre 22 sur 26 · S II · texte numérisé non relu

S II

Une lueur d'espérance.

Quelques jours après, Mr Gauthier, avec sa fille, arrivait chez Mr Robidoux.

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thier, doux.

vers midi; c'était dans les premiers jours de septembre. En entrant, il dit : "où est l'enfant perdu ? -- A Ja manufacture, — V at-il revenir bientôt ?—Il ne tarde que l'heure de rentrer pour dîner? Mais qu'avez-vous donc de si pressé à lui dire ?—Ah! c'est que, voyez-vous, nous avons trouvé ses parents ? “ Comme il disait cela, j'arrivais, “ Tenez, le voici.

Cest bien, je vais me cacher dans la chambre, ne le lui dites pas, faites-le Jaser un peu, je veux le surprendre.”

“Arrive donc, Louis, arrive donc, me dit Mr Robidoux. Vite, vite à table, que je tetire authé(1)" Ce langua- $e me Ssurprenait dans la bouche de Mr Robidoux, homme sérieux, sévère, que

je n'avais jamais vu badiner. « Dépêche-

toi donc, me disaient les autres pensionnaires, dépêche-toi à boire ta tasse, que monsieur Robidoux te dise où sont tes parents.” Je leur trouvais un air drôle qui n'était pas celui de coutume, madame

(1) Tirer au thé, prédire l'avenir à l’aide fortuit des feuilles de thé qui restent au fo quand l'infusion est bue,

de l'arrangenent nd de la tasse,

Robidoux allait et venait dans la maison, tournait autour de moi en s’essuyant les yeux avec le coin de sontablier, “ Madame, vous pleurez —Oui, dit-elle, je pleure de joie pour vous.” Je n'y comprenais rien.

Là-dessus Mr Gauthier sortit de la chambre et me dit : “ Mon cher monsieur, voulez-vous vous en venir avec moi? Je vais vous conduire tout droit chez votre père. — Monsieur, lui dis-je, je vous remercie bien de vos bonnes offres ; mais s’il est vrai que mon père existe, il y a assez longtemps que je cours après lui; qu'il se donnent la peine de venir me voir à son tour.—Ah!ah!me dirent en riant mes compagnons de table, te voilà devenu bien indépendant !—C'est qu’il ne peut pas m'entrer dans la tête, que mes parents soient si près, après que je les ai cherchés si loin. — N'importe, cela vaut la peine, encore une fois, de tenter l'aventure. — Pas du tout, trop souvent, sur des indications qui me paraissaient certaines, pour des recherches inutiles,

j'ai perdu de bonnes places. J'en ai une qui me va, je la garde. —Tu peux partir, me dit Mr Robidoux, et Je te promets que tu ne perdras rien; quand tu voudras revenir, tu trouveras le nid chaud, Je parlerai pour toi au bourgeois. “ Comme je savais que Mr Robidoux avait une grande influence à la manufacture, je me trouvai rassuré. “ Merci, lui répondis-je, sur votre parole je jetterai le filet. Je pars.” Une heure après j'étais en voiture ; tout le monde, riant, la figure épanouie, me souhaitait bonne chance et paraissait heureux de mes espérances.

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