B ARE AU
Vous vous exagérez peut-être. Flore vous aime bien.
LOUISE
Oh ! non; je suis sûre.
BABRÀU.
Vous ne lui parlez jamais du passé? Vous ne lui avez jamais fait de reproches sur sa situation ? Vous n'avez jamais plus essayé de savoir ?
LOUISE
Jamais. Si cela me fait souffrir quelquefois, je ne veux pas qu'elle en souffre. Et je fait tout, au contraire, pour lui éviter le souvenir. Vous savez comme j'aime son enfant; elle doit bien le voir et cela devrait la toucher pourtant.
BARRAU.
Comment est-elle avec lui?
LOUISE
Avec Maurice? Elle l'aime beaucoup, mais un peu durement, je trouve. Seulement, vous savez, il est si diflieile d'en juger : Maurice est presque toujours avec moi.
BARRAU.
Eh bien! c'est peut-être de ce côté-là qu'il faut chercher. Elle n'est pas ici, Flore?
MAURICE {qui est rentré depuis quelques instants].
Maman?... Elle e?t avec grand'pcre dans son bureau. Je viens de les voir. Graiurpère embrassait maman. Il Tembrassait ! il l'embrassait! Et maman lui disait : « T'es bête, prends garde, elle pourrait venir ».
LOUISE {s'est levée, suffoquée ; elle regarde, appuyée à la table^ Barrau, puis Maurice).
MAURICE
Ah! il aime bien maman, grand'père. Moi, j'aime mieux grand'maman.
{Il Vit vers elle et essaie de l'eùibrasser.)
LOUISE (à Barrau).
Alors... l'enfant... Maurice... ce serait lui... Oh!... oh! mon pauvre bébé! mon pauvre bébé!
( EUe prend nerveusement l'enfant dans ses bras et le couvre de baisers, en sanglotant.')