‹ L'EnferChapitre 109 sur 116 · Qui semble si membrus : les anciens rapportent que · texte numérisé non relu

Qui semble si membrus : les anciens rapportent que

54 Bave sanglante et maus plors decoroit.

Chacune bouche rompoit o dens felons Un pecheor, come on fait chanvre ou lin, .

Si qu’il outroit trois de grans marrisons.

À cel devant n’ert cis mordres sans fin Grans chose auprès du grifer; et souvent 6) Li dos sans pel ert sous l’ongle malin.

« Ceste ame sus, qui a greignor torment, Est, dit li mestre, Judas, teste dedans, Jambes dehors, qu'il debat malement.

Des autres deus o les testes issans, Brute est li uns, au noir musel pendus; 66 Voi com se tort, et come il est taisans.

L'autre est Cassie, qui semble si membrus.

Mais jà revient la nuis; et departir Il nous esteut ormais ; tout est veüs. »

Je lui saisi le col à son plaisir.

Il prist son tems; et quant les ailes nues 72 À suftisance semblerent s’aovrir, Il s’atacha aus grans costes velues, Et descendi puis jus de crin en criu Entre la glace et les toutes pelues.

Quant là nous fumes où la hanche prent fin Et où la cuisse se ploie et se desploie, 18 Mes dus, a peine et angoisseus traîn, Où ot les piés metant la teste à voie, Com s'il montoit se prist à la toison, Si qu'en enfer retorner je cuidoie.

« Tien toi moult bien; car par tel eschaillon Me dit li mestre tout hors d’haleine et las,

Cassius était pâle, maigre et grêle de corps. Il est possible que Dante ait confondu ce Cassius avec L. Cassius que Cicéron (Catil. III) appelle adipem.

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84 Conviensi dipartir da tanto male. »

Poi uscì fuor per lo foro d'un sasso, E pose me in su l’ orlo a sedere ; Appresso porse a me l’ accorto passo.

lo levai gli occhi, e credetti vedere Lucifero com’ io l’ avea lasciato,

40 E vidili le gambe in su tenere.

E s’io divenni allora travagliato, La gente grossa il pensi, che non vede Qual è quel punto ch’ io avea passato.

« Lévati su, disse il maestro, in piede ; La via è lunga, e il cammino è malvagio, 96 E già il sole a mezza terza riede. »

Non era camminata di palagio Là v’ eravam, ma natural burella Ch’ avea mal suolo e di lume disagio.

« Prima ch' io dell’ abisso mi divella, Maestro mio, diss’ io quando fui dritto, 102 A trarmi d’ error un poco mi favella.

Ov’ è la ghiaccia? e questi come è fitto Sì sottosopra? e come in si poc' ora Da sera a mane ha fatto il sol tragitto ? »

Ed egli a me : « Tu immagini ancora D’ esser di là dal centro ov’ io mi presi 108 Al pel del vermo reo che il mondo fora.

Di là fosti cotanto quant’ io scesi ; Quando mi volsi, tu passasti il punto AI qual si traggon d'ogni parte i pesi.

E se’ or sotto l' emisperio giunto Ch’ è contrapposto a quel che la gran secca 114 Coverchia, e sotto il cui colmo consunto

113 et 114. Contfraire au no, le no terre pleniere, Le

Partir convient de si grant marrison. »

Puis issi fors du rocher par un pas;

Il me posa sur le bort à seoir, Et à mon lés se mist par grant soulas.

Sus Je levai les ieus, pensant veoir, Com jel laissai, en son lieu Lucifer ;

Mais je le vi jambes en l’air avoir.

Jugez com fui travaillés en la mer De mes pensers, à gent peu enseignie Qui ne songez queus est cil poins d'enfer.

« En piés1 li mestre me dit, ne tarde mie ; La voie est longue et ti chemins mauvais; Puis le matin est jà lore et demie. »

Ci n'avoit point grant sale de palais, Où nous estions, mais chartre natural O font pierreus, sans lumiere et sans rais.

« Ains que me parte de l’abisme infernal, O mestre, di je, quant je fui redressés, Parle et remet mon esprit en l’estal.

Où est la glace? coment est cil fichés La teste en bas ? coment en si peu d’hore Du soir au main est li soleus passés ?

Et il à moi: « Tu te cuides encore En là du centre, où le poil je saisi Du ver felon qui le monde perfore.

En là tu fus tant que je descendi; Quant me tornai, le point tu depassas Où li pois tendent de partout et toutdi.

Ore tu es en l’hemisphere bas, Contraire au no, le no terre pleniere,

114 Le no tesmoin, en son mi, du trespas

no tesmoin en son mi : cette terre plénière est notre hémi-

Fu l’uom che nacque e visse senza pecca.

Tu hai li piedi in su picciola spera Che l’altra faccia fa della Giudecca.

Qui è da man quando di là è sera; E questi che ne fe” scala col pelo, 120 Fitto è ancora, sì come prima era.

Da questa parte cadde giù dal cielo ; E la terra che pria di qua si sporse, Per paura di lui fe’ del mar velo, E venne all ’emisperio nostro ; e forse Per fuggir lui lasciò qui il loco voto 126 Quella che appar di qua, e su ricorse. »

Loco è laggiù da Belzebù rimoto Tanto quanto la tomba si distende; Che non per vista, ma per suono è noto D’ un ruscelletto che quivi discende Per la buca d’un sasso ch’ egli ha roso 152 Col corso ch’ egli avvolge, e poco pende. Lo duca ed io per quel cammino ascoso Entrammo a ritornar nel chiaro mondo; E senza cura aver d’ alcun riposo Salimmo su, ei primo ed io secondo,

«phère. Le mi ou centre de cette terre plénière est Jérusalem, suivant une ancienne opinion fondée sur ces paroles d'Ezéchiel, V, 5: « Celle-ci est Jérusalem ; je l’a e mise au milieu des nations, et autour d'elle j'ai mis « les pays (voy. Dante, éd. de Scartazzini). » Celui quia été sans péché vivant et mourant est Jésus-Christ.

116. C'est la Giudeque: la Giudeca, ainsi dite de Giuda, Judas Ischariote, qui trahit Jésus. La Giudeque est le dernier compartiment du neuvième cercle.

117. Autre moitié : la Giudeque est représentée comme une petite sphère, dont une moitié est dans l’hémisphère boréal, et l’autre moitié dans l'hémisphère austral.

De cel qui onque en rien ne fu pechere.

C'est la Giudeque qu'as sous les piés orains, Autre moitié d’une petite espere.

Là est li soirs, quant ici est li mains ; E cil de cui li poils nous fist eschele, 120 Est fis encore come il ert premerains.

Il chei ci du ciel, quant fu rebele ; La terre avant s'estendoit en ce bort, Mais, par paor, el se parti isnele, Et vint sous l’onde en l'hemisphere nort.

Ceste autre ci, espoir, por le fuir, 126 Vuidant ce creus, fist là bas son resort. » Cis creus s’estent, de Satan à partir, Tant que l’enfers en sa longor s’estent ; On nel conoist par l’ceil, mais par l'oir D'un ruisselel qui en ce lieu descent Par le pertuis d'un roc qu'il a rongé; 132 Il fait cent tors, et a peu de pendant.

Li dus et je, vers le monde esclairé Andui meùmes par ce chemin parfont ; Et sans repos ne souci de lasté Sus nous montames, lui premier, moi secont,

422. La terre avant s’estendoit en ce bort : Dante suppose que la terre sèche ou continent occupait l'hémisphère austral avant la chute de Lucifer, et qu'effrayée de cette chute, elle passa sous la mer en l'hémisphère boréal. Bizarre et bien inutile imagination.

125. Cesle autre ci: la montagne du Purgatoire, que Dante met dans l’'hémisphère austral, et que Virgile, du lieu où il est, montre à son eompagnon. Dante suppose qu’effrayée aussi, elle quitta les profondeurs et vint paraître là où il la voit maintenant.

150. D'un ruisselet: ce ruisseau vient de la montagne du Purgatoire et descend sous terre.

Tanto ch’ io»vidi delle cose belle Che porta il ciel, per un pertugio tondo; 159 E quindi uscimmo a riveder le stelle.

Tant que je vi toutes les choses beles Que li cieus porte, par un pertuis reont.

439 Par là issimes reveoir les esteles.

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